Chikungunya : 125 cas enregistrés en moyenne par jour
Par
Jean-Marie St Cyr
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Jean-Marie St Cyr
Malgré l’entrée en hiver, les cas de chikungunya continuent de progresser à Maurice. Avec 3 331 cas officiellement enregistrés depuis le début de l’année et une moyenne de 125 nouveaux cas par jour, les autorités sanitaires appellent à la vigilance.
Le bilan ne cesse de s’alourdir. Au vendredi 15 mai, 135 nouveaux cas de chikungunya ont été rapportés, portant à 3 331 le nombre total de cas officiellement recensés depuis le début de l’année, selon le Dr Fazil Khodabocus, directeur par intérim des services de santé. Le pays compte actuellement plus de 200 cas actifs. « Une moyenne de 125 cas de chikungunya est enregistrée par jour, ce qui est assez conséquent », avance-t-il.
Ces chiffres ont déjà largement dépassé ceux de l’épisode épidémique de 2005, où 1 381 cas avaient été enregistrés, principalement dans la région de Port-Louis. C’est désormais le spectre de 2006 qui inquiète, année au cours de laquelle 11 165 cas avaient été officiellement rapportés.
Les zones les plus touchées sont Quatre-Bornes, Rose-Hill et Stanley, mais aussi Beau-Bassin et certaines localités du sud, comme Chemin-Grenier. Le Dr Khodabocus appelle à la vigilance malgré l’entrée en hiver, faisant remarquer qu’il fait encore chaud dans certaines régions et que des pluies épisodiques favorisent la présence de moustiques.
Sur le plan des capacités de dépistage, des progrès ont été enregistrés. Les équipes du laboratoire ont été renforcées, ce qui a permis de résorber le retard accumulé lors de la hausse du nombre de cas. Environ 300 tests sont désormais effectués quotidiennement, et les résultats sont communiqués dans un délai de 72 heures. Le ministère espère ramener ce délai à 48 heures au minimum.
Dans l’attente de leurs résultats, les personnes testées sont tenues de rester en isolement à domicile. En cas de test positif, cet isolement est prolongé. Mais le respect de ces consignes n’est pas systématique. « Les personnes restent à la maison dans la plupart des cas, mais certaines ne respectent pas les consignes, ce qui augmente le risque de propagation de la maladie, si elles se font à nouveau piquer par des moustiques », explique le Dr Khodabocus.
À Rodrigues, deux nouveaux patients ont été enregistrés, portant à 9 le nombre de contaminations recensées dans l’île depuis le mois d’avril, avec deux cas actifs. Contrairement à Maurice, le fogging est encore pratiqué à Rodrigues. À Maurice, les moustiques ont développé une résistance aux insecticides utilisés, d’où le recours au larviciding, au mist blowing, ainsi qu’à la technique de l’insecte stérile.
Sur cette dernière méthode, les lâchers de moustiques mâles stériles sont effectués principalement dans le nord de l’île, à raison d’environ 100 000 individus par semaine. Le Dr Khodabocus précise qu’un rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) est attendu concernant la résistance des moustiques aux produits utilisés dans la fumigation. « Un expert sera aussi à Maurice dans les jours à venir afin de nous permettre de revoir la marche à suivre », ajoute-t-il.
Grippe : hausse des cas, le vaccin reste disponible
3 741 cas de grippe ont été rapportés dans les centres de santé du service public du 4 au 10 mai, contre 3 004 au cours de la semaine précédente, explique le Dr Fazil Khodabocus. Une hausse est ainsi constatée et le chiffre pourrait grossir davantage dans les semaines à venir avec la chute des températures enregistrée ces derniers jours et l’installation de l’hiver.
Le directeur par intérim des services de santé rappelle que le vaccin contre la grippe est toujours disponible pour ceux qui le souhaitent, à partir de l’âge de six mois. « La vaccination est un des moyens de se protéger contre les complications liées à la grippe », souligne le Dr Khodabocus. Il précise que le virus AH1N1 circule actuellement, tout comme le respiratory syncytial virus et l’adénovirus, entre autres. Face à la multitude de virus en circulation, le Dr Khodabocus invite la population à bien observer les signes et symptômes, et à se faire diagnostiquer afin de recevoir le traitement le plus approprié.
Il rappelle que les symptômes de la grippe se caractérisent par de la fièvre, un écoulement nasal, une toux sèche persistante et des courbatures. En ce qui concerne le chikungunya, ce sont principalement des douleurs articulaires accompagnées d’un peu de fièvre. Pour la leptospirose, c’est plus complexe, selon le directeur par intérim des services de santé : les symptômes initiaux sont la fièvre et des douleurs articulaires, mais les complications, comme la jaunisse, surviennent plusieurs semaines après le contact avec la bactérie.
« Pour la leptospirose, il est important d’informer le personnel médical sur la profession exercée afin de mieux orienter le diagnostic, d’effectuer le test de dépistage le plus approprié et ainsi donner le traitement adéquat », fait valoir le Dr Khodabocus. Les patients doivent également signaler la présence éventuelle de rats dans leur environnement. Il exhorte la population à ne pas banaliser ces maladies, des complications étant possibles, particulièrement chez les personnes les plus vulnérables et celles présentant des comorbidités.