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[Blog] L’élan magnifique d’un grand nombre…L’éveil écologique de la population

La solidarité mauricienne au Mahébourg Waterfront pour la fabrication des barrages flottants pour contenir la propagation du fioul du Wakashio n'est pas passée inaperçue

Le bulletin de Democracy Watch Mauritius du 20 août comporte trois items :

•        L’élan magnifique d’un grand nombre…L’éveil écologique de la population
•        Wakashio, celui qu’on n’attendait pas
•        Marée visqueuse sur …SUS Island  mais restons zen car …tout va très bien…
 


                   
L'élan magnifique d’un grand nombre…L’éveil écologique de la population.

Texte : Sur une note plus positive, vous attendiez-vous à pareil élan de solidarité de Mauriciens pour sauver nos lagons ?(Interview de M. Atchia, Star, du 16.8.2020)                                                            

Commentaire : Cela devient une glorieuse caractéristique de Maurice, à savoir que, dans des moments de crise, on se  porte promptement volontaire, on s’unit pour les surmonter et aider  autrui. Nous proposons même cela pour nos manuels scolaires comme une spécificité louable  de notre peuple. TROIS exemples à souligner :

•         Pendant la Seconde Guerre mondiale (1939-45), alors que l’approvisionnement en denrées de base (riz, farine, huile comestible) se faisait rare, il y eut un élan national pour planter de manière optimale des cultures vivrières, surtout dans les arrière-cours, les récolter et les partager, sans oublier les espaces publics. Ainsi, racontent des anciens, on cultiva même de la patate devant le Collège Royal de Curepipe.

•         Dans les années 1960, après des cyclones dévastateurs (Alix, Carol, Jenny) nous avons formé les  COMPAGNONS BATISSEURS. Pendant des mois, sinon des années, des milliers de jeunes et moins jeunes  aidèrent à reloger ceux dont les cases avaient été détruites ou endommagées. L’élan lancé ne s’éteint pas.

•    En 1968 après les bagarres raciales, la solidarité de très nombreux Mauriciens pour le relogement et surtout pour  assurer  la réconciliation entre nous, rebâtir la nation mauricienne.

•    Et en 2020, l’élan magnifique d’un grand nombre pour construire des booms et autres bouées de fortune, nettoyer le fioul hélas répandu dans le lagon. Réel  réveil écologique de la population. Wakashio, un mal pour un bien, comme concluent certains. Dès 1977, nous avons introduit l'étude de l’environnent dans nos cursus scolaires. L’action positive des ONG  et cet élan de volontariat écologique sont  des présages favorables pour un avenir plus fraternel…Le nôtre.

Sur le plan de l’écologie et de l’économie, cette crise a potentiellement une grande incidence négative sur le tourisme, secteur déjà affecté par la Covid-19. Mais peut-être aussi une opportunité car le pays MAURICE a été projeté sur des medias mondiaux influents. Ils ont présenté notre île comme une « victime » d’une catastrophe écologique marine. Nous récoltons conséquemment un mouvement de sympathie plutôt réconfortant. COVID FREE ISLAND demeure très attrayant. Tout dépend de dispositions sanitaires pouvant efficacement protéger habitants et visiteurs et nous garder à l’abri d’une seconde vague  pandémique toujours redoutée non sans raisons.


Wakashio, celui qu’on n’attendait pas

Le vraquier Wakashio pénètre dans nos eaux territoriales. Il échoue, le 25.7.2020, sur nos récifs à Pointe d’Esny et déverse des tonnes d’hydrocarbure dans nos lagons, causant une catastrophe écologique sans précédent à Maurice. Il s’est dramatiquement brisé en deux, le 15.8.2020.

La colère parmi la population ne cesse de gronder pour atteindre notre diaspora, nos amis à l’étranger, la presse mondiale, les réseaux sociaux, les gouvernements amis et les organisations internationales. Toutefois, cette légitime colère a été tempérée par l’action citoyenne qui préconise que le temps est au nettoyage de nos eaux polluées et qu’il faut garder la colère pour après-demain.

Nous avons été témoins d’un immense mouvement de solidarité de  milliers de volontaires voulant promptement nettoyer nos plages et lagons, même  avec des moyens de fortune. Ces images, transmises par la presse locale et internationale, font vibrer la fibre patriotique de tout un peuple. Le nôtre.

Nous n’avons aucunement  l’intention de faire le procès de la bonne gouvernance, sans disposer des conclusions d’une enquête indépendante et fiable. En ce moment, il y a plusieurs enquêtes menées localement par la police, les services maritimes, des experts locaux et étrangers, des journalistes et même des gouvernements plus ou moins amis à travers leur ambassade sur place. Une enquête indépendante est absolument nécessaire. Il faut connaître la vérité sur plusieurs aspects de ce naufrage :

1. Que font les autorités mauriciennes quand le Wakashio entre sans permission dans nos eaux territoriales ?

2. Qui sont ceux qui en sont informés en premier lieu ?

3. Quand est-ce que notre Premier ministre en est averti et par qui ? 

4. Quelle est la séquence des décisions ministérielles prises ?

5. Qui est le responsable de la stratégie gouvernementale à adopter devant pareil désastre ? 

6. Pourquoi ce délai inadmissible de 12 jours, sans actions de mise en sûreté et de prévention, malgré les nombreuses réunions  de haut niveau ?

La liste est longue mais il suffit de rappeler à nos dirigeants que leurs décisions seront analysées et commentées par des pays étrangers et des organisations internationales. Il y a pire que la pire marée noire : notre présence sur toute liste noire faisant autorité. Le ministre français de  l’Outre-mer, Sébastien Lecornu, dépêché chez nous le 16.8.2020  par le président Macron, nous a livré quelques-unes de ses observations. Ce navire, échoué à Pointe d’Esny, dans des conditions plutôt « inexplicables et invraisemblables », suscite forcément  une vive émotion. Il souhaite que le gouvernement mauricien prenne des décisions réfléchies quant à l’éventuel sabordage de l’épave du Wakashio. Il ajoute, sinon précise, que la Réunion risque d’être affectée par des boulettes d’hydrocarbure.

Nous voilà d’avance prévenus. Gare à toute boulette de notre part. Il a aussi fait part de l’intention du gouvernement français d’envoyer des experts. Ils pourraient déposer dans le cadre d’une enquête indépendante visant à faire connaître toute la vérité au sujet de cette catastrophe et cela à plusieurs niveaux.

Democracy Watch salue l’effort formidable de tous ceux qui ont mis la main à la pâte, Nous pensons plus spécialement à ces milliers  de volontaires. Nous attendons de pied ferme l’institution d’une Commission d’enquête de haut niveau, indépendante et surtout crédible, avec des attributions élargies, pour faire la lumière attendue sur cette catastrophe humaine. Il n’y a pas d’alternative si nous voulons éviter toute récidive aussi catastrophique.


Marée visqueuse sur …SUS Island  mais restons zen car …tout va très bien…    
 
Textes : Embarras du choix dans la marée de messages internautes et  médiatiques, y compris atermoiements ministériels, télévisuels, monopolistes,  concernant les méfaits d’une injustifiable inaction officielle initiale (Divers supports médiatiques entre 26.7. et 17.8.2020)
Commentaire : Devant pareille avalanche, abritons-nous et séparons bon grain de l’ivraie. Recyclons surtout en ceci  ce qui peut l’être.

D’abord l’inaction officielle initiale. Jay Hurlall, pêcheur connaissant le Grand-Port, bien que ne se prétendant pas expert (L’Express du 17.8.2020) : « Il fallait coûte que coûte maintenir le Wakashio dans sa position initiale, la proue sur le récif et la poupe affrontant vents et houles du sud-est ». Des connaisseurs de la chose maritime prétendent que nous avons le nécessaire pour cela (remorqueurs mêmes portuaires et ancrages).Nous saurons gré à ceux, ayant charitablement averti les autorités concernées, dès le 26.7.2020, de se faire connaître. Capital et précieux pourrait être leur témoignage devant le tribunal de l’opinion publique. Nous avons le droit, à ce sujet,  de savoir la vérité, toute la vérité, rien que la vérité.

Il a fallu que l’huile lourde pollue irrémédiablement le Grand-Port et au-delà, en attendant l’île-sœur pour que cessent des Fake News officiels : Aucun risque de marée noire car Government decides. Nous n’entérinerons pas les propos d’un quidam alléguant qu’inaction initiale pourrait se justifier par une quête inconsidérée de boutte juteux à exploiter. Pas forcément espagnol.  D’autres allèguent même une promptitude supérieure si seulement il y avait des coffres-forts à bord du rafiot.

Goutte d’eau faisant déborder le vase : un don nippon valant une centaine de millions. Qu’est-ce comparé aux milliards miroitant déjà,  sans parvenir à dépolluer entièrement Grand-Port et environs, île-sœur comprise, pour ne rien dire des dizaines de milliers d’emplois de nouveau en péril ? Apparemment les intérêts des proprios nippons du Wakashio pèseraient d’un poids supérieur, aux yeux de Port-Louis,  que notre écosystème défiguré et ces emplois menacés…
Fake-News aussi peut-être que l’obsession officielle de s’abriter derrière de prétendues mauvaises conditions climatiques. Nous savons qu’une mer d’huile prévaut désormais sur Grand-Port et environs, lagon grand pour rien. Les riverains de Ruisseau des…Créoles en savent quelque chose.

Mais nos dirigeants ont intérêt à se méfier d’experts environnementaux de dernière heure. L’un d’entre eux propose même des balles-couleur pour enluminer cette marée noire.
Paveen Kumar Mareshnwar (patronyme fictif), lui aussi seul maître à bord après qui vous savez, déclare, pour ne pas dire blasphème : Bon-Dié ki responsable (Week-End du 16.8.2020)…Fake-News que cela : Bon-Dié  zamais responsable…Dimounn ki responsable… quand ils violent impunément Mère-Nature. Du haut de ses millions d’années locales, elle nous contemple  et pleure sur notre irresponsabilité. Ses larmes appellent un surcroît de sagesse et de respect écologique de la part de chacun d’entre nous, en commençant par les plus haut perchés.

Plus esclave que jamais notre population…Ses nouvelles chaînes s’appellent « impitoyables décrets liberticides peu policés et autres restricted areas »…On nous matraque incessamment cela…Sans oublier d’onéreuses amendes. Mêmes les volontaires, pourtant plus patriotes qu’opposition, à en croire la propagande ministérielle, finissent par devenir indésirables.
N’imitons surtout pas Libanais et Biélorusses réclamant un autre gouvernement…Nous pourrions hériter pire. Critiquer le gouvernement en place c’est toujours critiquer notre plébiscite du 7.11.2019 avec une majorité de 37%

Gardons espoir. Le Saint-Géran, pareillement naufragé, n’assure-t-il pas notre renommée universelle ?  Qui sait… Un singe errant honorablement pourrait nous revaloir semblable bonheur. Pire que toute marée noire, demeure notre incapacité notoire, surtout majoritaire, de plébisciter enfin un gouvernement compétent, soucieux prioritairement du bien commun que nous devrons léguer aux enfants de nos enfants. Ne soyons pas démesurément sévères. Concédons qu’il n’est guère aisé de bien gouverner avec un vase suspendu sur la tête. Remplaçons plutôt Sus-Island par Tout va très bien madame la Marquise…  



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