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Au cœur de l’Info : une réforme en profondeur de la Fonction publique souhaitée

Les défis auxquels le pays est appelé à faire face pendant la prochaine décennie ont été au centre de l’émission Au Cœur de l’Info, animée par Jane Lutchmaya et Eshan Dinally. Rajiv Seervansingh, observateur, et Manisha Dookhony, économiste, sont du même avis : il faut, d’une part, réduire les dépenses inutiles et, d’autre part, diversifier notre économie afin de s’armer pour affronter la conjoncture économique difficile qui se profile à l’horizon.

Un débat sur l’économie passe logiquement par   une analyse des dépenses et des gaspillages de l’État. Suite à la publication du rapport de l’audit, le mardi 10 mars 2020, les deux invités expliquent que le gros problème entourant les gaspillages de l’État, a deux sources. Pour Rajiv Seervansingh, c’est notre système qui est fautif. « La Fonction publique que nous avons héritée des Anglais n’a pas évolué depuis 1968. Alors qu’en Grande-Bretagne, il y a eu quatre grandes réformes en 50 ans. C’est pour cette raison que, chaque année, le rapport vient énumérer des gaspillages que les gouvernements successifs ne peuvent régler, car avec le système actuel, il est normal qu’il y ait des gaspillages », explique l’observateur. Il déclare aussi que l’absence de sanction contre les fonctionnaires qui ont fait preuve de négligence est extrêmement grave. Une réforme qui prend en compte la conjoncture actuelle est ainsi souhaitée.

Quant à Manisha Dookhony, elle est d’avis qu’une réforme de la Fonction publique passe automatiquement par l’informatisation de tout le système. « Cela fonctionne au Rwanda, qui a introduit un logiciel informatique. En informatisant toutes les données, on sait, immédiatement ou à l’avance, s’il y aura du gaspillage. Le système est aussi plus efficace et rapide », explique l’économiste.

Coronavirus, les premiers symptômes sur notre économie se font sentir

Avec une économie ouverte, toute crise mondiale a des répercussions sur le pays. Ainsi la Chine, notre principal marché d’importation, ainsi que la France et l’Italie, nos principaux marchés touristiques, l’effet de cette crise se fait immédiatement sentir. D’autres secteurs, comme la construction et le secteur manufacturier, sont aussi affectés. La Banque de Maurice a baissé le Repo rate pour venir en aide aux entreprises, explique Rajiv Seervansingh. 

Selon Manisha Dookhony, nous sommes très vulnérables, car nous pouvons faire face à un double choc économique. Le pays pourrait se retrouver dans une situation où il ne pourra ni exporter, faute de demande, ni importer, faute d’offre. 

Ce qui pousse les deux invités à suggérer que le gouvernement devrait utiliser cette crise pour améliorer la résilience économique du pays, en l’occurrence, par l’autosuffisance alimentaire et en ajoutant de nouveaux piliers à notre économie. Ils trouvent également de bon augure que le gouvernement, en cette période de crise, ait décidé de couper court aux dépenses à l’occasion de la fête de l’Indépendance, suivi d’une réduction des dépenses des ministères de 10 pourcent.

Sommes-nous armés pour devenir un High Income Economy ?

Selon Manisha Doohkony, il faut une diversification de notre économie. Rien qu’avec le coronavirus, tous les piliers de notre économie ont été affectés. Se reposer sur la Chine pour importer la majorité de nos produits, n’est pas sage. Il faudrait, selon l’économiste, se tourner vers l’Afrique. Elle émet le même avis en ce qui concerne nos exportations. Les marchés traditionnels comme l’Europe et les États-Unis ne sont plus suffisants.

Rajiv Seervansingh explique que qu’il faut trois décisions cruciales. Premièrement, décider quel secteur fonctionne et l’améliorer. Deuxièmement, il faut avoir le courage de dire que nous ne pouvons plus continuer avec un secteur, comme le secteur manufacturier qui dépend de la main-d’oeuvre bon marché. Et finalement, trouver de nouveaux secteurs d’exploitation, comme le secteur de l’agro-industrie, des océans et les exportations de services.  Selon lui, cette crise peut donner au secteur public  et  le privé de travailler de concert et ainsi se diriger vers un deuxième miracle économique.

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