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Bébé Ezekiel : le miracle du retour

Par Fateema Capery
Publié le: 26 avril 2026 à 17:30
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ezekiel
Son père, Christopher, lui donne à boire après l’opération, un geste simple qui marque une étape importante dans son rétablissement. Dans les bras de sa mère, Debora, le bébé Ezekiel se repose avant son départ pour l’Inde.

Né avec dix anomalies cardiaques, le petit Ezekiel a défié tous les pronostics. Après une opération de la dernière chance en Inde, ce nourrisson de quatre mois regagne Maurice en meilleure santé.

À quatre mois, Ezekiel Aaron Cleo portait déjà le poids d’un très lourd combat. Né avec de graves malformations cardiaques et atteint de trisomie 21, le nourrisson a été transféré en urgence en Inde. Aujourd’hui, après une intervention complexe et un long parcours de soins, son retour à Maurice est confirmé pour le jeudi 7 mai.

Dès la naissance, les médecins détectent une malformation cardiaque sévère. Très vite, la situation devient critique. En théorie, le nourrisson aurait dû prendre du poids avant toute intervention chirurgicale ; c’est le protocole habituel. Mais dans son état, attendre n’était plus une option. 

Une véritable course contre la montre s’engage. La famille, désemparée, se tourne vers l’Overseas Medical Care Assistance (OMCA) Foundation. « La mère ne savait plus quoi faire », raconte Zaheer Peerbacus, Head de l’OMCA Foundation. « Si nous avions attendu deux jours de plus, il aurait pu perdre la vie. »

Dès la prise en charge du dossier, les choses s’accélèrent. Un rapport médical confirme qu’une seule solution est possible : une intervention chirurgicale urgente à l’étranger. L’OMCA Foundation prend alors en charge l’ensemble du processus, du financement au suivi médical sur place. En moins de 48 heures, les fonds nécessaires sont réunis. 

« Dès qu’ils sont venus nous voir, nous n’avons pas attendu », insiste Zaheer Peerbacus. Ezekiel est transféré à Delhi, accompagné de sa mère Debora et de son père Christopher, présents à ses côtés tout au long de cette épreuve.

À Delhi, l’ampleur du défi se révèle bien au-delà de ce que les premiers examens laissaient entrevoir. Le Dr Kulbhushan Singh Dagar, spécialiste en chirurgie cardiaque néonatale, décrit le cas d’Ezekiel comme l’un des plus délicats qu’il ait rencontrés. La malformation principale – un canal atrio-ventriculaire complet – se situe entre 8 et 9 sur une échelle de complexité allant de 0 à 10.

Mais dans le cas d’Ezekiel, plusieurs facteurs sont venus compliquer davantage la situation. Le nourrisson souffre également de trisomie 21, une condition qui rend les suites opératoires plus difficiles à gérer. À cela s’ajoutaient une infection persistante et une incapacité à s’alimenter correctement, freinant sa prise de poids.

Les examens révèlent par ailleurs que le cœur du bébé présente non pas deux, mais jusqu’à dix anomalies, dont plusieurs fuites importantes au niveau de la valve cardiaque. « Il est courant d’avoir une ou deux fuites, mais Ezekiel en avait quatre à cinq significatives », précise le Dr Dagar. Sans intervention chirurgicale, le pronostic est implacable : « Il n’aurait probablement pas survécu au-delà de quelques mois. »

Une opération en une seule prise

Après une phase de stabilisation, l’équipe médicale décide de procéder à l’inter-vention, lourde, minutieuse, consistant à corriger plusieurs anomalies en une seule fois. Les chirurgiens ferment les deux principales communications anormales dans le cœur : une communication interauriculaire et une communication inter-ventriculaire. Ils divisent ensuite une valve unique en deux valves distinctes, tout en réparant les multiples zones de fuite.

Les examens réalisés immédiatement après l’opération confirment le succès de la procédure : les trous sont refermés, les valves fonctionnent correctement, et seule une fuite minime subsiste. « L’intervention a été très complexe, mais les résultats ont été très satisfaisants », conclut le Dr Dagar, qui était en visite à Maurice pour animer une conférence médicale au moment où il livre ce bilan.

Si l’opération marque une étape décisive, le parcours d’Ezekiel est loin d’être terminé. Les jours qui suivent sont particulièrement éprouvants. Le nourrisson développe une infection post-opératoire. Il s’agit d’une complication fréquente dans ce type d’intervention, mais qui nécessite une surveillance étroite. Il passe plusieurs semaines en soins intensifs.

« La période post-opératoire a été très difficile et mouvementée », souligne le Dr Dagar, saluant au passage le travail des équipes médicales. Grâce à une prise en charge constante, à la fois par les équipes hospitalières et par le soutien logistique de l’OMCA Foundation, l’état du bébé finit par se stabiliser. Il est ensuite transféré à l’OMCA Guest House, structure d’hébergement médicalisé gérée par la fondation en Inde, où un suivi vingt-quatre heures sur vingt-quatre est assuré jusqu’à son rétablissement.

Aujourd’hui, contre toute attente, le petit Ezekiel va bien. Le Dr Dagar a pu le revoir récemment, peu avant son déplacement vers Maurice. « C’est aujourd’hui un enfant heureux, en bonne santé, qui interagit avec sa mère », confie-t-il. Les perspectives sont désormais encourageantes. Malgré un parcours semé d’embûches, les médecins estiment que le nourrisson pourra mener une vie normale. « Nous sommes très optimistes quant à son avenir », ajoute le Dr Dagar.

Pour l’OMCA Foundation, cette histoire illustre pleinement sa mission. « Être là au bon moment, au bon endroit, et faire ce qu’il faut », résume Zaheer Peerbacus. Le jeudi 7 mai, Ezekiel rentrera chez lui. Un moment attendu avec émotion par ses proches, mais aussi par tous ceux qui ont contribué, de près ou de loin, à cette chaîne de solidarité.

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