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Budget 2026-2027 : les derniers arbitrages avant le grand oral

Par Patrick Hilbert
Publié le: 4 June 2026 à 12:00
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Le PM et ministre des Finances Navin Ramgoolam, et Dhaneshwar Damry, Junior Minister aux Finances.
Le PM et ministre des Finances Navin Ramgoolam, et Dhaneshwar Damry, Junior Minister aux Finances.

À deux semaines du Budget 2026-2027, les consultations s’achèvent sur fond de rumeurs fiscales, d’austérité prolongée et d’incertitudes économiques liées aux tensions internationales et aux finances publiques.

Le processus de « Policy Dialogue », engagé entre le ministère des Finances, les autres ministères et instances gouvernementales dans le cadre de la préparation du Budget 2026-2027, doit prendre fin ce samedi. Cette étape marque l’aboutissement de plusieurs semaines de consultations avant la finalisation du prochain exercice budgétaire, dont la présentation par le Premier ministre et ministre des Finances Navin Ramgoolam est prévue le vendredi 19 juin à 17 heures.

La semaine prochaine devrait être consacrée à, entre autres, l’analyse des différentes propositions soumises afin de déterminer les mesures qui seront retenues dans le Budget et celles qui seront écartées. Dans les couloirs gouvernementaux, plusieurs hypothèses circulent déjà concernant les arbitrages fiscaux et sociaux que pourrait contenir ce budget attendu dans un contexte économique jugé difficile.

Parmi ceux-ci, une éventuelle hausse de la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA), actuellement fixée à 15 %. Des informations évoquent un relèvement à 17 %, voire à 17,5 %. Le leader du PMSD, Xavier-Luc Duval, avait affirmé samedi dernier lors d’une conférence de presse qu’une telle mesure était envisagée.

Toutefois, des sources au ministère des Finances soutiennent que cette option demeure, à ce stade, « fort peu probable ». Elles indiquent également que le gouvernement ne privilégierait pas, pour l’heure, une augmentation généralisée de la pression fiscale sur la consommation.

D’autres indications font état d’une possible révision du système de versement de la pension de base pour les personnes âgées de 60 à 65 ans. Selon certaines hypothèses évoquées, le gouvernement pourrait envisager de rendre optionnelle la réforme introduite lors du précédent budget, qui avait repoussé progressivement l’âge d’éligibilité à la pension et suscité de vives critiques dans l’opinion publique.

Une formule actuellement évoquée consisterait à permettre aux personnes âgées de 60 à 65 ans qui cessent de travailler de continuer à percevoir la pension de base, tandis que celles qui demeurent en activité ne la toucheraient pas durant cette période. Là encore, des sources proches du ministère des Finances affirment que cette question « n’est pas à l’ordre du jour pour l’instant ». Elles rappellent que la réforme de la pension avait été présentée comme « une nécessité financière » destinée à assurer la soutenabilité du système et non comme « un choix politique ».

Au ministère des Finances, l’on confie également qu’une politique d’austérité budgétaire pourrait être maintenue jusqu’en juin 2028 afin de permettre un redressement progressif des finances publiques et de l’économie. Dans ce contexte, l’absence, pour l’heure, des quelque Rs 10 milliards annuellement attendues dans le cadre du deal Chagos est présentée comme un important manque à gagner limitant les marges de manœuvre budgétaires du gouvernement.

Mardi au Parlement, répondant à une question du député Ram Etwareea, le Premier ministre Navin Ramgoolam est revenu en détail sur le processus de consultations engagé depuis février dernier par le ministère des Finances. Le chef du gouvernement a indiqué que les consultations avaient débuté le 24 février avec un appel lancé aux parties prenantes et au public pour soumettre leurs propositions budgétaires. Il a précisé que les priorités du Budget portent notamment sur « la croissance économique, l’amélioration de la productivité, la création d’emplois de qualité, le relèvement du niveau de vie, le renforcement de la résilience climatique et l’assainissement des finances publiques ».

Exercice complexe

Une circulaire budgétaire a également été adressée aux ministères et départements le 27 février afin qu’ils soumettent leurs propositions respectives. Toutefois, Navin Ramgoolam a souligné que l’exercice avait été rendu plus complexe par le déclenchement du conflit au Moyen-Orient dès le lendemain.

« Le prix du pétrole brut a fortement augmenté, atteignant un pic de USD 126 le baril », a-t-il déclaré au Parlement, estimant que cette situation accentue les pressions sur la croissance mondiale et l’inflation.

Le Premier ministre a également indiqué que le ministère des Finances avait multiplié les consultations avec les syndicats, les organisations de la société civile, les associations professionnelles, les planteurs, les pêcheurs, les éleveurs, les universitaires, les PME ainsi que les représentants du secteur privé. Il a enfin affirmé que les propositions reçues sont « examinées avec attention et minutie » dans le cadre de la finalisation du Budget 2026-2027.

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