Economie

Changements climatiques : ces légumes qui se font rares

legumes La production de pommes d’amour a chuté drastiquement, d’où leur rareté.

Les marchands de légumes sont catégoriques. Il y a une pénurie de certains légumes sur le marché local. Quels sont ces légumes qui se font rares ? À quel coût on peut se les procurer ? Petit tour du bazar. 

Cap sur le bazar de Port-Louis. Constat inquiétant : les étals manquent de couleurs. Si un marchand produit 300 tonnes de pommes d’amour par semaine, il nous revient que la production actuelle s’élève à 50 tonnes seulement. Ce qui explique la flambée des prix et les espaces vides sur les étals. 

Quels sont ces légumes qui se font rares ? Ce sont surtout les salades, les herbes fines et les légumes fragiles qui ont été affectés, explique un marchand de légumes près de la gare Victoria. « Le cresson se fait de plus en plus rare. De plus, on arrive difficilement à conserver les légumes fragiles. » Un peu plus loin, un marchand de coriandre et de menthe se désespère. « Avant les planteurs me livraient dix livres par jour, maintenant je n’en reçois que deux. La qualité n’est pas bonne, ainsi les clients n’achètent pas. Et ces herbes sont périssables », déplore-t-il. 

Mukesh Chooty, planteur à Glen Park, affirme que les récentes pluies diluviennes, suivies d’une vague de froid exceptionnelle, ont anéanti une partie de la production de pommes d’amour, carottes, poireaux, choux-fleurs et laitues. « Cela représente un énorme manque à gagner », souligne-t-il. Par ailleurs, Isoop Soobadar, président de la Market Traders’ Association (MTA), avance que les consommateurs pensent que les prix sont trop élevés, mais ils ignorent que certains légumes se font rares. De plus, les légumes fragiles ont été affectés par la grosse pluie. Il cite la baisse de la production de choux, haricots, carottes et coriandres. De son côté, Sewduth Beechook, planteur de Pointe-aux Piments, précise que 75 % de ces légumes sont affectés en raison des changements climatiques : forte chaleur et pluies.

Comme plusieurs cultures ont été abîmées à la suite des averses, les prix font sourciller les consommateurs. Pour pallier ce manque, les différents acteurs préconisent l’importation de légumes, conclut Kreepalloo Sunghoon, secrétaire de la Small Planters’ Association.

Le prix de certains légumes locaux qui se font rares

Légumes Prix % de baisse
Haricot Rs 140 (1 kg) 75
Chou-fleur Rs 75 (petit) 75
Pomme d’amour  Rs 65 – Rs 110 (demi- kilo) 80
Carotte  Rs 60 (demi- kilo) 90
Coriandre Rs 25 (petite botte) 70
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