À Baie-du-Cap, la lumière transforme chaque instant. Depuis plus de dix ans, Jasheel Ramphul en saisit les nuances, composant un récit photographique où le temps devient paysage.
À Baie-du-Cap, Jasheel Ramphul revient souvent aux mêmes endroits. Les mêmes falaises, les mêmes récifs, les mêmes pêcheurs qui prennent la mer à l’aube. Pourtant, il n’a jamais l’impression de refaire la même photographie. « Deux images prises au même endroit ne seront jamais identiques », dit-il.
Une bande de nuages qui s’attarde au-dessus du lagon, une mer plus agitée qu’à l’ordinaire ou un rayon de soleil qui perce quelques secondes suffisent à transformer un paysage. La photographie lui a appris que la nature n’offre jamais deux fois le même spectacle.
Originaire de ce village du sud-ouest de Maurice, Jasheel Ramphul a grandi au milieu de ces paysages. Bien avant de posséder un appareil photo, il observait déjà les changements de lumière au lever du jour, les couleurs du ciel au crépuscule et les reflets de l’océan sur les récifs. En 2012, il décide de consacrer davantage de temps à la photographie. Ses premières sorties se font à vélo, appareil en bandoulière, le long des routes côtières de Baie-du-Cap.
Très vite, il comprend que le métier de photographe de paysage consiste moins à chercher un beau décor qu’à attendre le bon moment. Il lui arrive de passer plusieurs heures au même endroit sans déclencher une seule fois. Les conditions ne sont pas réunies. Il reviendra un autre jour. « Ces journées m’ont appris la patience », résume-t-il.
Depuis, son regard s’est élargi aux quatre coins de Maurice. Mais Baie-du-Cap demeure son point de départ. C’est ici qu’il a appris à observer avant de photographier.
Les images réunies dans ces pages racontent ce dialogue patient avec un territoire qu’il connaît depuis l’enfance. Elles montrent une île souvent photographiée, mais jamais tout à fait semblable, où la lumière, les marées et le temps recomposent chaque jour le paysage.
Crédit photo : Jasheel Ramphul





