Chagos : la justice tranche en faveur du groupe de Misley Mandarin
Par
Defimedia.info
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Le groupe de personnes, dont Misley Mandarin, ayant accosté dans l’archipel des Chagos, est autorisé à rester sur l’île du Coin. La British Indian Ocean Territory Court a rendu sa décision en ce sens ce mardi 31 mars.
C’est ce qu’indique The Independent dans un article en ligne intitulé « Starmer’s Chagos deal dealt major blow as judge rules Chagossians have right to live on disputed islands ».
Une réaction des autorités mauriciennes est désormais attendue.
Ci-dessous, l’intégralité de l’article :
L’accord conclu par Keir Starmer visant à transférer les îles Chagos à Maurice subit un nouveau revers majeur, après qu’un juge a estimé que les habitants expulsés dans les années 1960 ont le droit d’y vivre.
Ce jugement historique constitue un coup dur supplémentaire pour le Premier ministre britannique, déjà fragilisé, alors que ses efforts pour régler l’avenir de l’archipel — qui abrite la base aérienne stratégique américano-britannique de Diego Garcia — sont remis en cause.
L’accord était déjà contesté, notamment après l’opposition de Donald Trump, dans un contexte de tensions autour de l’utilisation de la base. Mais la décision rendue par le juge James Lewis pourrait désormais compromettre définitivement ce projet.
L’affaire fait suite à l’occupation d’une île par quatre Chagossiens plus tôt cette année, afin de revendiquer leur droit au retour, après une tentative des autorités de les expulser.
Dans son jugement, le magistrat annule une loi adoptée en 2004 sous le gouvernement de Tony Blair, qui empêchait le retour des Chagossiens. Il remet également en cause plusieurs décisions judiciaires antérieures liées à leur expulsion dans les années 1960 et 1970.
Le juge estime que les arguments fondés sur la sécurité nationale et la défense ne sont plus valables, notamment en raison du projet d’accord avec Maurice, qui implique la possibilité d’habiter les îles. Il rejette aussi l’argument du coût, évalué à 51 milliards de livres, jugé insuffisant pour empêcher ce retour.
S’appuyant sur les obligations du Royaume-Uni auprès des Nations unies, il conclut que les Chagossiens disposent d’un « droit de résidence » sur leur territoire, rendant particulièrement complexe tout transfert de souveraineté à Maurice.
Le gouvernement britannique a déjà interjeté appel de cette décision, qui sera examinée par la cour d’appel du territoire britannique de l’océan Indien.
Par ailleurs, le juge critique certaines figures politiques britanniques, dont Nigel Farage, estimant qu’elles ne disposent pas du droit de se rendre sur les îles.
Réagissant au jugement, Louis Misley Mandarin a évoqué une avancée majeure, affirmant que cette décision marque le début d’une reconnaissance de la justice et de la dignité du peuple chagossien.