Faits Divers

Blanchiment d'argent : James Mulvey, un trafiquant de drogue international condamné

Le caïd britannique James Mulvey, qui est soupçonné de blanchir son argent dans l’offshore mauricien, a été condamné pour trafic de drogue le mercredi 13 juin à une peine de 32 ans de prison. Il a été trouvé coupable par la justice britannique d’avoir monté une entreprise de transports qui lui a servi de couverture pour faire de l’import/export de stupéfiants, notamment de la cocaïne et du gandia, à travers l’Europe. 

Les stupéfiants étaient dissimulés dans des volets métalliques ou autres produits. Ce quadragénaire a été démasqué à l’issue d’une enquête menée deux ans durant par la National Crime Agency (NCA) britannique à la suite d'un tuyau d’un de ses salariés. Au moins 150 enquêteurs de cinq pays ont été assignés comme témoins devant la Birmingham Crown Court pour décortiquer le réseau du caïd. La NCA a sollicité l’aide la Financial Intelligence Unit (FIU) mauricienne depuis 2015 pour l’aider à voir clair dans ses transactions à travers la société Black River Trust. 

Rien qu’entre 2006 et 2007, James Mulvey a transporté 364 kilos de gandia et 20 kilos de cocaïne entre la Belgique, la Grande-Bretagne, l’Irlande et les Pays-Bas. Il a effectué 14 opérations de ce type pour des stupéfiants valant 68 millions de livres, soit l’équivalent de Rs 1,6 milliard. 

Tel un fantôme, il n’avait aucune adresse connue et n’utilisait pas de cartes bancaires. Il vivait dans sa villa de Rs 163 millions en Espagne, descendait dans des hôtels 5-étoiles et a blanchi au moins Rs 707 millions à Maurice, Monaco et l’Île de Man, selon l’enquête de la NCA. 

Les documents et autres donnés informatiques saisis au siège de la Black River Trust, à Rivière-Noire, l’an dernier au même moment où il était arrêté par les forces spéciales en Lituanie, devront servir contre James Mulvey pour le procès pour blanchiment qui sera institué contre lui. Deux des directeurs de la société sont le Britannique David Gaskell et l’avocat mauricien Penny Hack. Ce dernier dément tout maldonne et explique que la société a effectué un exercice de « due diligence » autour de ses 150 clients. En tout cas, plusieurs des comptes en banque du caïd ont été bloqués à Maurice.