Budget 2026 -2027 : des jeunes professionnels lancent un appel aux décideurs
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Ajagen Koomalen Rungen
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Ajagen Koomalen Rungen
À l’approche du Budget 2026-2027, les attentes se multiplient au sein de la population. Entre hausse du coût de la vie, inquiétudes économiques, santé mentale fragilisée et défis du secteur agricole, plusieurs voix s’élèvent pour réclamer des mesures concrètes et durables.
À l’approche du Budget 2026, quelles sont les principales attentes des jeunes évoluant dans le secteur agricole ?
Pour ce prochain Budget, nous espérons surtout voir la mise en place d’usines d’agro-transformation capables de traiter les surplus de légumes. Aujourd’hui, énormément de produits sont perdus faute de structures adaptées pour les conserver ou les transformer. Il faudrait aussi garantir un prix minimum pour les légumes produits afin que les planteurs puissent travailler avec plus de stabilité. Nous souhaitons également la suppression de la TVA sur tous les intrants agricoles afin de réduire les coûts de production qui continuent d’augmenter.
Quelles mesures pourraient encourager davantage de jeunes à se lancer dans l’agriculture à Maurice ?
La première chose serait d’assurer un prix minimum garanti pour la majorité des légumes. Beaucoup de jeunes hésitent à entrer dans ce secteur en raison d’une certaine insécurité financière. Si un jeune sait qu’après plusieurs mois de travail, il pourra au moins réaliser un bénéfice, cela changera beaucoup de choses. Je pense aussi que les revenus agricoles devraient être exonérés d’impôts pendant au moins cinq ans afin d’encourager davantage de jeunes à choisir cette voie.
L’agriculture moderne évolue rapidement. Quels types de soutien ou de technologies seraient bénéfiques pour les jeunes planteurs et entrepreneurs agricoles ?
L’avenir appartient clairement à l’agriculture de précision. Aujourd’hui, le secteur est très compétitif et nous devons absolument réduire les coûts de production pour rester performants. Des technologies comme les tracteurs modernes équipés de GPS, les systèmes de semis intelligents, la fertilisation de précision ou encore les récoltes mécanisées permettraient d’augmenter les rendements, réduire les pertes et limiter la dépendance à la main-d’œuvre. Le gouvernement devrait proposer de grands plans de soutien pour aider les planteurs à accéder à ces équipements modernes.
Comment voyez-vous l’avenir de l’agriculture mauricienne dans les prochaines années ?
Honnêtement, si aucune mesure sérieuse n’est prise dès maintenant, la situation risque de devenir plus difficile dans les années à venir et Maurice sera encore plus dépendante des importations. Il faut investir davantage dans le secteur agricole dès aujourd’hui si nous voulons garantir un meilleur avenir alimentaire au pays.
Quels sont aujourd’hui les plus grands défis auxquels les jeunes agriculteurs doivent faire face ?
Le principal problème reste l’augmentation constante des coûts de production alors que les prix au marché de gros restent très faibles. Les planteurs travaillent énormément, mais réalisent parfois très peu de bénéfices. Prenons l’exemple du chou : il coûte environ Rs 20 à produire, il est vendu autour de Rs 22 au marché de gros, mais en supermarché il atteint Rs 60 à Rs 70. Ce sont surtout les intermédiaires qui réalisent les marges les plus importantes, et cela mérite d’être revu.
Pensez-vous que le Budget 2026 pourrait ouvrir davantage d’opportunités pour rendre l’agriculture plus attractive et innovante ?
Les planteurs ont surtout besoin d’investissements durables et de solutions concrètes pour développer le secteur. Le gouvernement pourrait investir davantage dans des infrastructures comme les usines d’agro-transformation et mettre en place un système garantissant un prix minimum pour les légumes. Si le secteur devient plus stable et rentable, davantage de jeunes seront naturellement attirés par l’agriculture parce qu’ils pourront y construire un véritable avenir.
Quel message souhaitez-vous adresser aux décideurs concernant la place des jeunes dans l’avenir agricole ?
L’agriculture doit être davantage valorisée à Maurice. Les planteurs méritent le même respect et la même reconnaissance que tout autre professionnel. Cette valorisation devrait commencer dès l’école avec des cours liés à la culture maraîchère et à l’agriculture moderne. Les jeunes doivent comprendre que l’agriculture peut devenir une véritable carrière d’avenir. Aujourd’hui, nous attendons surtout des actions concrètes dans le Budget et pas seulement de grandes annonces. Nous gardons beaucoup d’espoir pour l’avenir du secteur agricole mauricien.