Economie

Ces ouvriers étrangers qui acceptent ce que les Mauriciens refusent

Selon les données de Statistics Mauritius, le nombre de travailleurs étrangers dans les entreprises mauriciennes s’élevait à 29 025 en mars 2015, contre 28 383 en mars 2014. A quoi attribuer cette hausse ? «Quand les entreprises mauriciennes emploient des étrangers, c’est principalement parce qu’elles n’arrivent pas à trouver ici la main-d’œuvre qualifiée pour faire ces métiers. Et les Mauriciens ne veulent plus travailler dans certains secteurs tels que celui du manufacturier et de l’exportation car ils aspirent à exercer les emplois en cols blancs », souligne Pradeep Dursun, directeur de la Mauritius Employers Federation (MEF). Pradeep Dursun explique que toute entreprise désirant faire venir de la main-d’œuvre étrangère doit soumettre une demande et démontrer qu’elle a au préalable entamé des procédures et cherché à recruter sur le marché local de l’emploi, notaamment à travers des annonces. « Si les Mauriciens boudent ces types d’emploi, les entreprises n’ont d’autre choix que d’avoir recours à de la main-d’œuvre étrangère pour honorer leur commandes et respecter les délais », explique Pradeep Dursun. Il ajoute que certains métiers, tels que machinistes et ‘factory operators’, sont les plus prisés par la main-d’œuvre étrangère.

Honorer les commandes

Cet avis est partagé par le directeur d’une entreprise qui emploie actuellement 22 Bangla-deshis. « Nos ouvriers étrangers font l’emballage de nos produits. Comme nous avons des commandes d’exportation à respecter, il se peut que les employés doivent travailler les samedis et les dimanches pour pouvoir honorer ces commandes, et les Mauriciens ne veulent pas travailler le week-end. De plus, les Mauriciens ne veulent pas d’emplois manuels alors que la main d’œuvre bangladeshi est assidue et satisfaite des salaires proposés », soutient notre interlocuteur. Reeaz Chuttoo, président de la Confédération des travailleurs du secteur privé (CTSP), attribue à deux facteurs majeurs cette tendance continuelle à la hausse du nombre de travailleurs étrangers. « Dans le dernier budget, il a été annoncé qu’il suffisait à une entreprise dans les secteurs des Technologies de l’information et de la communication (TIC) et du Business Process Outsourcing (BPO) d’employer 100 Mauriciens pour qu’elle puisse avoir recours à de la main-d’œuvre étrangère. Le gouvernement a, par la suite, accordé la même autorisation aux secteurs du textile et du ‘seafood’, augmentant ainsi les possibilités d’emploi pour les travailleurs étrangers », soutient-il. De plus, explique notre interlocuteur, un salaire de Rs 5 000 ne permet pas à un Mauricien de vivre convenablement alors que ce montant permet à un travailleur étranger de gagner sa vie vu qu’il n’a pas à payer pour son logement. « Toutefois, ces travailleurs étrangers font aussi venir d’autres membres de leur famille à Maurice par d’autres voies et ils travaillent au noir. Ils se consacrent à des métiers que les Mauriciens exerçaient. À la longue, cela causera un problème social », s’alarme Reeaz Chuttoo.
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