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Budget 2020-21 : Business Mauritius se dit «inquiète par l’introduction de charges fiscales et sociales qui fragiliseront davantage les entreprises»

Vidia Moonegan et Kevin Ramkaloan, respectivement président et CEO de Business Mauritius

Business Mauritius a tenu une conférence de presse ce vendredi pour commenter le Budget 2020-21 présenté par la veille. Kevin Ramkaloan, CEO de l’association, a souligné que “la taxe sur le Revenu Brut risque d’être un frein à la relance et une taxe sur la réussite, qui pénalisera toutes les entreprises, qu’elles gagnent de l’argent ou pas”. Selon lui, “cette taxe est un net obstacle à la croissance”.

Business Mauritius se dit aussi «inquiète par la forte augmentation du Solidarity Levy, qui monte notre pourcentage de taxation personnelle à 40% pour les Mauriciens à revenus élevés».  

«Tout en étant d’accord sur le principe de la solidarité, cette quintuple augmentation nous place à un niveau de taxation plus haut que celui d’économies développées telles que celles des États-Unis, du Canada, de la Nouvelle-Zélande ou de Singapore.  Il est aussi regrettable que ce Levy cause un manque d’équité entre étrangers et Mauriciens, le Solidarity Levy ne s’appliquant qu’aux Mauriciens.  Ce Levy risque aussi d’amplifier le 'brain drain', car cela rendra un retour au pays moins attractif pour les talents mauriciens», note Business Mauritius.

Ci-dessous un communiqué émis par Business Mauritius ce vendredi : 

Commentaire Général

Au lendemain de la présentation du budget par le ministre des Finances, le Conseil et les « partner members » de Business Mauritius se sont réunis à Ebène pour livrer leur analyse des mesures annoncées à la presse.

L’association avait soumis des recommandations incluant des mesures à court terme pour contrecarrer les effets de la crise Covid-19, des perspectives de croissance à long terme, ainsi que des mesures fiscales et monétaires visant à faciliter les affaires et à sauvegarder les emplois. 

Selon Vidia Moonegan, président de BM, « Malgré un certain nombre de mesures encourageantes, la communauté des affaires reste en attente de mesures fortes pour relancer plusieurs secteurs importants de notre économie face à la crise.  Cela est essentiel pour protéger concrètement les entreprises et les emplois”.

Économie

La principale source d'inquiétude concerne une politique fiscale accrue qui fragilisera davantage les entreprises, tout en contribuant à freiner le développement et à menacer l’emploi.

Kevin Ramkaloan, CEO de l’association, a souligné que “la taxe sur le Revenu Brut risque d’être un frein à la relance et une taxe sur la réussite, qui pénalisera toutes les entreprises, qu’elles gagnent de l’argent ou pas”. Pour Business Mauritius, “cette taxe est un net obstacle à la croissance”.

La communauté des affaires est aussi inquiète par la forte augmentation du Solidarity Levy, qui monte notre pourcentage de taxation personnelle à 40% pour les Mauriciens à revenus élevés.  Tout en étant d’accord sur le principe de la solidarité, cette quintuple augmentation nous place à un niveau de taxation plus haut que celui d’économies développées telles que celles des États-Unis, du Canada, de la Nouvelle-Zélande ou de Singapore.  Il est aussi regrettable que ce Levy cause un manque d’équité entre étrangers et Mauriciens, le Solidarity Levy ne s’appliquant qu’aux Mauriciens.  Ce Levy risque aussi d’amplifier le « brain drain », car cela rendra un retour au pays moins attractif pour les talents mauriciens.

Au niveau des mesures à court terme apportées par le gouvernement, certains secteurs devraient bénéficier de plusieurs initiatives bien accueillies, principalement la construction, la manufacture locale et, dans une certaine mesure, celle destinée à l’exportation. Certaines mesures concernant les PME sont aussi positives.

Sur le long terme, des points positifs sont également à noter du côté du Business Facilitation. Les mesures d’ouverture aux investisseurs et talents étrangers à travers la fusion du Work Permit et du Residence Permit vont dans la bonne direction, selon BM. 

Plusieurs mesures budgétaires encourageantes pour l’ouverture de Maurice sur l’Afrique ont été commentées, tout en appelant à une meilleure collaboration entre les secteurs public et privé à ce propos.

Capital Sociale

Les charges pour les entreprises vont aussi encore augmenter avec l’introduction de la Contribution Sociale Généralisée (CSG), tandis que nombre d’entre elles ont du mal à sortir la tête de l’eau. “La réforme du système des pensions est nécessaire et aurait dû être lancée depuis longtemps.  Cependant la CGS ne correspond à une réforme de fond qui aurait était nécessaire.  Cela amènera une charge supplémentaire conséquente aux entreprises à un moment où celles-ci vivent une récession historique.  De plus, les entreprises se préparent déjà à l’introduction PRGF qui a déjà un cout substantiel sur les entreprises”, affirme Pradeep Dursun, COO de Business Mauritius qui regrette un manque de consultation à ce sujet.

Sur les lois du travail, Pradeep Dursun rappelle le besoin de flexibilité afin de permettre aux entreprises de gérer la situation de crise que nous traversons.  Par exemple, un cadre directeur pour le Work from Home aurait été salutaire.

Le support financier annoncé pour le chômage technique durant les 6 prochains mois a été bien accueilli.  Ceci contribuera à la sauvegarde de l’emploi dans les secteurs impactés. 

Développement durable et inclusif

Quelques avancées encourageantes ont été notées au niveau de l'économie circulaire, avec par exemple des mesures facilitant le tri, la gestion et la transformation des déchets.

Les mesures pour la transition énergétique auraient pu être soutenues par le BioMass Framework, qui a déjà deux ans de retard sur son implémentation.

Les mesures annoncées pour la sauvegarde de la biodiversité et le combat contre le changement climatique auraient de plus mérité une plus grande attention.

BM note aussi plusieurs mesures fortes visant à soutenir les plus vulnérables. L’association salue la démarche pour l’inclusion dans le registre social des familles en situation de pauvreté relative et souligne le besoin d’une étroite collaboration afin de déterminer les bons paramètres.

Secteurs de l’économie

Les « partner members » de Business Mauritius se sont ensuite relayés pour livrer des analyses rapides de l’impact potentiel du budget sur les différents secteurs de notre économie. Ils ont notamment évoqué le commerce et l’industrie, le tourisme, la manufacture, l’agriculture, le secteur des télécommunications, le secteur bancaire et la finance, l’assurance, la construction, l'éducation tertiaire et le transport, entre autres.

Hormis les secteurs de la construction et celui de la manufacture destinée au marché local et à l’export, les « partner members » de Business Mauritius sont en attente de mesures fortes pouvant soutenir les acteurs-clés de l'économie mauricienne.

Ils déplorent tous l’effet de la taxe sur le Revenu Brut qui pénalisera tout autant les entreprises qui ne font pas de profits, celles qui ont de gros chiffres d’affaires mais des marges très faibles, et celles qui doivent à tout prix rester compétitives sur le marché international.  Cela créé aussi des risques de distorsion sur le marché local, notamment pour les entreprises qui devront répercuter ces coûts sur le consommateur.

Conclusion

Vidia Mooneegan : « Dans le contexte exceptionnel causé par le Covid-19, il y a eu des choix difficiles à faire dans cet exercice du budget national 2020-2021. Nous réitérons notre souhait pour une collaboration accrue entre le public et la communauté des affaires afin de sortir de cette crise sans précédent, pour sauvegarder au maximum les entreprises et les emplois. »

 

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