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Chantier controversé à Tamarin : impossible de stopper le projet Legend Hill, selon le promoteur

Les travaux sur le flanc de la montagne.

Malgré la colère des habitants, le promoteur ne fléchira pas. La société française MJ Développement, à l’origine du projet controversé Legend Hill sur le flanc de la montagne La Tourelle à Tamarin, ne stoppera pas le chantier. D’une part, il dit avoir les autorisations nécessaires et d’autre part, ses appartements ont déjà trouvé preneurs. 

Munis de pancartes et scandant leur mécontentement, des habitants de Rivière-Noire et de Tamarin sont descendus dans la rue le lundi 22 février 2021. Raison : ils protestent contre le projet Legend Hill qui pourrait, selon eux, avoir un impact sur l’environnement et engendrer des risques d’inondations et de glissements de terrain. S’ils sont aussi inquiets, c’est parce que ce développement immobilier est érigé sur le flanc de la montagne La Tourelle, à Tamarin. 

Mais la société française MJ Développement, qui est la promotrice de ce projet de luxe pesant plus de Rs 2 milliards, ne compte pas reculer. Joint au téléphone lundi après-midi, Michaël Ruel, le directeur du groupe qui se trouve en France, a expliqué avoir pris note de la manifestation pacifique qui s’est tenue dans la matinée non loin du chantier. S’il a dit comprendre la frustration des habitants qui s’offusquent du phénomène de bétonisation qui sévit sur le littoral Ouest de Rivière-Noire, il a néanmoins affirmé qu’il est impossible de stopper les travaux. 

Il a expliqué que les 23 appartements ont déjà trouvé preneurs à travers des Ventes en état futur d’achèvement (VEFA). « Dans de telles conditions, il nous est impossible de stopper le projet », a-t-il précisé. Il s’est dit à la fois désolé et surpris. « Nous sommes une petite société. Nous ne sommes donc pas habitués à ce type d’événement. Tous les projets que nous avons conçus, que ce soit à Maurice ou en France, ont été réalisés en suivant les procédures administratives besogneuses. » 

Michaël Ruel a dit ne pas comprendre la forte opposition à laquelle se heurte son projet alors qu’il y a « trois autres chantiers en cours » sur la même altitude que le sien. « Mais personne ne dit rien », a-t-il fait remarquer. 

Pour ce qui est des demandes d’autorisation, le promoteur a fait ressortir qu’il a entamé les démarches en ce sens depuis 2017. Dans le cas du permis Environmental Impact Assessment, il a précisé qu’il avait formulé la requête auprès du ministère de l’Environnement en janvier 2019 et qu’il a obtenu le feu vert en septembre 2019. « Quand j’entends dire que j’ai mes autorisations en raison des contacts politiques, je tombe des nues. Nous ne sommes pas une multinationale. Je n’ai pas de relation particulière au sein du gouvernement », a-t-il dit. 

Par rapport aux appréhensions des habitants sur l’impact environnemental du projet, Michaël Ruel dit avoir mené une année d’étude géotechnique avant de mettre le projet en chantier. « Nous avons également pu faire l’expérience de la saison des grosses pluies de janvier 2019, ce qui nous a permis de voir comment réagissait le sous-sol. Nous avons aussi tout un système de drains. Nous conservons le drain naturel. Nous allons même l’agrandir », ajoute-t-il. 

Le président du conseil de district de Rivière-Noire : «Ce n’est pas joli, mais nous ne pouvons rien faire»

Sollicité pour un commentaire sur toute la polémique, Ludovic Labeauté, président du conseil de district de Rivière-Noire, a d’emblée expliqué que le projet a obtenu toutes les autorisations nécessaires. « Nous avons imposé nos conditions. Elles ont toutes été respectées. Nous ne pouvons donc pas empêcher la poursuite des travaux. C’est vrai que ce n’est pas joli à voir, mais nous ne pouvons rien faire », a-t-il déclaré.

Percy Yip Tong, activiste : «Nous voulons à tout prix un Stop Order» 

Plusieurs aspects dérangent les habitants qui ont manifesté lundi non loin du chantier. L’un d’eux est l’impact environnemental que le projet pourrait avoir dans la région, d’autant qu’il est érigé sur le flanc de la montagne. Le second point : les risques d’inondations à l’avenir quand il pleuvra à verse. 

« Nous voulons à tout prix obtenir un Stop Order contre ce projet qui constitue un réel danger pour les personnes habitant au pied de la montagne. Les risques d’inondations et de glissements de terrain sont inquiétants pour nous », déplore l’activiste citoyen, Percy Yip Tong, présent lundi. Mettant en exergue les dégâts qui avaient été causés sur l’autoroute Terre-Rouge/Verdun, il dit craindre le même scénario à la montagne La Tourelle avec ce nouveau projet. 

Autre point qui trouble l’activiste ainsi que les manifestants : l’octroi des permis pour la réalisation du projet. Ils allèguent que cela s’est fait « dans des conditions étranges ». Percy Yip Tong fait ressortir que plusieurs demandes faites dans le passé pour des projets sur ce site avaient été rejetées. Prochaine étape pour les manifestants : consulter leurs avocats afin d’étudier les options qui s’offrent à eux en vue de faire stopper le chantier.

 

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