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Budget 2018 - 19 : au cœur des familles

Budget 2018 - 19

Cette année, une équipe du Défi Media Group a choisi de se rendre chez quelques familles mauriciennes pour suivre avec elles le discours budgétaire de Pravind Jugnauth. Ambiance mi-figue, mi raisin chez la plupart d’entre elles. Leurs réactions…

Budget suivi en live sur la plateforme du Défi Media Group

La famille Diloo de Glen Park est une famille de classe moyenne. Tous travaillent à leur compte. Sharif, le père, est marchand de rotis à Port-Louis, le grand-père est retraité. En revenant du travail, ils ont suivi le budget sur le site du Défi Media Group, car à 15 heures, ils n’étaient pas à la maison.

« Je travaille depuis plusieurs années comme marchand de rotis. Le rabais de la bonbonne de gaz est très bénéfique pour nous. Les prix des rôtis et autres aliments n’augmenteront pas, comme dans les années précédentes. La classe ouvrière, habituée à manger dans des petites échoppes au coin des rues, en allant travailler, ne souffrira pas d’une hausse des prix.  Je suis soulagé qu’il n’y ait pas d’augmentation de prix concernant le transport et autres aliments », explique Sharif.

Nas, sa femme, explique qu’elle craignait un changement, à la hausse des prix du pain et du transport. « Cela nous aurait beaucoup affectés » dit-elle. Toutefois, elle déplore qu’il n’y ait pas eu de rabais sur les produits alimentaires, tels le thé et le lait.

« J’ai deux fils âgés de 17 et 18 ans. Ils ont suivi des formations techniques, mais ils sont toujours au chômage. À mon avis, le ministre des Finances aurait dû travailler sur des plans pour ceux ayant très peu de qualifications », suggère-t-elle.

En tant que retraité, Ahmid, père de Sharif, trouve la situation plutôt normale. Il explique que le changement des prix des carburants n’est pas dans son avantage. Malgré la baisse de quelques roupies, le fait demeure qu’il paie toujours plus cher qu’auparavant. Il s’insurge contre la mesure concernant le permis pour la motocyclette. « Mo ena 62 zan, mo pe bizin al tir permi Rs 9 000, ce ki pli ser ki mo mobilet ! »


Attentes d’un couple modeste : Pas de révision ni de la pension ni du salaire

Danand et Shobna

Danand, (62 ans), et Shobna (58 ans) ont trois enfants, tous adultes. Le père était receveur avant de prendre sa retraite. Quand le Grand argentier Pravind Jugnauth entame son discours budgétaire, il se cale sur son sofa pour prendre connaissance de ses propositions. Son attente principale : va-t-il augmenter la pension universelle ? Car à l’époque où il travaillait, il touchait un salaire oscillant entre Rs 20 000 et Rs 22 000 par mois. Maintenant, ses revenus se limitent à moins de la moitié de cette somme, soit Rs 9 000.

Vu son âge, Danand a du mal à se concentrer tout au long du discours. Parfois, il ronronne, avant de se concentrer sur la télévision.

Il nous livre ses impressions : il souhaite que la pension universelle soit augmentée, car il estime que les Rs 5 810 accordées par l’État sont insuffisantes pour ceux qui n’ont cette pension que pour seul revenu. « Beaucoup de personnes sont dans cette situation. Elles sont contraintes de travailler la soixantaine passée, beaucoup sont gardiens ou laboureurs, les femmes surtout. C’est triste de les voir quitter leur maison tôt le matin pour gagner leur vie à un âge où ils auraient dû jouir d’un repos bien mérité. Ces pauvres gens n’ont pas de choix », déclare-t-il.

Si son souhait n’est pas exaucé, il accueille avec joie la baisse du prix de la bonbonne de gaz ménager qui coûtera Rs 30 moins cher ; et la baisse des prix des carburants, même si elle est minime. En revanche, il reste sceptique quant aux autres mesures annoncées.

Son épouse n’est pas présente quand Pravind Jugnauth entame son discours. Quand elle rentre, après 16 h, elle nous sert du thé et des biscuits. Elle nous demande si le ministre des Finances a dit quelque chose sur le salaire minimum. Elle travaille depuis 11 ans chez un importateur de denrées de base et touche Rs 8 500. Elle attend que son salaire soit porté à Rs 10 000. C’était sa plus grande attente du Budget.


La famille Ramsamy : «Nous avions tendance à stresser à l’approche du Budget»

Ramsamy

Chez la famille Ramsamy à Eau-Coulée, suivre l’exercice du Budget est une tradition. Comme tous les ans, Treena et Kenny et leurs enfants Priscilla et Andy se réunissent au salon pour suivre cet événement en direct à la télé. Kenny, à peine sorti du bureau, prend place sur le canapé. Il est rejoint par son épouse. Les premières mesures annoncées touchant à l’économie n’intéressent pas trop la famille. L’une des mesures phares annoncées par Pravind Jugnauth et qui a fait réagir et l’hémicycle et la famille concerne les tarifs de l’eau : pas d’augmentation en vue. Un sourire de satisfaction se lit sur les visages. Cependant, l’enthousiasme est vite redescendu d’un cran.

Le Premier ministre a ajouté que ceux possédant une piscine et utilisant plus de 50 mètres cubes d’eau auront à débourser une somme additionnelle de Rs 500 mensuellemen. La baisse du prix de la bonbonne de gaz ménager a été accueillie avec joie, de même que les mesures prises concernant la sécurité routière. C’est une immense satisfaction, car ils sont tous les quatre des habitués de la route. 

Kenny, le père, se réjouit de ce Budget qui permettra à des familles de souffler un peu. « Lors des précédents exercices, la classe moyenne a souvent été piétinée et bousculée. C’est un Budget satisfaisant dans l’ensemble », dit-il. Il ajoute qu’à l’approche d’un Budget, il y a une certaine appréhension sur une  future hausse des prix. « Nous avons tendance à stresser à l’approche d’un Budget, mais à la fin, celui-ci réduit le fossé entre les classes sociales ».

Priscilla, l’aînée, vient d’entamer des études supérieures. Elle se réjouit des mesures prises par le ministre des Finances concernant les jeunes. « C’est bon de voir que des mesures sont prises pour réduire le taux de chômage chez les jeunes », confie-t-elle.