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Au Parlement : Ramgoolam révèle que Rs 25 milliards ont « disparu » des bilans de quatre banques sous forme de fonds détournés, de prêts non performants et de prêts non récupérables

Par Defimedia.info
Publié le: 19 May 2026 à 19:30
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Navin Ramgoolam

Lors de la Prime Minister’s Question Time (PMQT) au Parlement ce mardi, le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a révélé que près de Rs 25 milliards ont « disparu » des bilans (balance sheets) de quatre banques locales sous forme de fonds détournés, de prêts non performants (non-performing loans) et de prêts non récupérables.

Répondant à une question du député du Adrien Duval, Navin Ramgoolam a dénoncé ce qu’il considère comme de graves lacunes dans la supervision exercée par la Bank of Mauritius au cours des dix années de gouvernement du Mouvement Socialiste Militant.

Le chef du gouvernement a détaillé les quatre cas en question :

• Silver Bank Ltd : selon le rapport du conservateur daté de mars 2024, la banque affichait Rs 8,1 milliards de prêts non performants sur un portefeuille total de prêts de Rs 8,3 milliards ;

• SBM Bank (Mauritius) Ltd : la banque a procédé à des abandons de créances (write-offs) pour un montant cumulé de Rs 14,34 milliards entre 2014 et 2024 ;

• Development Bank of Mauritius Ltd (DBM) : au 30 juin 2025, près de Rs 400 millions de son portefeuille étaient classés comme prêts non performants, dont Rs 304 millions liés à cinq entreprises en liquidation ou placées sous administration judiciaire ;

• MauBank Holdings Ltd : l’institution présente des fonds propres négatifs de Rs 2,95 milliards, résultant de pertes accumulées depuis sa création en 2015.

Selon le Premier ministre, ces dossiers révèlent un même problème : de graves lacunes dans le rôle de supervision exercé par la Banque de Maurice durant les dix années du précédent gouvernement.

Navin Ramgoolam estime qu’un contrôle réglementaire insuffisant a permis à certaines banques d’adopter des pratiques risquées, voire frauduleuses. Cette faiblesse dans la supervision aurait retardé la mise en œuvre de mesures correctives et favorisé l’accumulation d’actifs toxiques au sein de plusieurs institutions financières.

Le chef du gouvernement a averti qu’une telle situation pourrait accroître les risques d’instabilité systémique, éroder la confiance des investisseurs et porter atteinte à la réputation de Maurice en tant que centre financier international.

Il a également montré du doigt le fonctionnement des conseils d’administration de certaines banques commerciales, estimant que ceux-ci ont contribué à l’approbation de prêts toxiques.
« Nous ne pouvons pas rester silencieux face à cette situation. L’inaction n’est pas une option », a-t-il déclaré, assurant que le gouvernement prendra toutes les mesures nécessaires afin que la Banque de Maurice exerce pleinement son mandat avec davantage d’indépendance, de rigueur, de transparence et de responsabilité.

Dans cette optique, le gouvernement prévoit une révision de la Bank of Mauritius Act et de la Banking Act afin d’aligner le cadre réglementaire mauricien sur les meilleures pratiques internationales en matière de régulation et de supervision bancaire.

Selon le Premier ministre, la Banque de Maurice examinera également le rôle joué par certains membres de son personnel dans ces défaillances de supervision et procédera à une restructuration en profondeur de son département de supervision ainsi qu’à une révision complète de ses pratiques actuelles.

Le Premier ministre a par ailleurs indiqué que la Banque de Maurice a déjà engagé plusieurs actions, notamment :

1.    une révision de ses opérations internes afin de renforcer sa mission de supervision ; 
2.    le recours à un spécialiste de la Reserve Bank of India pour renforcer les capacités du département de supervision et enquêter sur les insuffisances constatées par le passé.

Navin Ramgoolam a affirmé que le gouvernement est pleinement engagé à restaurer la confiance dans le système financier mauricien, à renforcer l’intégrité du secteur bancaire et à consolider l’indépendance de la supervision bancaire. Selon lui, ces réformes permettront de mettre en place un cadre réglementaire plus robuste ainsi qu’un secteur bancaire plus sûr, plus transparent et plus résilient.

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