Bonne gouvernance, lutte contre la drogue et nominations : Bérenger dénonce des engagements non respectés
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Defimedia.info
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Lors d’une conférence de presse tenue ce mercredi, Paul Bérenger est revenu en détail sur les raisons qui l’ont poussé à démissionner de son poste de Vice-Premier ministre vendredi dernier. Dans une précédente intervention, il avait évoqué des sujets qu’il ne pouvait révéler étant encore au gouvernement, indiquant qu’il s’exprimerait davantage après les célébrations du 12 mars. Ce matin, le leader du MMM a dressé un réquisitoire sévère contre la gouvernance actuelle, évoquant un manque de rigueur dans les nominations, des engagements non respectés et des dossiers jugés prioritaires laissés en suspens.
Nominations controversées et perte de confiance
D’emblée, Paul Bérenger a dénoncé la qualité des nominations effectuées à la tête des corps parapublics et des institutions bancaires gouvernementales. Selon lui, plusieurs personnes nommées ne seraient pas qualifiées, tandis que d’autres seraient animées d’intentions douteuses.
Il s’est notamment attardé sur la nomination à la tête des prisons, qu’il a qualifiée « d’horrible ». Il affirme avoir, à plusieurs reprises, mis en garde le Premier ministre, Navin Ramgoolam, contre la nomination de Dev Jokhoo. Selon lui, les événements survenus par la suite - notamment des émeutes et un décès en détention - auraient été « couverts ». Il estime que la lumière sera faite avec la commission d’enquête présidée par Paul Lam Shang Leen.
Trafic de drogue
Le leader du MMM a également évoqué la problématique de la drogue, se disant inquiet face à la progression des substances synthétiques, en particulier chez les jeunes. Il a salué le travail entamé par l’Anti-Drug and Smuggling Unit (ADSU), tout en soulignant que des moyens supplémentaires doivent être accordés à son nouveau responsable, notamment en termes de grade et de ressources.
« Finn nomme enn dimoune ki pena grad à la tête l'ADSU. Donn li so grad ek les outils pou li kapav fer travay la », a-t-il martelé.
Il a par ailleurs pointé du doigt la prison de Melrose comme étant un lieu où le trafic de drogue serait particulièrement répandu.
Selon Paul Bérenger, le gouvernement a perdu trop de temps pour agir contre le trafic de drogue dans le pays.
Air Mauritius : « un patrimoine en danger »
Très critique sur la gestion d’Air Mauritius, Paul Bérenger a évoqué un épisode survenu le matin même, concernant une délégation des Comores qui n’aurait pas pu obtenir de rendez-vous avec la compagnie nationale. Il y voit un signe de dysfonctionnement grave.
Estimant que la compagnie « va droit au crash », il a regretté que ses recommandations n’aient pas été suivies, notamment celle de nommer Megh Pillay à la tête d’Air Mauritius pour redresser la situation. Selon lui, cette nomination aurait ensuite été sabotée, illustrant un « manque de parole donnée ».
Réformes électorales et promesses non tenues
Sur le plan politique, Paul Bérenger a exprimé sa méfiance quant à la mise en œuvre de la réforme électorale. Bien qu’un accord de principe ait été trouvé avec Navin Ramgoolam, il déplore les délais accumulés et l’absence de fermeté face à certaines voix opposées au sein du Parti travailliste.
Il a indiqué qu’il suivra désormais ce dossier en dehors du gouvernement, tout en rappelant qu’il s’agit d’un engagement important.
Injustices et lenteur dans les corrections
L’ancien Premier ministre adjoint a également dénoncé le peu d’avancées dans la correction des « injustices » héritées du précédent régime du Mouvement socialiste militant (MSM). Il a cité des cas concrets, notamment celui d’un proche du MMM privé d’un terrain de chasse par l’ancien régime. La propriété en question aurait été remise à un travailliste. Toutefois, la promesse du Premier ministre de remédier à cette situation n’aurait pas été tenue.
« Bann bon kitsoz ki ti bizin fer pou redresse bann injustices, pe fer bien tigit », a regretté l’ancien Premier ministre adjoint.
Le port, un enjeu vital
Enfin, Paul Bérenger a insisté sur l’urgence de moderniser le port, qu’il considère comme « le poumon de l’économie mauricienne ». Il a averti que Maurice accuse un retard préoccupant face à des concurrents régionaux comme le port de Port de Toamasina (Tamatave).
« Bizin aplike plan ki Conseil des ministres finn approuve. C’est enn kestyon de vie ou de mort », a-t-il conclu.
En conclusion, Paul Bérenger a laissé entendre que sa démission découle d’une accumulation de désaccords profonds avec la gestion gouvernementale, marquée selon lui par des promesses non tenues, un manque de vision stratégique et une perte de confiance.