Cannabis à Maurice : le rapport de la NADC prêt d’ici fin juillet
Par
Patrick Hilbert
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Patrick Hilbert
Le rapport tant attendu sur la politique par rapport au cannabis à Maurice entre dans sa dernière ligne droite. La National Agency for Drug Control transmettra son document au gouvernement d’ici la fin de juillet, avec des recommandations portant sur une réforme globale de l’approche nationale par rapport au cannabis.
Commandité par le gouvernement, le rapport sur la politique par rapport au cannabis à Maurice s’articule autour de quatre grands axes : le cadre légal, l’usage médical, les opportunités économiques — notamment le développement du chanvre industriel — et les aspects sociaux liés à la consommation et à la régulation du cannabis.
Ce document intervient après le lancement, début juin, d’une consultation publique de vingt-et-un jours par la National Agency for Drug Control (NADC). Cette démarche visait à recueillir les avis, les attentes et les préoccupations des Mauriciens sur le statut actuel du cannabis, une question qui continue de susciter des positions divergentes dans la société.
Mais pour la NADC, cette consultation ne constitue pas un sondage d’opinion destiné à déterminer l’orientation de la future politique publique. Elle représente une source d’éléments venant compléter une analyse plus large basée sur des données scientifiques et des expertises spécialisées.
Amrish Bucktowarsing, Media and Communication Officer de la NADC, explique que le rapport n’est pas un document issu uniquement des contributions citoyennes.
« Le gouvernement est le commanditaire du rapport. La NADC est en train de finaliser la rédaction du document et nous attendons l’apport des consultants sur le volet économique, fiscal et légal, afin de pouvoir faire une proposition et des recommandations. »
Selon Amrish Bucktowarsing, la NADC devrait être en mesure de transmettre le rapport aux autorités à la fin de ce mois. « Si tout se passe bien, dans deux semaines, nous serons en position de transmettre le rapport au gouvernement, qui décidera s’il va le rendre public », précise-t-il.
Le responsable de communication met également en garde contre certaines interprétations qui circulent concernant la nature du rapport. Il indique que le document final ne sera pas une compilation des opinions recueillies lors de la consultation publique.
« Ce rapport ne sera pas une compilation des opinions que nous avons recueillies durant la phase de consultation. C’est un document fait sur mesure pour Maurice, en prenant en compte ses spécificités sociales, culturelles, économiques. Et toute proposition qui émane de ce document sera faite en prenant en considération l’écosystème qu’il y a autour. »
La NADC insiste ainsi sur une démarche fondée sur l’évaluation des données disponibles et l’avis d’experts. L’agence rejette l’idée que les recommandations seront simplement déterminées par l’opinion majoritaire.
Amrish Bucktowarsing rappelle que les études scientifiques sur le cannabis peuvent parfois aboutir à des conclusions différentes et nécessitent une analyse critique. « Dans le monde scientifique, pour toute étude qui dit A, nous trouvons cinq autres études qui disent B. C’est pour ça que nous devons nous entourer de professionnels, des gens dans le domaine, qui savent apprécier la justesse et la valeur scientifique de chaque étude. »
Le gouvernement déterminera la suite à donner aux recommandations de la NADC et l’éventuelle évolution de la politique mauricienne sur le cannabis.