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Au cœur de l’info - Reza Uteem : «La Declaration of Assets Act contient des loopholes»

Un des thèmes abordés dans l’émission Au cœur de l’info, sur Radio Plus mercredi, avait trait à la déclaration partielle des avoirs des élus nationaux et locaux. Interrogé par Jane Lutchmaya et Eshan Dinally, Reza Uteem, deputy leader du Mouvement militant mauricien (MMM), devait affirmer son appréciation par rapport au fait que, désormais, les avoirs des élus sont partiellement rendus publics. Mais, il déplore que la nouvelle Declaration of Assets Act ne va pas assez loin et affirme qu’elle contient plusieurs « loopholes ».

« Auparavant, il y avait une opacité totale autour de ces déclarations. La Commission anticorruption (Icac) ne pouvait rien rendre public. Avec cette loi, l’Icac est obligée de rendre public ce que les élus déclarent, excepté ce qu’ils détiennent en banque, en liquide ou en bijoux », fait ressortir Reza Uteem.

Le but de la manœuvre n’est pas, selon ce dernier, « de faire du voyeurisme, mais pour veiller à ce qu’une personne, quand elle est un élu, un ministre ou un haut fonctionnaire n’abuse pas de sa position pour s’enrichir. C’est d’ailleurs pour cela qu’une personne, quand elle quitte son poste ou termine son mandat, doit déclarer ses biens et indiquer si elle a acquis quelque chose pendant son mandat », explique le dirigeant MMM.

Reza Uteem détecte cependant plusieurs lacunes dans la loi. « Il est trop facile de la contourner. Je me demande si cela n’a pas été fait par exprès », confie-t-il. Et d’ajouter qu’il est « clair que quelque part certains politiciens ont pris avantage de certains ‘loopholes’. Ce ne sont pas tous les avoirs qui sont couverts par la loi. » Il prend comme exemple le fait qu’il faut déclarer lorsqu’on est membre d’un trust, mais pas d’une fondation. Puis, concernant les trusts, la loi autorise une opacité complète. 

Reza Uteem fait aussi ressortir que s’il faut déclarer que l’on est actionnaire d’une compagnie, la loi n’oblige nullement de dire ce que possède cette compagnie.

Aussi, s’il faut déclarer un terrain, il n’y a aucune obligation de dire combien il vaut ni même si une maison ou un bâtiment y a été construit. « On peut avoir un terrain et y avoir construit un château valant Rs 20 millions. L’Icac ne le saura pas », note Reza Uteem.

Ce dernier a aussi abordé l’absence de l’opposition au Parlement ce vendredi pour la lecture du discours-programme. « Nous ne contestons pas la légitimité du président de la République, mais on voulait marquer le coup », révèle le politicien. Il s’agit avant tout d’être cohérent avec la contestation des élections générales de novembre dernier par le biais des pétitions électorales déposées par l’opposition en Cour suprême.

« Toute la population sait qu’il y a eu du « money politics » durant ce scrutin et que beaucoup de choses ne se sont pas déroulées normalement. Si on vient vendredi, cela veut dire que nous serions d’accord avec la façon dont les élections ont été organisées et de la manière dont le comptage des voix s’est fait. »

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