Brutalité Policière : Hans Juliette a reçu 14 coups de matraque
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La vidéo de l’arrestation musclée de Hans Emmanuel Juliette a fait le tour des réseaux sociaux. D’une durée d’environ 30 secondes, les deux séquences montrent le jeune homme au sol, dans un terrain encombré de tôles, de blocs et de débris, tandis qu’un policier, matraque en main, lui assène plusieurs coups violents.
Torse nu, Hans Emmanuel Juliette, se tord sous les coups. Il tente de se protéger. Mais incapable de se défendre, car menotté, il se retrouve à la merci de ce policier déchaîné qui lui assène, avec rage, pas moins de 14 coups de matraque. Les supplices du suspect ne freinent en rien ce déchaînement. Cette scène de violence gratuite se déroule sous les yeux des habitants, estomaqués. « Aryo ! Gete kouma pe tape », lance une voix féminine, sous le choc.
Cette violence ne laisse pas insensibles les autres policiers présents. « Eh ase.. ase ! Less li ! » lancent-ils à l’adresse de leur collègue. Ils réussissent avec difficulté à stopper cette agression. L’un des policiers se saisit de la matraque. Puis, l’accusé, blessé, est traîné sans ménagement jusqu’au véhicule de police. En quittant les lieux, les policiers lancent à l’adresse d’une habitante : « Madam pe filme la ». « Non », rétorque-t-elle avec force.
Mais le même jour, dans l’après-midi, cette scène choquante s’est propagée à vitesse grand V sur les réseaux sociaux, notamment Facebook et TikTok.
La famille Juliette s’indigne du traitement infligé à Hans Emmanuel. « Ban lapolis inn bat li boukou », raconte François, le père. C’est tôt jeudi matin que la police a fait une descente à son domicile, à la rue JSS, à Goodlands, pour l’arrêter. Hans Emmanuel était encore au lit lorsque les policiers sont arrivés. « San met enn linz lor li, zot inn tir li lor lili. Zot vini, zot pa tap laport, zot rantre. Zot inn fer brit ar li », ajoute François.
L’homme de 25 ans était recherché suite à une plainte pour agression avec une substance corrosive et pour ne pas s’être présenté en cour dans une affaire antérieure. Il a été conduit au poste de police de Goodlands. Mais selon son père, Hans Emmanuel aurait été victime de brutalité policière. « Banla inn tap li, linn sove akoz zot pe tap li, li pa pe kav », explique-t-il pour justifier la fuite de son fils du poste de police une fois sur place.
« Linn al kasiet kot so kamarad, zot inn bat li kouma bef, zot pa gagn drwa », a-t-il ajouté. Parlant de l’attaque, le papa du suspect dira : « Pa lasid sa. Inn sezi so portab ek so motosiklet akoz Rs 1 000 », ajoutant que le jeune homme a toujours coopéré avec la police.
Ricardo, un proche, ne cache pas sa colère non plus. « Nou pa bizin konn so defo. Lapolis pa kav bat dimounn menote. Ou bat li lor so latet kouma dir ou pe touy enn zanimo. Sa kalite kout matrak-la ! Tou dimounn inn trouve kinn arive. Nou pa dakor, nou anvi gagn lazistis », lâche ce dernier. « Eski linn gagn enn tretman ? Pa kone. Mo espere gouvernman konpran seki pe deroule, pran sa o serye », dit-il.
Hans Emmanuel Juliette est un visage bien connu de la police et de la justice.
En avril 2021, il est condamné pour la première fois pour « Larceny on Public Road », écopant d’une amende de Rs 1 000 après le vol de Rs 5 100. Quelques mois plus tard, en novembre, il est condamné à une semaine d’emprisonnement pour « Larceny being 2 in number », après le vol de trois sacs contenant des objets en aluminium d’une valeur de Rs 7 000. Le 14 décembre 2021, une nouvelle condamnation tombe : un mois d’emprisonnement pour le vol d’une batterie à Goodlands. Le 2 juin 2022, toujours devant le tribunal de district de Rivière-du-Rempart, Hans Emmanuel Juliette est reconnu coupable dans deux affaires distinctes de vol : la première lui vaut une semaine d’emprisonnement assortie d’une supervision policière d’un an, et la seconde, trois semaines d’emprisonnement. En mai 2024, pour le vol d’un téléphone cellulaire, il est placé sous une sentence de bonne conduite d’une durée d’un an.
En mars 2025, il est condamné à trois mois d’emprisonnement pour « Larceny » et « Illegal Trafficking in Stolen Goods ». Le même jour, il est également reconnu coupable pour la première fois d’un délit lié à la drogue, « Possession of Heroin ».
Officiellement, c’est une attaque à l’acide qui a conduit à l’arrestation de Hans Juliette, 25 ans, résident de l’avenue JSS à Goodlands. Mercredi 28 janvier, un maçon de 22 ans, domicilié à l’avenue Camélia, à Cité Ste-Claire, Goodlands, a relaté que la veille, vers 17 heures, alors qu’il était assis en bordure de route face à la maison de son beau-frère sur l’avenue JSS, il a été victime d’une attaque à l’acide.
Selon lui, l’agresseur circulait à motocyclette, de marque Aprilia. Il s’est arrêté à sa hauteur avant de l’asperger de la substance corrosive, touchant ses jambes et provoquant des brûlures. Le motocycliste a ensuite pris la fuite. Cette attaque semble liée à une affaire de fausse coupure de billet. La victime affirme que Hans Juliette aurait tenté de lui remettre une fausse coupure de Rs 1 000 qu’il a refusée.
Jorgan Jean Noël, 22 ans, affirme avoir été victime d’une agression à l’acide alors qu’il était assis au bord de la route. Les faits se seraient produits mardi dernier. Selon son témoignage, le suspect, identifié comme Hans Juliette, circulait à moto lorsqu’il se serait arrêté à sa hauteur. « Mo ti pe asize bor sime, linn pase lor motosiklet e linn avoy enn zafer lor mwa kouma dir lasid. » Le suspect a pris la fuite après son forfait.
Jorgan Jean Noël dit avoir ressenti des brûlures au niveau des jambes. « Mo lipie inn vinn rouz. Monn al dan sal debin pou met dilo. » Il a dû recevoir des soins à la Mediclinic de Goodlands.
Jorgan Jean Noël avait déjà eu un différend avec Hans Juliette. « Li ti gagn lager avek mo tonton, mo ti al met defans. Li pa ti dakor, kapav akoz sa mem linn gard vanzans. » Une vidéo de l’agression avec une substance corrosive circule sur les réseaux sociaux. Une enquête a été ouverte.
Dans un communiqué publié vendredi après-midi, les Casernes centrales ont indiqué avoir pris connaissance de la vidéo circulant sur les réseaux sociaux. La police y confirme l’arrestation d’un individu recherché sous mandat, impliqué dans une affaire d’agression à l’acide à Goodlands.
Selon le communiqué, après son interpellation, le suspect aurait tenté de s’enfuir des locaux de police, mais il a été rapidement rattrapé par les agents. Les faits font actuellement l’objet d’un examen conformément aux procédures internes en vigueur, précise la police, qui rappelle que l’enquête est déjà en cours.
Les Casernes centrales réaffirment leur engagement à agir dans le respect de la loi et des normes professionnelles.
« Ce n’est pas le maintien de l’ordre, mais de la violence », déplore l’avocate Prisca Perianen, membre de la commission contre la torture au sein de Dis-Moi. Selon elle, l’acte observé constitue un abus de pouvoir et non l’application de la loi.
Commentant la vidéo devenue virale depuis jeudi sur les réseaux sociaux, qui montre un policier en uniforme frappant un suspect, l’avocate insiste : les sanctions contre les hors-la-loi doivent être strictement conformes aux dispositions légales. « La justice se rend uniquement dans une cour de justice. Personne n’est au-dessus des lois », rappelle-t-elle.