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Bypass de Flic-en-Flac : un projet routier de 4,8 km pour environ Rs 1 milliard à l’étude

Par Patrick Hilbert
Publié le: 22 avril 2026 à 11:10
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bypass
Cette nouvelle route de 4,8 km a pour objectif de fluidifier la circulation vers l’Ouest de l’île.

Un projet de bypass de 4,8 km entre Xavier et Pierrefonds, estimé à environ Rs 1 milliard, a été soumis à une étude d’impact environnemental pour améliorer la circulation vers l’Ouest.

L’infrastructure routière de Maurice s’apprête à franchir une nouvelle étape. La Road Development Authority (RDA) a officiellement déposé, en fin de semaine dernière, son rapport d’évaluation d’impact environnemental (EIA) auprès du ministère de l’Environnement pour un projet d’envergure reliant Xavier à Pierrefonds. Le document porte sur la construction d’un bypass sur une distance de 4,8 kilomètres, pour un coût estimé entre Rs 950 millions et Rs 1,4 milliard.

Ce projet s’inscrit dans la stratégie gouvernementale de mise en place d’un corridor Est-Ouest, destiné à renforcer la connectivité entre le centre de l’île et la région côtière de l’Ouest. Le tracé proposé reliera la Black River Road (A3) à Xavier à la nouvelle route La Vigie–La Brasserie–Beaux Songes à Pierrefonds, actuellement en construction.

Le projet comprend la construction d’une chaussée principale à voie unique, susceptible d’être élargie ultérieurement en double voie, ainsi que plusieurs aménagements connexes : un échangeur dénivelé à Xavier, trois ronds-points, un dalot d’environ 75 mètres au-dessus de la Rivière du Rempart, des trottoirs surélevés, une piste cyclable, des systèmes de drainage, ainsi que des équipements de sécurité routière et d’éclairage.

L’étude d’impact, réalisée par le cabinet VYYAASS Consulting Engineer Ltd conformément aux exigences de l’Environment Protection Act de 2002 et aux standards internationaux, met en évidence des effets à la fois positifs et négatifs.

Désengorger la Palma Road

Selon le résumé non technique de l’EIA, l’infrastructure sera réalisée principalement sur des terres agricoles appartenant au groupe Médine, pour une superficie totale d’environ 207 arpents. Les zones résidentielles les plus proches sont Xavier, Cascavelle et Beaux Songes, qui devraient bénéficier directement du projet en termes d’accessibilité. À terme, il devrait permettre une réduction du temps de trajet vers l’Ouest et contribuer à désengorger la Palma Road (B2), actuellement très sollicitée.

Le rapport met en avant un impact économique plus large, avec une amélioration de l’accessibilité vers des zones touristiques majeures comme Flic-en-Flac, Tamarin ou Le Morne. Il anticipe aussi une valorisation foncière des terrains agricoles concernés, susceptible de favoriser des développements immobiliers et commerciaux. En revanche, une perte de terres agricoles est attendue, ainsi qu’un possible recul d’activité pour certains petits commerces situés le long de la B2.

Sur le plan environnemental, les principaux impacts négatifs identifiés concernent la phase de construction, notamment les nuisances sonores, les émissions de poussières et la production de déchets solides. Une modification de l’esthétique du paysage est également anticipée lors de la phase opérationnelle. Toutefois, le rapport souligne que ces effets peuvent être atténués par des mesures appropriées, telles que l’installation de systèmes de drainage des eaux pluviales, des travaux d’aménagement paysager, ainsi que le recours à des dispositifs de contrôle de la poussière.

Le tracé ne traverse pas de zones écologiquement sensibles, à l’exception du franchissement de la Rivière du Rempart, pour lequel des mesures spécifiques sont prévues afin de limiter les impacts sur le milieu aquatique. L’étude note également que la majorité du tracé se situe sur des champs de canne déjà récoltés, réduisant ainsi les effets sur la flore et la faune.

Sur le plan socio-économique, le projet devrait générer environ 70 emplois directs durant la phase de construction, ainsi que des retombées indirectes pour les petites entreprises, notamment dans les secteurs liés aux travaux d’aménagement.
Enfin, l’EIA examine l’option de ne pas réaliser le projet, concluant que celle-ci limiterait le développement économique et la fluidité du réseau routier dans la région Ouest.

Au terme de son analyse, le rapport estime que les impacts environnementaux identifiés peuvent être maîtrisés grâce à des mesures d’atténuation appropriées. Il conclut que le projet répond aux exigences en matière d’aménagement du territoire et présente « toutes les garanties » pour être mis en œuvre, sous réserve de l’obtention des autorisations nécessaires et du respect des conditions imposées par les autorités compétentes.

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