Ce que le marché du travail réserve aux HSC leavers
Par
Leena Gooraya-Poligadoo
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Leena Gooraya-Poligadoo
Alors que certains étudiants choisissent de poursuivre des études supérieures après les résultats du Higher School Certificate, pour d’autres, la recherche d’emploi s’intensifie. Quels sont les secteurs qui recrutent les HSC leavers ? Quelles opportunités s’offrent à eux ? À quel salaire mensuel peuvent-ils prétendre ? Éléments de réponse.
Le secteur du Business Process Outsourcing (BPO) demeure le principal recruteur de jeunes sortant du Higher School Certificate (HSC), explique Ravish Pothegadoo, consultant en recrutement. « Des entreprises comme Concentrix, ServeCall, Allianz, Atalian, Accenture ou encore Orange Business Services recrutent régulièrement pour des postes d’entrée de gamme », indique-t-il.
L’hôtellerie constitue également un vivier d’emplois, notamment pour des postes opérationnels. « À cela s’ajoutent des opportunités dans la comptabilité et l’externalisation financière qui recherchent des profils pour des tâches de saisie comptable et de gestion administrative », soutient-il. Pourquoi ces secteurs ? Ravish Pothegadoo avance que c’est principalement en raison d’un besoin constant de main-d’œuvre pour des fonctions opérationnelles, d’un turnover relativement élevé et d’une croissance soutenue dans les services externalisés.
Hormis l’hôtellerie et les services financiers, Adilla Diouman-Mosafeer, directrice de Talent Lab, affirme que le secteur des technologies de l’information et du numérique connaît une croissance soutenue, portée par le développement de start-up et d’entreprises spécialisées. Par ailleurs, elle avance que le commerce de détail et les centres d’appels continuent également de recruter massivement, en raison d’un besoin permanent de personnel pour la vente et la relation clientèle.
« Enfin, l’agriculture moderne, notamment l’hydroponie et les pratiques durables, s’ouvre progressivement aux jeunes. Bien qu’une formation de base soit nécessaire, ce secteur est jugé prometteur à moyen et long terme », souligne-t-elle. Selon Adilla Diouman-Mosafeer, ces secteurs recrutent principalement des HSC leavers en raison de la nature opérationnelle et administrative de nombreux postes qui ne nécessitent pas immédiatement un diplôme universitaire.
Emmanuel Maujean, directeur de MeetYourJob | CareerHub, pour sa part, avance que les secteurs qui recrutent le plus, notamment le TIC / BPO, le tourisme et l’hôtellerie, ainsi que le commerce de détail et les services généraux, sont des industries parfois sous-valorisées, mais elles sont en réalité de vraies écoles professionnelles. « Elles permettent d’apprendre sur le terrain, de gagner en maturité et de développer des compétences solides. Pour un jeune motivé, elles peuvent constituer un excellent tremplin pendant 3 à 5 ans avant d’accéder à un poste plus senior, de se spécialiser ou même de saisir une opportunité à l’étranger », dit-il.
Il est essentiel de distinguer plusieurs profils de HSC leavers pour mieux comprendre la dynamique du marché de l’emploi. Ravish Pothegadoo distingue trois grandes catégories de jeunes titulaires du HSC. « D’abord, ceux qui ne souhaitent plus poursuivre d’études immédiatement. Ils recherchent un emploi pour subvenir à leurs besoins. Le BPO et l’hôtellerie leur offrent un accès rapide au marché du travail », explique le consultant.
Ensuite, ceux qui travaillent tout en poursuivant leurs études, notamment des formations professionnelles comme l’ACCA en comptabilité. « Ces jeunes privilégient des postes en lien avec leur futur métier, par exemple en back-office comptable ou en facturation », affirme Ravish Pothegadoo.
Enfin, dit-il, certains choisissent de travailler pendant deux à trois ans, parfois même sur des bateaux de croisière, afin d’épargner et financer ensuite leurs études universitaires.
Selon nos interlocuteurs, les postes proposés aux HSC leavers sont principalement des fonctions d’entrée de gamme : agent de centre d’appels, télévendeur, chargé de clientèle, agent de support client, gestionnaire back-office ou encore assistant en saisie comptable.
« Dans le domaine des technologies, certains s’orientent vers des certifications comme le CCNA ou des formations Microsoft afin de devenir technicien réseau ou “network engineer” de niveau 1. Des entreprises comme Orange Business Services recrutent des profils junior qu’elles forment en interne », fait ressortir Ravish Pothegadoo. Ces postes, poursuit-il, exigent généralement un bon niveau en informatique ainsi qu’une bonne maîtrise du français et/ou de l’anglais, à l’oral comme à l’écrit.
Selon Adilla Diouman-Mosafeer, ces postes constituent souvent une première expérience professionnelle permettant d’acquérir des compétences pratiques, notamment en communication, organisation et gestion de la clientèle.
Parmi les fonctions les plus courantes figurent :
Ces emplois peuvent offrir des perspectives à moyen terme. « Dans le BPO, un agent performant peut évoluer vers des postes de superviseur, de team leader, voire de responsable de plateau », affirme Ravish Pothegadoo.
Dans la comptabilité ou l’IT, poursuit-il, l’évolution dépend souvent des certifications obtenues en parallèle. « Un jeune qui combine expérience professionnelle et formation technique peut progresser vers des fonctions plus spécialisées et mieux rémunérées », ajoute-t-il. Toutefois, l’évolution reste conditionnée par la performance, la formation continue et la stabilité dans l’entreprise.
Adilla Diouman-Mosafeer abonde dans le même sens. « L’avancement vers des postes de coordination ou de supervision est possible après quelques années d’expérience », dit-elle. Elle affirme que de nombreuses entreprises proposent également des formations internes afin de développer les compétences techniques et managériales de leurs employés.
Emmanuel Maujean indique que dans le BPO, un télé-agent peut évoluer vers les postes de team leader, superviseur, puis manager s’il est performant et constant. « Dans l’hôtellerie, un poste d’entrée peut mener à des responsabilités d’équipe après quelques années, surtout si le jeune suit des formations professionnelles en parallèle. Dans le commerce, un vendeur motivé peut devenir senior, puis superviseur ou assistant manager », précise-t-il.
Selon les spécialistes des ressources humaines, la fourchette salariale pour un jeune débutant avec un HSC se situe généralement entre le salaire minimum et environ Rs 18 310 à Rs 20 000 par mois pour des postes d’entrée de gamme, notamment en back-office ou en centre d’appels. « Ces rémunérations restent modestes, mais elles constituent souvent une première étape vers l’indépendance financière ou un tremplin vers des études supérieures », affirme Ravish Pothegadoo.
Certains secteurs offrent des avantages additionnels, tels que le transport, les repas ou des primes liées à la performance. Selon Adilla Diouman-Mosafeer, les jeunes qui s’investissent pleinement peuvent voir leur salaire évoluer rapidement, atteignant en moyenne environ Rs 25 000 mensuelles après quelques mois d’expérience.
De son côté, Emmanuel Maujean affirme que dans les secteurs comme le BPO, la vente ou l’hôtellerie, des primes de performance peuvent s’ajouter. Elles peuvent aller jusqu’à Rs 7 000, voire plus selon les résultats et le système de commission. « Il faut comprendre que le salaire de départ dépend du secteur, de la taille de l’entreprise, du système de primes, de la performance individuelle », dit-il.