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Carburants : vers une hausse des prix de l’essence et du diesel

Par Patrick Hilbert
Publié le: 11 avril 2026 à 10:12
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Le déficit critique des fonds de stabilisation et l’explosion des cours mondiaux rendent l’augmentation inévitable.

• Une nouvelle cargaison attendue ce jeudi.
• Réserves stratégiques portées à plus de 40 jours.

On se dirige vers une nouvelle hausse du prix du diesel, moins d’un mois après la dernière hausse. L’essence, épargnée lors de la dernière réunion du Petroleum Pricing Committee (PPC), devrait connaître une augmentation de son prix, sauf si le gouvernement en décide autrement.

Malgré une visibilité rassurante sur les stocks, la pression financière devient insoutenable pour la State Trading Corporation (STC). Ce jeudi 16 avril, deux navires sont attendus à Port-Louis : le premier acheminera de l’essence et du diesel, tandis que le second livrera l’huile lourde nécessaire à la production électrique nationale. Ces cargaisons porteront les réserves stratégiques à plus de 40 jours de consommation, garantissant ainsi la sécurité énergétique immédiate du pays.

Pourtant, ce confort logistique ne suffira pas à freiner la hausse des prix. Les projections de la STC sont formelles : une révision à la hausse du diesel est « très probable » et l’essence, épargnée lors du dernier arbitrage, devrait cette fois suivre la même trajectoire.

Le mécanisme destiné à amortir les chocs pétroliers est au bord de l’asphyxie. Lors de la réunion du Petroleum Pricing Committee (PPC) du 24 mars 2026, le fonds dédié au diesel accusait déjà un trou béant de Rs 2,3 milliards. Ce déficit, creusé par le maintien de prix administrés inférieurs aux coûts réels d’importation, prive désormais les autorités de tout levier d'action. La situation de l’essence est tout aussi préoccupante. Si le fonds de stabilisation associé paraissait encore sous contrôle fin mars, les dernières données indiquent qu’il basculera « dans le rouge » dès ce mercredi. En cause : un décalage persistant entre le prix à la pompe et la réalité d'un marché mondial en surchauffe.

L’explication de cette dégradation brutale se trouve sur les marchés internationaux. En l’espace d’un mois, le contexte géopolitique a radicalement changé : fin février / début mars 2026, le baril de Brent oscillait entre 72 $ et 75 $, alors qu’au 10 avril 2026, les cours se sont envolés pour atteindre entre 97 $ et 100 $ le baril.

Cette hausse fulgurante de 30 % à 35 % est la conséquence directe de l’escalade du conflit au Moyen-Orient et des menaces pesant sur le détroit d’Ormuz. Pour une économie comme celle de Maurice, totalement dépendante de ses importations d'hydrocarbures, le choc est frontal.

Pour rappel, le 25 mars dernier, le prix du diesel était passé de Rs 58,95 à Rs 64,80 (une hausse de 10 %), tandis que l’essence restait figée à Rs 58,45. La prochaine réunion du PPC, prévue dans les jours à venir, s'annonce cruciale. Les commissaires devront trancher entre la survie financière des fonds de stabilisation et la préservation du pouvoir d’achat des ménages, déjà fragilisé par la conjoncture mondiale.

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