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Cambridge : tolérance zéro face à la tricherie - les montres désormais interdites en salle d’examen

Par Annick Daniella Rivet
Publié le: 12 July 2026 à 08:29
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Le Mauritius Examinations Syndicate (MES) rappelle que toute infraction aux règlements peut entraîner de lourdes sanctions.

Depuis juin 2026, le Mauritius Examinations Syndicate interdit les montres dans les salles d’examens de Cambridge, en plus des téléphones portables. Une mesure destinée à renforcer la sécurité des épreuves et à garantir l’équité entre tous les candidats à Maurice.

Depuis la session de juin 2026, le Mauritius Examinations Syndicate (MES), qui représente localement Cambridge International Examinations (CIE), interdit le port des montres dans les salles d’examen à Maurice, une mesure qui vient s’ajouter aux restrictions déjà en vigueur sur les téléphones portables et les autres appareils électroniques, dans le but de renforcer la sécurité des examens et de préserver leur intégrité. L’annonce a été faite par Ashok Kumar Goonjur, Principal Examinations Officer au MES, dans un contexte où les autorités maintiennent une vigilance constante contre les cas de « malpractice » impliquant des appareils électroniques.

Le MES rappelle que toute infraction aux règlements peut entraîner de lourdes sanctions, allant de l’attribution d’un zéro à une épreuve jusqu’à la disqualification dans la matière concernée. Les appareils électroniques demeurent strictement interdits dans les salles d’examen. Les candidats sont régulièrement informés des objets non autorisés et des conséquences auxquelles ils s’exposent en cas de non-respect des règlements. Selon l’organisme, Cambridge International Examinations traite avec la plus grande sévérité les cas de « malpractice » liés à la possession ou à l’utilisation de ces appareils durant les examens.

Qu’est-ce que la « malpractice » ?

Le MES définit la « malpractice » comme tout acte enfreignant les règlements d’examen et susceptible de compromettre l’intégrité des évaluations ainsi que la crédibilité des certificats délivrés aux candidats. Ces infractions peuvent survenir avant, pendant ou après les examens. Elles peuvent être commises délibérément dans le but d’obtenir un avantage, résulter d’une inattention, d’un oubli ou d’une méconnaissance des règlements, ou encore être liées à des circonstances indépendantes de la volonté des personnes concernées.

L’introduction de matériel non autorisé dans une salle d’examen, ou le fait d’y avoir accès pendant une épreuve, est considérée comme un cas de « malpractice ». Les téléphones portables, les montres, les montres connectées et les autres appareils électroniques figurent parmi les objets strictement prohibés.

Un dispositif de prévention en amont

Afin de prévenir ce type d’infraction, le MES affirme avoir instauré un ensemble de mesures de sensibilisation à l’intention des candidats. Les consignes officielles leur sont remises suffisamment tôt afin qu’ils disposent du temps nécessaire pour les lire, les comprendre et se familiariser avec les règlements avant le début des examens. Le Cambridge Handbook est également transmis aux établissements scolaires bien avant la période des examens, afin qu’il puisse être consulté par les responsables des centres et communiqué aux candidats.

Des affiches, avis et notices officielles de Cambridge sont également placés dans les centres d’examen et les salles concernées afin de rappeler en permanence les règles à respecter. Avant le début de chaque épreuve, une annonce est lue aux candidats par les surveillants, qui leur rappellent notamment que tout téléphone portable ou autre appareil électronique en leur possession doit être remis aux surveillants avant le début de l’examen.

Selon Ashok Kumar Goonjur, le nombre de cas impliquant des téléphones portables est demeuré stable par rapport aux sessions précédentes. Bien que la situation reste sous contrôle, le MES poursuit ses efforts de prévention afin de réduire davantage les risques d’infraction.

Des sanctions graduées selon la gravité de l’infraction

Les sanctions prévues varient en fonction de la gravité de l’infraction constatée. Un candidat trouvé en possession d’un téléphone portable pendant un examen se voit attribuer un zéro pour l’épreuve ou la composante concernée.

En revanche, lorsqu’un candidat est surpris en train d’utiliser son téléphone portable durant une épreuve, la sanction est beaucoup plus lourde : il est alors disqualifié dans la matière concernée et obtient la mention « No Result ». Cette mesure vise à garantir l’équité entre tous les candidats et à protéger la crédibilité du processus d’évaluation.

Parallèlement aux actions de sensibilisation, le MES applique plusieurs protocoles de sécurité dans les centres d’examen. Les pupitres sont espacés de manière à empêcher les candidats de consulter le travail de leurs voisins. Un nombre supplémentaire de surveillants peut être mobilisé lorsque les circonstances l’exigent. Le nombre de candidats admis dans une même salle peut également être réduit afin de faciliter la surveillance.

D’autres dispositifs sont également mis en œuvre : les candidats peuvent être installés sur des rangées alternées lorsqu’ils composent des épreuves différentes ; l’espacement entre les pupitres peut être davantage renforcé et l’aménagement général des salles est étudié de manière à maintenir une distance suffisante entre les candidats. L’objectif est de limiter toute possibilité de communication, d’échange d’informations ou de comportement susceptible de compromettre le bon déroulement des examens.

Le MES souligne également l’importance du rôle joué par les surveillants et les superviseurs dans la prévention de la « malpractice ». Des formations sont organisées afin de leur permettre de maîtriser les procédures établies par Cambridge, d’identifier rapidement les situations à risque et d’intervenir conformément aux règlements en vigueur.

Pour l’organisme, l’ensemble de ces mesures répond à un impératif fondamental : préserver l’intégrité des examens et garantir l’égalité de traitement entre tous les candidats.

De la possession d’un téléphone au plagiat

La tricherie est considérée comme une atteinte directe à l’équité entre candidats. Introduire des objets non autorisés, comme un téléphone ou des notes personnelles, suffit à déclencher une enquête. Les échanges d’informations, même discrets, sont assimilés à une fraude. L’usurpation d’identité, où une personne passe l’épreuve à la place d’une autre, est l’une des fautes les plus graves. Le plagiat et la collusion — c’est-à-dire copier ou travailler en groupe lors d’une épreuve individuelle — sont également interdits. Enfin, tout comportement perturbateur en salle est proscrit.

Lorsqu’un cas est suspecté, le superviseur doit le signaler sans délai à l’agent de police en service, qui établit un rapport transmis ensuite au MES. Ce dernier initie alors une enquête, Cambridge International Examinations exigeant un rapport officiel afin de documenter l’incident. L’université peut aussi demander l’ouverture d’une enquête, qui peut inclure l’analyse des copies et le recueil de témoignages. Les sanctions sont graduées mais fermes : annulation des résultats, retrait du certificat dans certains cas, voire interdiction de se présenter à de futures sessions.

Pour les candidats, la règle est claire : respecter les consignes communiquées à l’avance, suivre les instructions des surveillants et produire un travail personnel. La fraude n’est pas seulement une faute scolaire : elle remet en cause la valeur du diplôme et l’image de l’institution.


Le témoignage d’un recteur

Didier Moutou, recteur du collège Bhujoharry situé à La Tour Koenig, confirme que toutes ces conditions s’appliquent au sein de son établissement à l’occasion de la tenue des examens. Dans des circulaires distribuées aux élèves au moment de la remise des « time tables », il est rappelé que « l’utilisation du téléphone portable, des montres connectées, la tricherie et les perturbations pendant les examens entraîneront des mesures disciplinaires ».

Il leur est aussi rappelé de se présenter au moins quinze minutes avant le début de l’épreuve et qu’ils ne peuvent quitter les lieux qu’après la fin de celle-ci. Le recteur soutient que les candidats se doivent de lire et de comprendre les consignes qui leur sont remises. Lire attentivement la « Notice to Candidates » permet de connaître les règles précises des examinateurs. Didier Moutou rappelle que la réussite aux examens repose sur la préparation, la discipline et l’honnêteté. Pour éviter tout risque de tricherie, il est essentiel d’adopter de bonnes pratiques avant et pendant l’épreuve.

Il souligne que la première règle est simple : préparer son travail à l’avance. « Un candidat qui révise régulièrement et organise ses notes n’a pas besoin de recourir à des moyens interdits. La planification des révisions, avec un calendrier clair, permet d’arriver serein le jour de l’examen », explique-t-il.

Par ailleurs, les mêmes règles sont appliquées dans les établissements publics. Au cours du premier trimestre de cette année, une élève d’une académie inscrite en School Certificate (SC) a été sanctionnée après avoir été surprise en train d’utiliser son téléphone portable. La décision a été prise de ne pas prendre en compte son travail dans le questionnaire concerné.

En tant que recteur, Didier Moutou souligne que, pendant l’épreuve, le candidat se doit de rester concentré sur sa copie. Dans certains cas, regarder autour de soi ou tenter de communiquer avec un voisin peut être interprété comme une tentative de tricherie. C’est ainsi que les enseignants conseillent à leurs élèves de garder les yeux sur leur feuille de papier et de gérer leur temps avec méthode.


66 cas de tricheries enregistrés aux examens du SC et HSC 2025

Le Cambridge International Education (CIE) a révélé un total de 66 cas de tricherie lors des examens du School Certificate (SC) et du Higher School Certificate (HSC) cuvée 2025. Dans les travaux de « coursework », sept cas de tricherie ont été identifiés. Pour les épreuves dites « Non-Coursework Questions » (NCQ), 16 cas ont été enregistrés au niveau « O » level et deux au niveau « A » level. 

Les examinateurs ont relevé que plusieurs candidats donnaient la même mauvaise réponse, ce qui laisse présumer une collusion. La demande du plan de salle des candidats a permis de mieux cerner l’étendue de ces échanges parmi les candidats.

L’utilisation du téléphone portable figure également parmi les pratiques les plus fréquentes, avec 8 cas recensés en « O » level et 9 en « A » level. À cela s’ajoutent des incidents liés à la présence de matériel non autorisé, 2 cas dans chaque niveau, ainsi que la possession de notes personnelles, relevée chez 4 candidats en « O » level et six en « A » level. Enfin, le CIE signale des comportements déplacés : 4 copies en « O » level et deux en « A » level contenaient des jurons.

L’usage persistant du téléphone portable, malgré les consignes strictes avant le début des épreuves, reste une source d’inquiétude. La répétition des mêmes erreurs dans les copies suggère un échange d’informations entre candidats, tandis que les comportements irrespectueux traduisent une dégradation des valeurs.


En Asie, les lunettes IA s’infiltrent dans la tricherie aux examens

Des étudiants en Corée du Sud et à Taïwan ont été surpris en train de tricher grâce à des lunettes intelligentes. La diffusion rapide de ces dispositifs, popularisés par Meta et Ray-Ban, inquiète les autorités scolaires.

Des étudiants en Asie ont été surpris en train de tricher aux examens grâce à des lunettes intelligentes équipées d’intelligence artificielle. En Corée du Sud, deux candidats à un examen d’anglais ont été pris en flagrant délit le mois dernier. À Taïwan, un étudiant postulant à une faculté de médecine a été découvert avec des lunettes suspectes après que les surveillants ont remarqué son comportement étrange. L’inspection a révélé que la monture dégageait de la chaleur.

Ces cas illustrent une tendance inquiétante. Les lunettes connectées, de plus en plus discrètes et accessibles, permettent de transmettre les questions à un modèle d’IA et d’afficher les réponses directement sur les verres. Les autorités éducatives réagissent. En Corée du Sud, l’organisme chargé des examens discute avec le ministère de l’Éducation pour renforcer les contrôles. À Taïwan, l’université concernée révise ses procédures. En Chine, lors du concours national d’entrée à l’université, toutes les lunettes ont été inspectées. Au Royaume-Uni, le régulateur des examens a aussi alerté sur le risque lié aux dispositifs connectés.

Les experts estiment que les cas signalés ne représentent qu’une partie du problème. Thomas Corbin, chercheur en Australie, souligne que la fraude est probablement plus répandue qu’il n’y paraît. À Hong Kong, le professeur Meng Zili a mené une expérience en conditions réelles : un étudiant équipé de lunettes d’IA a obtenu un score parmi les cinq meilleurs de sa classe, bien au-dessus de la moyenne. Cette démonstration confirme que ces dispositifs sont une technologie viable pour tricher.

Le débat dépasse la question de la fraude. Zhang Jun, professeur à Hong Kong, insiste sur la difficulté pour l’éducation de suivre le rythme des innovations. Kong Siu Cheung, directeur d’un centre spécialisé dans l’éducation numérique, appelle à ne pas bannir l’IA, mais à développer la pensée critique des étudiants. Selon lui, la technologie doit être utilisée sans devenir un substitut à la réflexion.

Le marché des lunettes connectées contribue aussi à cette évolution. Aux États-Unis, Meta a lancé en 2023 ses premières lunettes équipées d’IA en partenariat avec Ray-Ban. Depuis, plusieurs versions ont été commercialisées. Plus de sept millions de paires ont été vendues l’an dernier. Cette diffusion rapide transforme un objet de niche en produit grand public, ce qui accroît le risque de leur utilisation en milieu scolaire.

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