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Au Népal, le rappeur Balendra Shah devient Premier ministre

Par Defimedia.info
Publié le: 27 mars 2026 à 14:06
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NEPAL

Le rappeur devenu maire de Katmandou Balendra Shah, dont le parti a remporté haut la main les élections législatives du 5 mars au Népal, est devenu vendredi Premier ministre, six mois après l'insurrection meurtrière de la Génération Z.

M. Shah, 35 ans, a été élu à la Chambre des représentants en battant l'ex-Premier ministre KP Sharma Oli, 74 ans, chassé du pouvoir en septembre dernier par les manifestants.

Son Parti national indépendant (RSP, centriste) y a raflé une majorité absolue de 182 des 275 sièges.

"Moi, Balendra Shah, au nom du peuple et du pays, promet de respecter la Constitution (...) et de remplir loyalement mon devoir de Premier ministre", a-t-il déclaré tout de noir vêtu, lunettes noirs sur les yeux, en prêtant serment devant le président du pays Ram Chandra Poudel.

L'arrivée de celui que la rue surnomme "Balen" à la tête du gouvernement marque l'avènement au Népal d'une nouvelle génération de dirigeants.

Ingénieur civil de formation, il s'est fait connaître sur la scène hip‑hop underground népalaise en dénonçant la corruption des élites et les inégalités. Sa popularité est devenue nationale en 2022, élu à la surprise générale maire de Katmandou.

Pendant sa campagne, il s'est présenté en porte-parole des exigences de la "Gen Z", promettant de mettre fin à la corruption des élites et au chômage, qui contraint de nombreux Népalais à s'expatrier pour trouver un emploi.


- "Rebâtir" -

L'un des meneurs de la révolte, Sudan Garang, a été nommé vendredi ministre de l'Intérieur. Son nouveau collègues de Finances, Swarnim Wagle, fut économiste à l'ONU et celui des Affaires étrangères, Shishir Khanal, était ministre de l'Education dans un précédent gouvernement.

"+Balen+ et son équipe ont l'occasion de rebâtir ce pays, de travailler pour le peuple", a estimé Nimisha Shrestha, une étudiante de 23 ans qui se pressait devant la présidence. "J'espère qu'ils ne nous laisseront pas tomber."

Le Premier ministre indien Narendra Modi s'est prestement réjoui de pouvoir porter, avec Balendra Shah, la coopération bilatérale "à de nouveaux sommets". Et le porte-parole de la diplomatie chinoise Lin Jian a promis "tout le soutien" de Pékin au nouveau dirigeant népalais.

Muet depuis le scrutin, Balendra Shah n'est sorti du silence que jeudi soir en publiant sur les réseaux sociaux une vidéo où il a appelé en chanson le pays à l'unité.

"Népalais unis, l'histoire est en marche", chante-t-il dans ce clip de rap nourri d'images de sa campagne électorale.

"Mon cœur est rempli de courage, mon sang bout, mes frères sont à mes côtés, cette fois nous nous lèverons", poursuit "Balen" Shah. "Cette fois, la joie et le bonheur éclateront dans tous les foyers (...) je ne m'essoufflerai pas, je courrai comme un léopard."

Son clip avait été vu vendredi près de 3 millions de fois.

L'entrée en fonction de M. Shah a marqué la fin de la transition menée par l'ex-cheffe de la Cour suprême Sushila Karki, 73 ans. "Je me réjouis de l'avenir radieux qui s'ouvre pour le pays", a lancé la magistrate, qui va reprendre sa retraite, lors de son ultime discours jeudi.


- Ordre de tir -

Parmi ses premiers dossiers, Balendra Shah devra décider des suites à donner aux conclusions de la commission d'enquête sur les événements de septembre.

Dans un rapport publié dans la presse jeudi, elle a recommandé des poursuites pénales contre M. Oli, son ministre de l'Intérieur et le chef de la police. Ces deux jours d'émeutes ont causé la mort d'au moins 76 personnes et plus de 2.400 blessés, selon la commission.

L'ex-Premier ministre communiste a nié avoir ordonné à la police d'ouvrir le feu sur les manifestants du 8 septembre.

Ce jour-là, des milliers de jeunes étaient descendus dans les rues de Katmandou et des villes du pays pour dénoncer le blocage des réseaux sociaux et la corruption des élites. Au moins 19 manifestants ont été tués par balles dans la capitale, et des dizaines d'autres blessés.

Si la commission n'a pas "pu établir s'il y avait eu un ordre formel d'ouvrir le feu", elle a considéré "qu'aucun effort n'a été fait pour arrêter ou maîtriser les tirs.

Son rapport mentionne que l'autopsie de 48 victimes a révélé des blessures mortelles par balles.

Le 9 septembre, la foule en colère avait détruit, incendié ou pillé de nombreux bâtiments publics, dont le parlement. Le calme était revenu le soir avec le déploiement de l'armée.

AFP

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