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«Avant que je sache aimer» : Kenny Eléonore, coordinateur de projets mauricien, signe son premier recueil

Par Le Dimanche /L' Hebdo
Publié le: 19 July 2026 à 13:00
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Kenny Eleonore ancre son parcours dans une histoire familiale marquée par le volontariat.

Kenny Eléonore, 26 ans, partage son temps entre l’engagement humanitaire et l’écriture. Coordinateur de projets dans le secteur des ONG, il travaille à la conception et à l’évaluation de programmes destinés aux populations vulnérables. Parallèlement, il publie ‘‘Avant que je sache aimer’’, son premier recueil mêlant poésie et prose. L’ouvrage sera disponible en précommande du vendredi 3 juillet au 20 juillet 2026 sur flersovaz.com, avec des premières livraisons prévues fin juillet et début août.

Dans ce texte, l’auteur explore les méandres de l’amour, du désir et des désillusions. Il y livre une version de lui-même en apprentissage, sans concession.

C’est avec le cœur léger que je vous écris ces mots et vous invite à entrevoir une part de mon monde intérieur»

Entre action sociale et maniement des mots

Kenny Eleonore ancre son parcours dans une histoire familiale marquée par le volontariat. Il explique :

« Mes parents se sont rencontrés en faisant du volontariat. La vocation vient de loin ! D’aussi loin que je me souvienne, mon père nous emmenait, mes frères et moi, dans des activités, des discussions et des programmes de toutes sortes. On a vu l’opulence et la misère, l’injustice et l’entraide qui coexistent ici à Maurice. »

L’amour des livres lui vient également de sa mère :

« L’amour des livres et des mots existait déjà. Ma maman lisait beaucoup et nous encourageait à faire pareil. Au collège, j’ai gravité naturellement vers les sciences humaines et la littérature. Depuis, je n’ai lâché ni l’un ni l’autre. »

Aujourd’hui, il concilie ces deux univers :

« Je suis coordinateur de projets dans le secteur des ONG à Maurice, où je travaille depuis plusieurs années à la conception et à l’évaluation de programmes au service de populations vulnérables. Bien que cela soit ma mission, c’est dans le maniement des mots que je me retrouve, plus intime, plus brut. »

Un titre qui annonce la couleur

Le recueil porte un titre évocateur : Avant que je sache aimer. Kenny en livre la signification profonde :

« Le titre dit tout : ce livre parle d’une version de moi qui apprenait à aimer. À aimer l’autre, mais aussi à s’aimer soi-même. Une période faite de blessures données et reçues, de pertes, de cette question silencieuse que beaucoup se posent sans oser la formuler : pourquoi certains semblent traverser la vie sans que le cœur leur coûte autant ? »

Il ne s’agit pas d’une autobiographie linéaire, précise-t-il :

« Ce n’est pas vraiment une période de ma vie que le livre essaye de raconter. Il essaie de mettre en mots les aléas du cœur. »

Son père, après lecture du manuscrit, l’a décrit comme « un dialogue de cœur à cœur ».

Poésie et prose : un choix assumé

L’auteur a opté pour une forme hybride. Il justifie cette décision :

« La poésie est puissante et transmet très bien les émotions en peu de mots. La prose permet de faire voyager l’esprit et de contextualiser. Le mélange des deux à travers le livre a été logique. »

Il évoque également ses aspirations futures :

« Quant au roman, c’est un format que j’espère aborder à l’avenir. J’ai un intérêt particulier pour l’écriture de Paulo Coelho, et sa plume a bercé mon adolescence. Si je me lance dans l’écriture d’un roman, j’estime qu’il devra être au niveau de mon modèle. »

Vivre de l’écriture est un rêve d’enfant. J’aurais aimé toucher le monde et impacter la culture et les esprits. J’ai d’autres projets, et je compte bien essayer et voir où cela nous mènera. Pour le moment, je me contente de vous livrer un bout de mon monde et de laisser l’univers faire son œuvre»

Revisiter le passé pour mieux avancer

Pour composer ce recueil, Kenny Eleonore est retourné vers des écrits anciens :

« Pour écrire ce livre, j’ai revisité des textes écrit il y a de cela une dizaine d’années. Je pense avoir pu regarder en arrière et voir ce que j’ai été à travers les années. Aujourd’hui, je ne suis plus ce que ces pages contiennent. J’ai beaucoup de compassion pour ce que j’étais, mais je m’en détache volontiers pour devenir meilleur. »

Il souligne le thème central de la transformation :

« Le thème principal du livre est l’amour, mais il aborde aussi la transformation. Si le cœur a ses limites, le potentiel de chacun de transformer sa vie et sa personne – en bien comme en mal - n’en connaît aucune. »

Livrer l’intime sans retenue

L’exercice n’a pas été sans difficulté. L’auteur confie :

« J’ai eu du mal à livrer tout cela aux gens que j’aime. Ce sont, pour certains, des mots que je n’ai pas su dire à temps. Je les donne au monde volontiers pour faire la paix avec le passé. »

Les réactions de son entourage ont été partagées :

« Certains proches ayant découvert le manuscrit ont été émus. D’autres ont eu l’impression de lire quelque chose de trop intime. J’en suis satisfait. Le but est de partager les jours de pluie comme les rayons de soleil avec tous. »

Il accueille ces retours avec ouverture :

« À vrai dire, je ne fais qu’écouter et j’essaie de comprendre leurs points de vue. Bien qu’il soit très personnel, ce livre n’est plus à moi. L’objectif est de le partager et de toucher les cœurs. »

Ni réponses toutes faites, ni certitudes

Kenny ne prétend pas résoudre les questions qu’il soulève :

« Je ne donne pas de réponse. J’offre mieux que ça : la tempête, telle qu’elle était, et quelque part à l’horizon, l’espoir de jours meilleurs. »

Sur la difficulté de préserver son cœur, il déclare :

« Je ne réponds à aucune question. Pire ! Je pense que ce recueil pourrait même confondre certains. Bien que cette question soit légitime, je pense que chacun est responsable de son cœur. On ne sait pas tous comment en prendre soin, mais cela s’apprend. Certains apprennent depuis tout petits, d’autres apprendront toute leur vie. »

Concernant l’amour de soi et l’amour de l’autre, il observe leur interdépendance :

« Ces deux choses vont de pair. L’amour est un miroir, et que nous en fassions l’expérience avec notre moitié, nos amis ou notre famille, ce lien nous aide à mieux nous comprendre et à mieux nous aimer et à aimer notre prochain. »

La principale difficulté réside, selon lui, dans l’écoute :

« Pour moi, rester à l’écoute de soi et de l’être aimé est le plus dur. Je me focalise souvent sur le changement et ce qu’il faut faire pour l’accommoder et je me perds en essayant de bien faire. »

« Prière pour les hommes », un texte marquant

Un texte de la préface lui tient particulièrement à cœur :

« Prière pour les hommes. Ce texte fait partie de la préface, donc pas vraiment du recueil. C’est un souhait, une prière que je donne au monde pour rappeler aux hommes (surtout à moi-même) leur force intérieure. La route vers notre accomplissement est longue, et le doute et la souffrance sont inévitables. Ce sont tous deux des maux nécessaires pour se construire. »
Il cite une phrase clé : « Que votre souffrance laisse place à votre accomplissement. »

L’écriture comme exutoire

L’auteur définit son rapport à l’écriture de manière directe :

« Un exutoire. Écrire me permet de ‘ranger’ mes pensées et mes émotions. J’espère qu’il sera maintenant un témoignage de ‘l’ancien moi’, et qu’il saura transmettre autant la chaleur de l’amour, que la profondeur de la confusion que j’ai pu ressentir. »

Le message qu’il souhaite faire passer est celui de la patience et de l’ouverture :

« Je crois que chacun est appelé à réaliser son plein potentiel, et que la vie a des façons bien particulières de nous guider et de nous rappeler à l’ordre. Soyez vous-même, soyez patient, car le paradis vous est donné tant que votre cœur reste ouvert. »

Un rêve d’enfant et des projets à venir

Ce premier recueil marque-t-il un virage dans sa trajectoire ? La réponse reste mesurée :

« Je ne sais pas vraiment. Vivre de l’écriture est un rêve d’enfant. J’aurais aimé toucher le monde et impacter la culture et les esprits. J’ai d’autres projets, et je compte bien essayer et voir où cela nous mènera. Pour le moment, je me contente de vous livrer un bout de mon monde et de laisser l’univers faire son œuvre. »

Il s’est appuyé sur une structure locale pour mener à bien la publication :

« J’ai eu la chance d’être soutenu par FlerSovaz. Cette structure est 100 % locale. L’équipe vit pour l’art sous toutes ses formes. J’ai pu me reposer sur leurs conseils et leurs services pour mieux me concentrer sur l’écriture. Je recommande à tous jeunes artistes de travailler avec eux. »

Sans public cible prédéfini

Kenny ne souhaite pas restreindre son lectorat :

« Ce livre n’a pas de public cible. Je suis certain que les jeunes amoureux et les cœurs plus expérimentés pourront se retrouver dans le livre. J’aurais aimé que mon petit frère puisse le lire un jour et en tirer quelque chose d’utile. »

Il termine sur une invitation extraite de la préface :

« C’est avec le cœur léger que je vous écris ces mots et vous invite à entrevoir une part de mon monde intérieur. »

Avant que je sache aimer paraîtra prochainement sur flersovaz.com. L’ouvrage offre un témoignage personnel et sans fard sur les tumultes du cœur et la quête d’une transformation intime.

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