Cancer du sang : le combat d’un père pour ne pas laisser ses enfants orphelins
Par
Reshad Toorab
Par
Reshad Toorab
À 35 ans, Irshad affronte un lymphome agressif. Sans ressources face au coût exorbitant du traitement, sa famille appelle à la générosité des Mauriciens pour lui offrir une chance.
Mohamad Irshad Aukloo se bat contre un cancer du sang de stade 4 dans un hôpital de Mumbai, loin de sa femme et de ses deux enfants de 2 ans et 1 an, restés à Maurice. Sa famille ne peut financer seule les Rs 3 618 000 que coûte son traitement. Elle lance un appel à générosité au public mauricien.
Il y a encore quelques mois, ce Mauricien de 35 ans rentrait chez lui après une journée de chantier, les mains marquées par le travail, et retrouvait ses deux petits qui l’attendaient. Une vie construite à la force du poignet, dans le quartier de Castel, Phoenix, après dix ans passés à bâtir son propre business dans le MEP Engineering. Plomberie, électricité, installations techniques : il était son propre patron, son propre moteur. Marié depuis sept ans, il assurait seul les revenus de sa famille.
Puis août 2025 arrive. Et tout bascule. D’abord une fatigue que rien ne dissipe. Une fièvre qui revient chaque jour, obstinée. L’appétit qui disparaît, les douleurs qui s’installent dans l’abdomen. Et ce corps qui fond – trente kilos perdus en quatre mois – comme si quelque chose à l’intérieur consumait tout. Les examens finissent par mettre un nom sur ce qui ronge Irshad : un Peripheral T-Cell Lymphoma, un PTCL. Une forme rare et agressive de cancer du sang.
Une première évaluation parle de stade 1. L’espoir revient, fragile. Mais en décembre 2025, à Mumbai, à l’HCG Cancer Hospital où il est admis grâce au soutien de l’Overseas Medical Care Assistance (OMCA) Foundation, les médecins reprennent tout le dossier. Le verdict tombe : stade 4.
Depuis, Irshad vit à des milliers de kilomètres de sa femme et de ses enfants. Sous la supervision du Dr Mohd. Rizwan Shaeikh, il affronte un protocole lourd : six cycles de chimiothérapie intensive, suivis d’une greffe autologue de moelle osseuse (bone marrow transplant). Un séjour médical de six à sept mois, loin de tout ce qui lui est familier.
Il en est à trois séances de chimio. Les effets secondaires sont là, réels, épuisants. Mais quelque chose bouge dans le bon sens : la fièvre recule, l’appétit revient doucement, et lui qui était cloué au lit peut aujourd’hui se lever, marcher. Des victoires minuscules mais qui comptent.
Le traitement complet – chimiothérapie, greffe, chirurgies, hébergement, transport, repas pendant tout ce séjour – représente une facture totale de Rs 3 618 000 (voir encadré). Une somme que la famille ne peut pas porter seule. Irshad n’est plus en mesure de travailler. Son outil de survie économique, ce savoir-faire qu’il avait mis dix ans à construire, est aujourd’hui mis entre parenthèses. C’est pourquoi l’OMCA Foundation lance un appel au public. Chaque contribution, petite ou grande, permet à Irshad de poursuivre son traitement sans interruption.
Malgré la gravité du diagnostic, Irshad refuse d’abandonner. Son combat est celui d’un père qui veut continuer à serrer ses enfants dans ses bras et les accompagner dans leurs premiers pas, leurs premiers mots, leur avenir. Aujourd’hui, plus que jamais, la solidarité peut lui offrir une chance supplémentaire de guérison.
Le coût total du traitement et des dépenses liées au séjour en Inde s’élève à Rs 3 618 000, réparti comme suit :