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Cargaison de bétail non désirée : le navire sommé de rester à 300 km de Maurice

Par Eshan Dinally
Publié le: 6 July 2026 à 12:01
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betail

Nouveau tournant dans l’affaire de l’Apex LSS Success, ce navire transportant du bétail embarqué au Mozambique et redirigé vers Maurice après avoir été initialement destiné à la Guinée. Les autorités mauriciennes ont désormais demandé que le navire reste à 300 kilomètres de Maurice, en raison des risques sanitaires et phytosanitaires liés à cette cargaison.

Cette instruction marque une escalade majeure dans le dossier. On n’est plus seulement dans une alerte sur un possible débarquement non autorisé. Les autorités ont désormais engagé un dispositif maritime pour tenir le navire à distance du territoire mauricien.

Il revient que la National Coast Guard a été appelée à assurer une surveillance maritime afin d’éviter que le navire ne s’approche à moins de 300 kilomètres de Maurice. Le navire concerné est identifié comme MV Apex/LSS Success, battant pavillon tanzanien. Son dernier port connu serait le Mozambique et son prochain port indiqué serait Maurice.

Le samedi 4 juillet, les autorités auraient demandé à la compagnie concernée que le navire modifie sa route, reste à 300 kilomètres de Maurice, garde son système AIS activé en permanence et maintienne une veille active sur le canal 16.

Selon nos informations, l’équipe légale représentant les intérêts du navire a formellement rejeté l’ordre donné par la National Coast Guard. Elle soutient que l’instruction demandant au navire de rester à 300 kilomètres de Maurice serait contraire au droit maritime international.

La défense du navire va plus loin. Elle affirme que l’Apex LSS Success se trouverait dans une situation de détresse et de force majeure, en raison d’un manque de nourriture pour le bétail, d’eau douce et de carburant, avec une dégradation du bien-être animal à bord.

Ce nouvel argument change la dynamique du dossier. Les autorités mauriciennes invoquent le risque sanitaire pour tenir le navire à distance. En face, les représentants du navire invoquent l’urgence maritime, la survie des animaux, l’approvisionnement du navire et le devoir d’assistance en mer.

La demande formulée est claire : retrait immédiat de l’ordre d’exclusion de 300 kilomètres, autorisation de se diriger vers le mouillage de Port-Louis, ravitaillement d’urgence en carburant, eau et fourrage, puis inspection du navire après son arrivée au mouillage.

Autrement dit, les représentants du navire ne réclameraient pas seulement une assistance technique en mer. Ils veulent que l’Apex LSS Success soit autorisé à approcher Port-Louis, puis que les inspections se fassent une fois le navire en sécurité au mouillage.

Le risque d’une brèche sanitaire

C’est précisément ce scénario qui inquiète les milieux agricoles et sanitaires. Car une fois le navire autorisé à approcher, la pression pour permettre le débarquement du bétail pourrait devenir plus forte. Or, aucun permis d’importation n’aurait été délivré pour cette cargaison, et l’importation d’animaux vivants en provenance du Mozambique n’est pas autorisée en raison de la situation sanitaire animale dans ce pays. Le dossier devient donc un bras de fer. D’un côté, les autorités mauriciennes veulent protéger le territoire contre une cargaison jugée à risque. De l’autre, les représentants du navire invoquent la détresse, la force majeure et les obligations du droit maritime.

Le ton se durcit encore avec la menace de procédures. Selon nos informations, les représentants du navire auraient réservé leurs droits et averti qu’en cas de refus persistant d’entrée, si cela devait entraîner la mort du bétail ou des risques pour l’équipage, des réclamations pourraient être portées devant des tribunaux maritimes internationaux. Des demandes de dommages pourraient alors viser le gouvernement mauricien, la Mauritius Meat Authority et même des responsables individuels.

Cette menace place les autorités devant un dilemme sensible. Céder à l’urgence invoquée par le navire pourrait ouvrir une brèche dans le verrou sanitaire. Maintenir l’exclusion pourrait exposer Maurice à une contestation juridique internationale, surtout si la situation à bord se détériore.

Une limite juridique de 24 milles nautiques

Un autre point complique encore davantage la situation. Selon les éléments disponibles, la limite légalement exécutoire par la National Coast Guard serait de 24 milles nautiques, correspondant à la zone contiguë, dans laquelle des actions pourraient être prises en cas de soupçon de contrebande. Au-delà, la question de l’exécution de l’ordre de distance devient plus délicate.. Ce n’est plus seulement une question d’importation de bétail. C’est désormais un test de souveraineté sanitaire, de capacité maritime et de résistance aux pressions juridiques.

La vraie question est désormais la suivante : Maurice peut-elle tenir le navire à distance au nom de la biosécurité, tout en évitant d’être accusée d’abandonner un navire qui se déclare en détresse ?

Dans ce dossier, chaque décision porte un risque. Si le navire finit par approcher Port-Louis sous couvert de détresse, le débat ne portera plus seulement sur l’assistance maritime. Il portera sur la capacité de l’État à empêcher qu’une urgence invoquée en mer ne devienne une porte d’entrée pour une cargaison interdite à terre.                                                       

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