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Blé, riz et haricots secs : le risque de pénurie se profile

Le marché des grains secs pourrait être perturbé dans les mois à venir.

Les principaux importateurs mauriciens de produits alimentaires de base sont inquiets. Les volumes disponibles de blé, de riz et de haricots secs devraient diminuer sur le marché mondial dans les prochains mois. Ces denrées se vendront alors au prix fort.

«Certains produits de consommation risquent de ne pas être disponibles sur le marché », a averti le Premier ministre dans la soirée de mercredi, lors de l’inauguration du Réduit Sub Hall. Pravind Jugnauth n’a pas précisé quels produits. Cependant, les principaux importateurs du pays croient savoir qu’il fait référence au blé, au riz et aux haricots secs.

Jayen Veerapen, directeur de J.M. Veerapen Ltd, observe que « chaque pays est en train de préserver des denrées alimentaires pour sa population. Par exemple, la Malaisie vient de mettre un embargo sur l’exportation de ses poulets. » C’est toutefois le blé qui suscite la plus forte inquiétude à l’échelle planétaire. La guerre entre la Russie et l’Ukraine crée un énorme déficit en céréales sur le marché mondial. Dans le même temps, l’Inde, deuxième pays producteur derrière la Chine et devant la Russie, vient d’interdire l’exportation de son blé (sauf autorisation spéciale du gouvernement) en raison d’une baisse de production. Et ce n’est pas la France, qui subit la sécheresse, qui pourra aider à ramener un équilibre.

« Ainsi, dans les mois à venir, on aura du souci à se faire. L’État mauricien a un contrat avec les Moulins de la Concorde pour la fourniture de blé. Cette compagnie a un stock pour quelques mois mais elle est aussi soumise à la loi du marché », dit Jayen Veerapen.

Selon lui, « plusieurs variétés de haricots secs devraient également manquer sur le marché mondial », notamment parce que la production de l’Ukraine est à l’arrêt. « Il faut attendre la prochaine récolte d’autres pays, qui est prévue pour novembre. D’ici-là, une chose est sûre, ce sont ceux qui pourront payer cher qui auront les produits. »

En cette période difficile, poursuit Jayen Veerapen, le Premier ministre devra jouer la carte de la diplomatie avec les amis tels que l’Inde. « S’il y a une pénurie et que la Grande péninsule nous aide, ce sera déjà bien », estime-t-il.

Altaaf Damree, directeur général d’Ashfaaq and Co Ltd, partage les mêmes craintes. « L’Ukraine est un gros producteur de ‘dholl petits pois’ et en ce moment, il y a un manque sur le marché. L’Australie en produit aussi mais le prix n’est pas le même et le délai de livraison est plus long. Le blé va aussi se faire rare d’ici la fin de l’année », avance-t-il. Selon lui, si la guerre en Ukraine continue, le préjudice sera énorme pour Maurice comme pour beaucoup d’autres pays.

En ce qui concerne le riz basmati, il explique que c’est la récolte de l’an dernier qui se vend actuellement. « La prochaine récolte aura lieu en octobre mais s’il se passe la même chose qu’en 2021, soit une baisse de 40 % de la production en raison d’une sécheresse, le prix va encore flamber », prévient-il. Pour le moment, le riz arrive normalement à Maurice, ajoute Anand Ajodha, directeur de Funny Traders, « Le seul problème, c’est qu’en raison des perturbations sur les lignes maritimes, il y a du retard dans la livraison. »

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