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Bras de fer - Chagos : face aux Maldives, Maurice affirme une souveraineté «incontestable»

Par Patrick Hilbert
Publié le: 16 avril 2026 à 13:00
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muizzu
Le président maldivien Mohamed Muizzu revendique l’archipel des Chagos.

Port-Louis oppose une fin de non-recevoir aux Maldives, réaffirmant avec fermeté que la souveraineté de Maurice sur l’archipel des Chagos « ne peut plus être contestée » au regard du droit international.

Dans un communiqué émis par l’Attorney General Gavin Glover, le gouvernement rejette catégoriquement toute prétention maldivienne et s’appuie sur plusieurs décisions et instruments du droit international pour étayer sa position. « La souveraineté de la République de Maurice sur l’archipel des Chagos, y compris Diego Garcia, ne peut plus être contestée. »

Ce communiqué fait explicitement référence à une déclaration publiée le 13 avril 2026 par le ministère des Affaires étrangères des Maldives, intitulée « Maldives welcomes decision to pause handover of the Chagos Archipelago to Mauritius ». Dans ce texte, les autorités maldiviennes affirmaient notamment leur intérêt pour l’avenir de l’archipel, déclarant qu’elles « soulignent leur intérêt légitime pour le statut futur de l’archipel des Chagos et appellent le Royaume-Uni à rechercher une issue équitable, respectant les droits des Maldives et conforme au droit international ». 

Face à cette prise de position, le gouvernement mauricien « nie spécifiquement que les Maldives aient une quelconque revendication légale à l’égard de l’archipel des Chagos, y compris Diego Garcia ». Pour appuyer cette affirmation, le communiqué énumère plusieurs décisions majeures en droit international. Il est ainsi rappelé qu’« En vertu du droit international, Maurice détient la souveraineté pleine et entière et demeure le seul État côtier de l’archipel des Chagos, y compris Diego Garcia. Cette position a été confirmée par le Tribunal international du droit de la mer (TIDM) lors du litige sur la délimitation des frontières maritimes avec les Maldives, dans ses arrêts de 2021 et 2023 ».

Avis de la CIJ

Le texte évoque également l’avis consultatif de la Cour internationale de Justice rendu le 25 février 2019. Selon le communiqué, la CIJ a conclu, « dans son avis consultatif du 25 février 2019, que la souveraineté de Maurice sur les Chagos découle directement du processus de décolonisation du pays, lequel ne peut être considéré comme achevé sans l’intégration de l’archipel ».

Par ailleurs, le gouvernement mauricien souligne la portée de la résolution 73/295 de l’Assemblée générale des Nations unies, adoptée en mai 2019, qui « a exigé que le Royaume-Uni retire son administration sur l’archipel des Chagos dans les six mois de son adoption ».

Enfin, le communiqué met en avant l’accord conclu le 22 mai 2025 entre Maurice et le Royaume-Uni. Celui-ci, selon les autorités mauriciennes, établit clairement la position de Port-Louis : « dans l’Accord du 22 mai 2025 entre Maurice et le Royaume-Uni, il est déclaré sans équivoque que Maurice a la pleine souveraineté sur l’intégralité de l’archipel des Chagos, y compris Diego Garcia. »

Cette réponse intervient dans un contexte marqué par la décision, il y a quelques jours, du Royaume-Uni de suspendre le processus de rétrocession de l’archipel à Maurice. La semaine dernière, Londres a annoncé geler le processus de transfert de souveraineté, précisant que la gouvernance de l’archipel, qui comprend la base militaire de Diego Garcia utilisée par le Royaume-Uni et les États-Unis, ne serait pas transférée sans l’approbation de Washington.

Dans ce contexte, les Maldives ont salué la décision britannique, estimant qu’elle ouvrait la voie à une reprise des discussions. Dans son communiqué, le ministère des Affaires étrangères maldivien indique que cette décision « offre une opportunité de relancer les discussions » et réaffirme que le pays « a un intérêt légitime dans l’avenir et la gouvernance de l’archipel ».

Les autorités maldiviennes appellent également le Royaume-Uni à « respecter les droits des Maldives, privilégier la stabilité régionale et avancer conformément au droit international et dans l’intérêt de la durabilité de la région de l’océan Indien ».

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