Publicité

Au Cœur de l’Info - Pauvreté : le Social Register jugé obsolète

Par Le Défi Quotidien
Publié le: 21 avril 2026 à 10:55
Image
au coeur
Les trois invités sur le plateau : Patricia Adèle Félicité (Caritas), Sabrina Puddoo (Lovebridge) et Jamil Dookhee (No to Poverty).

Des milliers de familles en situation de précarité pourraient ne plus être correctement identifiées par le système d’aide sociale. C’est le constat qui a dominé l’émission « Au Cœur de l’Info », lundi 20 avril, plusieurs intervenants ayant remis en question la pertinence du Social Register of Mauritius (SRM), devenu selon eux obsolète face à l’évolution du coût de la vie.

Invités sur le plateau de Patrick Hilbert, Patricia Adèle Félicité (Caritas Île Maurice), Sabrina Puddoo (Lovebridge) et Jamil Dookhee (No to Poverty) ont tous pointé les limites des critères actuels d’éligibilité. Le Junior Minister à l’Intégration sociale, Kugan Parapen, a lui-même reconnu la nécessité d’une révision en profondeur du dispositif.

Pour Patricia Adèle Félicité, le problème est d’abord structurel. Elle estime que les critères du registre social ne reflètent plus la réalité économique actuelle. « Beaucoup de familles en difficulté ne sont pas reconnues comme éligibles », a-t-elle expliqué, appelant à une mise à jour urgente des paramètres utilisés pour mesurer la pauvreté.

Même constat du côté de Sabrina Puddoo, qui insiste sur la nécessité d’une approche plus dynamique. Selon elle, les dispositifs actuels enferment les bénéficiaires dans une logique d’assistance temporaire. « Il faut permettre aux familles de retrouver une autonomie durable, pas seulement les soutenir à court terme », a-t-elle affirmé, tout en alertant sur une précarisation croissante de la classe moyenne. Jamil Dookhee, de son côté, estime que les autorités doivent adopter une démarche proactive en allant vers les foyers vulnérables plutôt que d’attendre leurs demandes.

Kugan Parapen a reconnu que l’outil ne reflète plus la réalité actuelle. « Aujourd’hui, le seuil utilisé est trop bas et exclut beaucoup de familles qui vivent pourtant dans une situation très difficile. » Selon lui, une révision de ces critères pourrait entraîner un élargissement significatif du nombre de bénéficiaires. Kugan Parapen insiste aussi sur la nécessité de revoir les critères de la National Empowerment Foundation (NEF) afin qu’ils soient mieux adaptés aux réalités des familles vulnérables.

Au-delà des critiques sur les dispositifs existants, les intervenants appellent ainsi à une refonte du système de ciblage social, jugé indispensable pour rendre l’aide publique plus équitable et mieux adaptée à la réalité actuelle des ménages mauriciens.

Quelle est votre réaction ?
Publicité
À LA UNE