Au Rajput Mandir à Bell-Village - Le PM : «Dan konsey de minis, pa tou dimounn ki dakor lor tou zafer»
Par
Melanie Duval
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Melanie Duval
Lors d’un discours à forte portée symbolique, Navin Ramgoolam aborde les défis politiques actuels, les divergences au sein de l’exécutif, la cohésion sociale et les enjeux historiques de la nation.
Présent aux célébrations marquant le 60ᵉ anniversaire du Gahlot Rajput Maha Sabha, hier, dimanche 8 février, au Rajput Mandir à Bell-Village, le Premier ministre Navin Ramgoolam a prononcé un discours axé sur la mémoire collective, l’unité nationale et les grands défis auxquels Maurice est confronté.
Navin Ramgoolam s’est, lors de son discours, exprimé sur les difficultés auxquelles le gouvernement fait face, évoquant la dure réalité d’une victoire 60-0, surtout en ce qui concerne les nominations. « Sel zafer, kan gagn 60-zero, li difisil. Parfwa mo dir mo madam, si mo ti kone koumsa, mo ti pou prefer perdi eleksion-la. Parski dimounn pa realize kantite problem ena ».
Le chef du gouvernement a aussi insisté sur l’importance de l’unité, malgré les différences qui peuvent exister. « Je crois profondément dans l’unité. Les divergences sont normales, mais il faut savoir les mettre de côté pour se concentrer sur l’essentiel », a-t-il déclaré, faisant un parallèle avec le fonctionnement du Conseil des ministres, où les avis ne sont pas toujours unanimes, mais où l’intérêt général prime.
Navin Ramgoolam a rappelé la portée historique et symbolique de cet anniversaire, soulignant que six décennies d’existence représentent un parcours remarquable. Revenant sur le passé, il a évoqué une époque marquée par le manque de moyens financiers et d’aides institutionnelles. Selon lui, les progrès accomplis au fil des années ne sont pas toujours pleinement perçus par la population.
Le Premier ministre a rendu hommage au Gahlot Rajput Maha Sabha qui, malgré des ressources limitées, a su préserver les valeurs culturelles et ancestrales tout en apportant un soutien concret aux plus vulnérables.
En outre, Navin Ramgoolam a affirmé que la liberté constitue l’un des fondements majeurs offerts par le gouvernement à la population. Il a reconnu que, dans un pays multiculturel comme Maurice, chacun est différent. Toutefois, l’objectif demeure, selon lui, de toujours œuvrer dans l’intérêt du pays. Reprenant une formule qu’il estime essentielle, il a souligné que « l’unité transforme la diversité en force », rappelant que, malgré les différences, tous les Mauriciens partagent la même humanité.
Tout en appelant à plus de discernement et de respect mutuel, le chef du gouvernement a regretté que certaines divisions persistent, y compris au sein d’une même religion. Il a invité la population à faire preuve de réflexion et de solidarité, estimant que le vivre-ensemble repose autant sur l’intelligence que sur l’esprit d’ouverture.
Autre thème de son intervention : le dossier des Chagos. Navin Ramgoolam a rappelé que certaines positions ne peuvent être compromises, évoquant la dignité et l’honneur du pays. Il s’est néanmoins dit satisfait de l’évolution du contexte international, affirmant que Donald Trump reconnaît désormais que l’accord sur les Chagos constitue la voie à suivre.
Enfin, le Premier ministre a lancé un appel appuyé à la jeunesse, l’exhortant à mieux connaître l’histoire de Maurice. Il dit regretter que certains étudiants de l’université ne sachent pas qui est Sir Seewoosagur Ramgoolam. Selon lui, comprendre les luttes du passé et les figures qui ont façonné la nation est indispensable pour apprécier les libertés et les institutions dont bénéficie le pays aujourd’hui.