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Budget 2026-27 : face à la vie chère, le gouvernement attendu au tournant

Par Le Défi Quotidien
Publié le: 19 May 2026 à 11:13
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(De g. à dr.) Sen Ramsamy, Dev Sunnasy et Chandan Jankee sur le plateau  d’« Au Coeur de l’Info » hier.
(De g. à dr.) Sen Ramsamy, Dev Sunnasy et Chandan Jankee sur le plateau d’« Au Coeur de l’Info » hier.

À l’approche du grand oral budgétaire, des experts tirent la sonnette d’alarme sur la situation économique et exhortent le gouvernement à mettre en œuvre des réformes structurelles concrètes. 

À quelques semaines du Budget 2026-27, le tableau dressé par les experts invités de l’émission « Au Cœur de l’Info » est sans ambiguïté : Maurice traverse une période difficile, et les Mauriciens attendent des réponses concrètes. Sur le plateau de Patrick Hilbert, l’économiste Chandan Jankee, Dev Sunnasy de Linion Moris et Sen Ramsamy, Managing Director de Tourism Business Intelligence, ont livré un diagnostic sévère de la situation économique du pays.

Chandan Jankee refuse le mot 

« crise », mais ne minimise pas les difficultés. « La croissance a ralenti et les marges de manœuvre du gouvernement sont aujourd’hui très restreintes », a-t-il averti, citant les pressions inflationnistes, la dépréciation de la roupie et le poids croissant de la dette publique. Selon lui, le premier budget de l’Alliance du Changement s’inscrivait dans une logique d’austérité assumée, destinée à réduire le déficit. Mais les résultats prennent du temps, et la population s’impatiente. « Il faut de nouvelles idées et une nouvelle vision économique », a-t-il insisté, pointant notamment les difficultés structurelles des PME, prises en étau entre hausse des coûts de production et difficultés de financement.

Dev Sunnasy a, lui, choisi de mettre les pieds dans le plat. « Cela fait des années qu’on parle de diversification économique, mais il faut maintenant produire des résultats »,a lancé le dirigeant de Linion Moris. Agriculture, économie bleue, PME : autant de secteurs à fort potentiel qui restent, selon lui, insuffisamment exploités. Il a également dénoncé les retards de paiement imposés aux petites entreprises par de grands groupes privés ou par l’État lui-même. À l’appui, un exemple concret : celui d’un entrepreneur ayant investi dans l’agriculture haut de gamme, rapidement étranglé par les délais de règlement de certains hôtels et supermarchés. « Quand les PME ne sont pas payées à temps, cela bloque toute l’économie », a-t-il martelé.

Sen Ramsamy a, de son côté, mis en cause le modèle touristique mauricien. Si les arrivées restent soutenues, les dépenses moyennes des visiteurs demeurent inférieures à celles enregistrées aux Maldives ou aux Seychelles. Pour le Managing Director de Tourism Business Intelligence, l’île doit impérativement privilégier la qualité sur le volume. Il a par ailleurs pointé des problèmes d’image qui plombent la destination : état dégradé de certaines plages publiques, nuisances sonores, drogue, prostitution. 

« Le tourisme ne se résume pas uniquement au nombre d’arrivées touristiques », a-t-il rappelé. Plus largement, il a déploré un manque de vision stratégique dans plusieurs secteurs et l’absence de spécialistes au sein de certaines instances. « Il y a beaucoup de gestion au jour le jour, mais peu de vision à long terme », a-t-il conclu.

Sur fond de hausse du coût de la vie et de déficit de confiance, les trois intervenants s’accordent sur un point : le prochain exercice budgétaire devra aller au-delà des intentions. Le gouvernement est attendu au tournant.

 

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