Bureau politique du MMM : après la révocation des pro-Bérenger, la direction temporise
Par
Patrick Hilbert
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Patrick Hilbert
La direction du MMM consulte ses conseillers juridiques pour valider l’éviction des dissidents, malgré l’imbroglio autour de la signature du leader.
Le bureau politique du Mouvement militant mauricien (MMM) s’est réuni lundi à la municipalité de Port-Louis, dans un contexte marqué par les révocations, samedi dernier, de plusieurs membres considérés comme proches de Paul Bérenger. Au total, 14 élus municipaux ont été concernés par ces décisions, ainsi que 16 membres du comité central et cinq du bureau politique.
La réunion, qui a duré environ deux heures, a permis de « passer en revue l’impact » sur les réseaux sociaux de la conférence de presse tenue samedi après ces révocations. Aucun membre du bureau politique n’a remis en question la manière dont ces décisions ont été prises. « Il n’y a pas eu de débat pour dire que les choses ont été mal faites », indique-t-on.
Toutefois, la direction du MMM a choisi de temporiser quant à la prochaine étape, à savoir l’envoi d’une notification formelle aux Chief Executives des municipalités concernées pour entériner la situation des élus révoqués, ce qui entraînerait la perte de leur statut d’élus municipaux. Des consultations juridiques pourraient être engagées au préalable.
Au cœur des interrogations figure l’interprétation du Local Government Act, en particulier l’article 37A. Celui-ci stipule qu’un élu municipal perd automatiquement sa place s’il est réputé avoir démissionné de, ou avoir quitté, son groupe/ parti si le Chief Executive de la ville concernée est informé par écrit qu’il n’en fait plus partie. Cette notification doit impérativement être signée par le leader, le président, le secrétaire ainsi que deux autres membres du groupe/ parti, et être accompagnée d’un extrait certifié du procès-verbal de la réunion ayant entériné la décision.
C’est précisément sur ce point que la mouvance pro-Bérenger soulève une difficulté juridique. Elle fait valoir que la signature du leader est une condition essentielle de validité de la notification. Or, depuis le retrait de Paul Bérenger, le MMM ne dispose plus officiellement d’un leader désigné, ce qui pourrait fragiliser la procédure si cette exigence n’est pas remplie.
Par ailleurs, le bureau politique a également abordé la question du poste de Deputy Prime Minister, laissé vacant depuis la démission de Paul Bérenger de ce poste, décidant de ne pas exercer de pression sur Navin Ramgoolam à ce stade.