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Bunkering : Singapour concurrence Maurice

La Mauritius Chemical and Fertiliser Industry Ltd (MCFI) veut s’engager davantage dans le « bunkering ». L’entreprise a déposé son dossier EIA au ministère de l’Environnement. Dans le milieu des compagnies pétrolières, on se montre pessimiste en raison de la concurrence singapourienne : le carburant y coûte usd 100 de moins.

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Le fait que la Mauritius Chemical and Fertiliser Industry Ltd (MCFI) se lance dans le bunkering n’est pas forcément signe que ce secteur se porte bien. Si la filiale du groupe Harel Mallac veut porter sa capacité de stockage à 65 000 tonnes, d’autres opérateurs sont moins enthousiastes. Motif : la concurrence exercée par Singapour qui, s’il n’est pas producteur, possède une des principales raffineries au monde. Le carburant y coûte 100 dollars américains la tonne de moins qu’à Maurice.

Le projet de la MCFI consiste à installer une dizaine de cuves, d’une capacité totale de 50 000 tonnes sur 20 000 m2. Avec les deux cuves  de 15 000 tonnes de la firme, cela porterait sa capacité totale de stockage à 65 000 tonnes. La MCFI attend désormais un Environmental Impact Assessment (EIA). Dans sa demande, la firme se réfère à d’autres projets à venir. Notamment un Memorandum of Understanding signé entre les autorités mauriciennes et Atlantic Energy Consulting Ltd, une société de consultants qui doit faciliter l’entrée en scène de Macquarie Bank d’Australie comme promoteur d’offshore bunkering à Port-Louis. Le dossier de la MCFI fait mention du Group 5, géant de la construction africaine intéressé par le bunkering flottant avec l’utilisation de tankers.

« Il n’y a pas eu de grands changements. Cela se développe comme prévu. Il y a plusieurs concurrents et le marché mauricien n’a pas vraiment augmenté. Le problème ne se situe pas au niveau du stockage, mais de la compétitivité. Nos prix sont plus élevés que ceux de Singapour », constate une source.

Le carburant acheté  par les navires à Maurice via le bunkering coûte usd 100 de plus la tonne comparée au concurrent singapourien. « Nous avons à payer le fret ainsi que toute la logistique et les marges pratiquées sont peanuts, soit 5 usd dollars la tonne ! » Même en supprimant cette marge, le carburant resterait moins cher à Singapour.

Raffinerie d’Albion

Faut-il placer tous les espoirs dans le projet de la raffinerie d’Albion, annoncé dans le Budget ? « Espérons qu’on aura un produit compétitif. » La seule alternative serait d’importer en plus grande quantité pour réduire les coûts.

Au port, si le volume d’exportations à travers le bunkering a crû au premier semestre 2016, les opérations pour l’avitaillement en mer ont baissé. Or, ce sont sur ces opérations en mer que misent les autorités. De janvier à juin 2016, le secteur a exporté 6 554 tonnes de moins, soit 9,6 %, comparé à la période correspondante en 2015. « Difficile de tirer des conclusions, vu que cette baisse a été notée sur deux mois seulement », assure une source.

Avec l’entrée en opération de BOMIN, compagnie pétrolière texane, en juillet, la Mauritius Ports Authority estime que les chiffres devraient grimper de nouveau. Avec Total, Engen et Vivo, ce sont quatre opérateurs engagés dans l’avitaillement en mer dans la région portuaire.

Depuis la libéralisation partielle du marché du carburant, le 1er janvier 2014, le gouvernement tente de booster le bunkering. La State Trading Corporation a mené des négociations avec des opérateurs internationaux qui prévoyaient un bond de 200 % des exportations de 300 000 à 1 million de tonnes. Or, deux ans après, on en est à 146 009 tonnes depuis janvier.

 

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