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Baisse des candidatures - Recrutement dans la police : les critères assouplis

Par Fernando Thomas
Publié le: 30 June 2026 à 14:30
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Police
Les candidatures aux postes de Police Constable et de Woman Police Constable sont ouvertes depuis le 23 juin.

La Mauritius Police Force ajuste ses conditions d’accès aux postes de Police Constable et de Woman Police Constable, en allégeant plusieurs exigences, dont le niveau académique et certains critères physiques, pour tenter d’élargir son vivier de candidats.

Face à un nombre insuffisant de candidatures lors du précédent exercice de recrutement, la Mauritius Police Force a décidé d’assouplir plusieurs de ses critères de sélection pour les futurs policiers. Exigences académiques revues, disparition du Body Mass Index (BMI) et règles plus souples concernant les tatouages : l’objectif affiché est d’élargir le vivier de candidats sans renoncer aux exigences du métier.

Les candidatures aux postes de Police Constable et de Woman Police Constable sont ouvertes depuis le 23 juin auprès de la Disciplined Forces Service Commission (DFSC). Selon le Police Press Office, la révision des critères a été menée en concertation avec la commission afin de répondre à une difficulté désormais assumée : la profession attire moins qu’auparavant. Les autorités évoquent une concurrence accrue du secteur privé et des attentes nouvelles chez les jeunes actifs, souvent davantage sensibles aux perspectives salariales ou à la rapidité d’évolution de carrière. « Nous avons revu certains critères pour permettre à davantage de jeunes d’intégrer la force policière, sans pour autant compromettre les exigences fondamentales du métier. Les critères de base, eux, restent inchangés », indique-t-on au sein du Police Press Office.

L’un des principaux changements concerne les critères académiques. Les candidats doivent désormais justifier de « pass » en anglais, en français ainsi qu’en mathématiques ou en Principles of Accounts, obtenus en un maximum de deux sittings. Pour certains observateurs, cet assouplissement soulève néanmoins des interrogations dans un contexte où les missions policières se complexifient. « Le policier moderne ne se limite plus au maintien de l’ordre sur le terrain. Il doit rédiger des rapports détaillés, utiliser des outils numériques, analyser des données et gérer des situations sensibles », souligne une source policière.

Autre évolution notable : le BMI disparaît des critères officiels de sélection. Longtemps utilisé comme indicateur d’aptitude physique, cet indice faisait régulièrement l’objet de critiques, de nombreux spécialistes estimant qu’il ne reflète pas fidèlement la condition physique réelle d’un individu. Les exigences physiques minimales demeurent toutefois largement inchangées. Les candidats masculins devront mesurer au moins 1,68 mètre, disposer d’un tour de poitrine minimum de 80 centimètres en inspiration normale ainsi que d’une vue normale ou corrigée. Pour les femmes, la taille minimale reste fixée à 1,61 mètre. Elles devront également satisfaire aux épreuves physiques, disposer d’une vue normale ou corrigée et posséder des connaissances de base en informatique.

La police se montre également plus souple concernant les tatouages. Ceux-ci demeurent interdits sur le visage, le cou, les oreilles et les doigts. Un seul tatouage visible pourra toutefois être accepté ailleurs sur le corps, à condition qu’il ne dépasse pas 2 cm sur 3 cm et qu’il soit jugé non offensant. Les limites d’âge, en revanche, restent inchangées : hommes comme femmes devront être âgés de 18 à 32 ans à la date de clôture des candidatures. Autre particularité souvent méconnue du recrutement policier : après une période d’essai satisfaisante d’un mois, les recrues devront signer un engagement financier de Rs 362 765.

Pour la hiérarchie policière, ces ajustements traduisent moins un assouplissement généralisé qu’une adaptation aux réalités actuelles du recrutement. « Il y a eu un ajustement, certes, mais il n’est pas total. La profession de policier demeure une vocation exigeante, qui requiert discipline, rigueur et engagement », insiste le Police Press Office.

Le Sub-Inspector Buljeeon, de la Police Fighters Union : «Nous allons manquer d’effectifs si rien n’est fait»

Selon le président de la Police Fighters Union (PFU), le Sub-Inspector Satish Buljeeon, la Mauritius Police Force est confrontée à des difficultés croissantes en matière de recrutement. Il affirme que la révision des critères de sélection a été décidée en concertation avec la PFU afin de répondre à cette situation.  

« Les jeunes ne veulent plus intégrer la police, et cela risque de créer un sérieux manque d’effectifs dans les années à venir. Beaucoup de policiers quittent déjà la force pour diverses raisons. Dans plusieurs postes de police, seuls deux ou trois officiers assurent le service, si bien qu’un même policier est souvent amené à accomplir le travail de deux ou trois collègues. L’assouplissement des critères académiques vise donc à attirer davantage de candidats », dit-il.

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