Au Cœur de l’Info - Menace d’une sécheresse prolongée : les restrictions d’eau pourraient s’étendre
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Le Défi Quotidien
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Les restrictions d’eau pourraient être étendues à d’autres régions si les pluies attendues en septembre ne sont pas au rendez-vous. Face à une pluviométrie déficitaire et à des réserves en baisse, les autorités affirment avoir déjà préparé un plan de secours afin d’éviter une aggravation de la situation.
La question était au cœur de l’émission « Au Cœur de l’Info » mercredi, avec la participation du Water Resources Commissioner Lomush Juggoo, du directeur général adjoint de la Central Water Authority (CWA) Gaëtan Armoogum, et de l’ancien président de la CWA, Prem Saddul.
Selon les dernières prévisions des services météorologiques de Maurice, la période allant de juin à août devrait être marquée par des précipitations inférieures à la normale. Une situation préoccupante alors que plusieurs réservoirs affichent déjà des niveaux plus faibles qu’à la même période l’an dernier.
Pour Lomush Juggoo, les mesures annoncées visent précisément à éviter d’être pris de court. « La situation est gérable mais nous ne pouvons pas attendre qu’elle devienne critique pour prendre des mesures préventives. Nous souhaitons que les pluies soient là au mois de septembre mais si jamais il n’y a toujours pas de pluie, nous avons déjà un plan de secours pour limiter les répercussions », a-t-il expliqué.
Des restrictions sont déjà en vigueur dans les hautes et basses Plaines-Wilhems, où l’approvisionnement est désormais limité à certaines plages horaires. Mais la CWA n’écarte pas un durcissement des mesures si les conditions météorologiques ne s’améliorent pas.
« Nous avons déjà établi des horaires. L’eau sera approvisionnée de 15 heures à 21 heures. Nous demandons aux consommateurs des régions concernées de prendre leurs précautions. Toutefois, si la situation perdure, nous allons devoir prendre des décisions pour d’autres régions, même si ce n’est pas à l’agenda pour le moment », a prévenu Gaëtan Armoogum.
Au-delà de l’absence de pluie, les intervenants ont reconnu que Maurice fait face à des difficultés structurelles. Le vieillissement des infrastructures, la hausse de la demande et les pertes sur le réseau compliquent davantage la gestion de la ressource. Pour Prem Saddul, la crise actuelle ne peut être attribuée uniquement aux conditions climatiques. « Le secteur de l’eau à Maurice est fragmenté. Il y a un manque de coordination sans oublier que la CWA est toujours en manque d’équipement », a-t-il soutenu, plaidant pour une réforme en profondeur de la gouvernance du secteur.
À l’approche de la saison sèche, le message des autorités est clair : chaque litre compte. Car si les pluies continuent de se faire attendre au-delà de septembre, Maurice pourrait être contrainte de renforcer davantage les restrictions afin de préserver ses réserves.