Publicité

[Blog] ÉDITORIAL CEO - Les emplois autour du cloud : ce que le partenariat avec AWS peut apporter à Maurice

Par Guest .
Publié le: 25 July 2026 à 10:49
Image
Le  chef du gouvernement, Navin Ramgoolam était présent au allmyt Summit le 16 juillet dernier  pour la signature de l’accord entre Mauritius Telecom et Amazon Web Services.
Le chef du gouvernement, Navin Ramgoolam était présent au allmyt Summit le 16 juillet dernier pour la signature de l’accord entre Mauritius Telecom et Amazon Web Services.
  • Par Veemal Gungadin, Chief Executive Officer,  Mauritius Telecom

Le 16 juillet, sur la scène du allmyt Summit et en présence du Premier ministre, le Dr Navin Ramgoolam, Mauritius Telecom et Amazon Web Services (AWS) ont signé un protocole d’accord.

Au-delà de la signature, ce partenariat ouvre une question essentielle pour notre pays : comment Maurice peut-il utiliser les capacités mondiales du cloud et de l’intelligence artificielle pour développer ses compétences, transformer ses entreprises et créer de nouvelles perspectives d’emploi ?

L’enjeu n’est pas simplement de donner accès à davantage de technologies. Il est de permettre aux Mauriciens de les maîtriser, de les adapter à nos réalités et de construire, à partir de Maurice, des solutions qui pourront également servir la région.

Pourquoi ce partenariat 

Commençons par la logique. AWS investit depuis vingt ans des dizaines de milliards de dollars dans la recherche, les infrastructures et plus de deux cents services technologiques. Aucun pays de notre taille ne peut reproduire seul l’ensemble de ces capacités. Prétendre le contraire serait de la bravade, pas de la stratégie.

La vraie question n’est donc pas de savoir qui construit la technologie de base. Elle est de savoir qui construit de la valeur au-dessus.

Une compagnie aérienne ne fabrique pas ses avions. Elle bâtit tout ce qui fait la différence autour : son réseau, ses services, son expérience client et ses opérations.

C’est exactement notre choix. Ce partenariat n’est pas simplement une vente de technologie à Maurice. Il doit permettre à Maurice de construire son propre avenir numérique en s’appuyant sur des capacités technologiques mondiales.

Le protocole d’accord, en clair

Le protocole d’accord s’articule autour de quatre piliers : rapprocher de Maurice les capacités mondiales du cloud et de l’intelligence artificielle, accompagner la transformation du secteur public et des entreprises, préparer 50 000 Mauriciens à l’économie de l’IA, et aider les idées mauriciennes à rayonner au-delà de nos frontières.

Il doit permettre de mettre en place des programmes de formation et de certification, d’accompagner les entreprises et les institutions publiques, et d’établir un cadre permettant d’explorer le déploiement d’infrastructures cloud plus proches des utilisateurs mauriciens.

Il est également important de préciser ce qu’un protocole d’accord ne garantit pas encore. Il ne constitue ni un investissement confirmé dans une infrastructure locale, ni une promesse d’emplois automatiques. Chaque nouvelle étape devra faire l’objet d’accords, de projets et, le cas échéant, d’annonces spécifiques.

Les prochaines étapes comprendront les premières cohortes de formation, l’élaboration de la feuille de route du cloud gouvernemental avec le ministère des Technologies de l’information, de la Communication et de l’Innovation, ainsi que le développement de premiers cas d’usage au sein des entreprises.

C’est ainsi que nous passerons progressivement de l’accord à l’exécution, puis de l’exécution à la création de valeur.

Une première concrétisation : la formation gratuite

Voici un premier élément concret. Dans le cadre de ce partenariat, AWS mettra à disposition ses contenus de formation et ses certifications gratuitement pour le programme destiné à préparer 50 000 Mauriciens à l’économie de l’intelligence artificielle.

Il faut mesurer ce que cela signifie : des parcours et des certifications reconnus mondialement, suivis par des ingénieurs cloud à Singapour, à Londres ou au Cap, pourront devenir accessibles sans frais à nos enseignants, à nos élèves, à nos professionnels et aux personnels du secteur public.

Pour une famille mauricienne, une certification internationale de ce type pouvait représenter un investissement important. Demain, le principal investissement requis sera l’effort d’apprendre.

Où naissent les emplois

Soyons précis sur les emplois, car c’est le sujet qui compte.

Un protocole d’accord ne crée pas d’emplois. Un écosystème en crée.

Autour de chaque grande plateforme cloud se développe une économie de partenaires : architectes cloud, ingénieurs logiciels et données, spécialistes de l’intelligence artificielle et de la cybersécurité, consultants en migration, équipes de services managés, formateurs et créateurs de solutions métiers.

Les recherches citées par AWS au niveau mondial indiquent que les dépenses réalisées auprès des partenaires et des prestataires qui gravitent autour du cloud peuvent largement dépasser les dépenses directes consacrées aux services cloud.

Ce multiplicateur n’est pas garanti pour Maurice. Il se construit.

Notre travail est précisément de développer les entreprises, les compétences et les projets locaux qui permettront à Maurice de capter une partie croissante de cette valeur.

Notre ambition change également l’échelle du raisonnement : les Mauriciens que nous formons ici n’ont pas vocation à servir uniquement le marché mauricien.

Notre objectif est que Maurice devienne une base de compétences et de services pour la région SADC. À mesure que le réseau de partenaires se développe dans le pays, l’ambition partagée avec AWS est que les déploiements de solutions dans la région puissent s’appuyer sur des équipes basées à Maurice.

Former à Maurice, servir la région.

C’est ainsi qu’une île de 1,3 million d’habitants peut penser au-delà de son marché domestique. C’est aussi le sens de notre stratégie visant à faire de Maurice un pont entre l’Afrique et l’Asie.

Pourquoi la formation seule ne suffit pas

Je veux néanmoins être clair sur un point que Jyoti Ball, directrice générale d’AWS pour l’Afrique subsaharienne, a elle-même souligné lors du allmyt Summit : le cercle vertueux des compétences ne fonctionnera que si les entreprises technologiques, les universités et les employeurs créent des débouchés réels pour les personnes formées.

Cinquante mille personnes formées, ce n’est pas la ligne d’arrivée. C’est la ligne de départ.

Il faudra des projets réels, des marchés publics ouverts à l’innovation, des entreprises prêtes à adopter ces technologies et des employeurs disposés à recruter les compétences ainsi développées.

C’est une responsabilité collective.

Mauritius Telecom prendra sa part. Nous recruterons ces compétences, nous serons un premier client des solutions locales et nous offrirons une plateforme à celles et ceux qui construisent.

Ce que Mauritius Telecom fera

Nos engagements sont ceux que nous avons confirmés.

Nous porterons le volet éducatif à travers myt Learn, auprès des enseignants et des élèves de Grade 9, y compris à Rodrigues.

Nous contribuerons, avec AWS, à la formation des professionnels du secteur privé et des personnels du secteur public.
Nous accompagnerons la transformation cloud des entreprises et continuerons à développer l’écosystème local, depuis les entreprises technologiques en croissance qui ont présenté leurs solutions au allmyt Summit jusqu’aux modèles, agents et ressources référencés sur le Mauritius AI Registry.

Notre rôle sera de relier les compétences aux opportunités, les idées aux infrastructures et les solutions mauriciennes à des marchés plus larges.

Transformer l’opportunité en emplois

La valeur de ce partenariat ne résidera pas dans la signature elle-même, mais dans ce que Maurice choisira d’en construire.

Si nous parvenons à transformer les compétences acquises en projets, les projets en entreprises et les entreprises en services capables de rayonner dans la région, le cloud et l’intelligence artificielle pourront devenir de nouveaux moteurs d’emploi, d’innovation et d’exportation pour notre pays.

Maurice a déjà démontré, à plusieurs reprises, sa capacité à se réinventer et à se positionner dans de nouveaux secteurs.
L’enjeu est aujourd’hui de réussir une nouvelle transition : ne pas être uniquement un consommateur des technologies mondiales, mais devenir un pays qui les maîtrise, les adapte et crée de la valeur à partir d’elles.

Mauritius Telecom entend pleinement jouer son rôle dans cette ambition : former, adopter, ouvrir des opportunités aux talents locaux et aider les solutions mauriciennes à franchir nos frontières.

C’est ainsi que ce partenariat pourra contribuer à créer, à Maurice, les compétences, les entreprises et les emplois de demain.

Veemal Gungadin est Chief Executive Officer de Mauritius Telecom. Le protocole d’accord entre Mauritius Telecom et AWS a été signé le 16 juillet 2026 au allmyt Summit, en présence du Premier ministre, le Dr Navin Ramgoolam.
 

Quelle est votre réaction ?
Publicité
Translate to creole
Désactivé
À LA UNE