Biens de l’État : le processus de vente des Casinos de Maurice relancé
Par
Patrick Hilbert
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Patrick Hilbert
PwC a été mandatée pour structurer la vente des participations de l’État dans Casinos de Maurice, lourdement déficitaire. Ce qui relance un processus de privatisation maintes fois avorté.
PricewaterhouseCoopers (PwC) a été mandatée pour accompagner la cession des parti-cipations détenues par l’État dans les casinos exploités par Casinos de Maurice. L’annonce, formalisée dans un document d’opportunité d’investissement, intervient dans un contexte de difficultés financières persistantes de l’entreprise publique.
Casinos de Maurice, détenue majoritairement par l’État via la State Investment Corporation (SIC), opère plusieurs établissements de jeux stratégiquement situés à travers l’île. Ces casinos, dont le casino du domaine Les Pailles, font partie du paysage depuis 1984. Les offres d’intérêt doivent être soumises au plus tard le 15 août.
Selon le document de PwC, « cette opportunité d’affaires offre à une partie intéressée la possibilité d’élargir et de diversifier ses activités, tout en tirant parti d’un secteur du divertissement et de l’hôtellerie en pleine croissance ».
Le gouvernement a pris la décision de se désengager de ces actifs dans le cadre d’une stratégie plus large de rationalisation des participations publiques. Le 5 mai dernier, le Premier ministre Navin Ramgoolam a informé l’Assemblée nationale que Casinos de Maurice avait accumulé près de Rs 2 milliards de pertes entre 2015 et 2025. Il a décrit le modèle d’affaires actuel comme « obsolète » et souligné que l’État ne pouvait plus supporter durablement cette situation. Il nous revient que le Conseil des ministres a validé le recours à PwC pour structurer un processus de cession phasé, visant à alléger le fardeau financier pesant sur les finances publiques, tout en préservant, si possible, l’emploi et l’activité liée à ces établissements.
Sur les deux dernières décennies, Casinos de Maurice a enregistré des pertes récurrentes, contrastant avec une période antérieure plus profitable. Les résultats négatifs ont été attribués à plusieurs facteurs : un modèle opérationnel inadapté à l’évolution du marché, une concurrence accrue (notamment des jeux en ligne et la création de maisons de jeux un peu partout dans le pays), des coûts structurels élevés, et des questions de gouvernance soulevées par l’actuelle administration.
En mai 2026, le Premier ministre a notamment critiqué la distribution de bonus (y compris un 14e mois) accordés au personnel à la veille des dernières élections. Ces pertes cumulées ont motivé la recherche d’un partenaire privé capable d’apporter du capital, de l’expertise et une gestion plus agile.
Cette ambition gouverne-mentale de se débarrasser des casinos ne date cependant pas d’hier. Depuis une vingtaine d’années, il y a eu des tentatives pour vendre les casinos, mais sans réussite. En 2019 notamment, le gouvernement de l’époque (MSM) avait lancé officiellement un processus de privatisation. Ensuite, en 2021/22, plusieurs annonces et mandats avaient été confiés à des cabinets, dont KPMG. La SIC se déclarait ouverte à toutes les propositions. Le processus était relativement avancé, mais il échouera finalement. En 2023, nouvel exercice annoncé, mais, une nouvelle fois, sans aboutissement.