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Au cœur de l’info - Maneesh Gobin : «Trop tôt pour parler de sanctions contre Sawmynaden»

Il demande de ne pas tomber dans le sensationnalisme.

Le ministre de la Justice et de l’Agro-industrie dément toute tentative de « cover-up » dans les cas en cour où le nom du ministre Yogida Sawmynaden est cité. Maneesh Gobin était l’invité de Nawaz Noorbux et Jugdish Joypaul dans l’émission Au Cœur de l’Info, le vendredi 5 février sur Radio Plus. 

Pour étayer ses dires, Maneesh Gobin rappelle que certains ministres ont été appelés à ‘step down’, alors que d’autres ont été tout bonnement révoqués lorsqu’il a été estimé nécessaire. Or, dans le cas de Yogida Sawmynaden, il est d’avis que « le gouvernement ne peut se baser sur quelques articles publiés dans les journaux. Ce n’est que lorsqu’une autorité vient légalement indiquer qu’il y a un ‘prima facie case’ que des sanctions pourront être envisagées », déclare le ministre, considérant « qu’ à ce stade, il est encore trop tôt pour parler de sanctions contre Yogida Sawmynaden ». 

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L’Attorney General appelle, par ailleurs, à « ne pas lyncher quelqu’un sur la place publique » de cette façon et demande de ne pas tomber dans le sensationnalisme. « On veut faire croire à la théorie du complot », déplore-t-il. Maneesh Gobin juge d’ailleurs « highly unusual » qu’un citoyen puisse loger un « provisional case » contre une autre personne. « Cela n’a pas de sens », dit-il. 

Interrogé à l’effet que le bureau du Directeur des poursuites publiques (DPP) serait « embarrassé » vu que la déposition du ministre Sawmynaden n’ait toujours pas été prise par la police dans l’affaire ‘Constituency Clerk’, l’Attorney General estime que le bureau du DPP aurait pu demander aux enquêteurs de la police de le faire. « Le bureau du DPP et celui du Commissaire de police marchent de pair. Il faut qu’ils puissent coordonner leurs actions », dit le ministre Gobin.

Gouvernement fragilisé

Comme pour l’affaire St-Louis, Maneesh Gobin considère que le gouvernement n’a pas été fragilisé par les cas où le nom du ministre Yogida Sawmynaden est cité. « Malgré les nombreux défis, le gouvernement reste focalisé et poursuit son travail. Pei pe roule malgre pei afebli », dit-il. 

Public Procurement

L’Attorney General estime que les procédures d’acquisition dans la Fonction publique ont toujours été sujettes aux débats.  Il estime toutefois que « les acquisitions faites durant la période Covid-19 ne peuvent être comparées aux procédures d’acquisition normales ». 

« Partou ti ferme ! La STC est alors entrée en jeu comme la Trading Arm de l’État. Cela dit, il faut maintenant enquêter pour savoir dans quelles conditions ces acquisitions ont-elles été faites », suggère-t-il.  

Mafia au gouvernement

Répondant aux détracteurs qui allèguent qu’une « mafia » serait à l’œuvre au sein du gouvernement, Maneesh Gobin leur demande d’aller déposer à titre de témoin en cour. « C’est facile de déblatérer dans les journaux lorsqu’il n’y a personne pour vous interroger », estime-t-il. 

Climat de frayeur

Au sujet des personnes retrouvées mortes ces derniers temps dans des circonstances suspectes, Maneesh Gobin demande à la police de mener ses enquêtes afin d’élucider ces cas « au plus vite » et de « doubler les effectifs » si besoin est. 

Gangs à l’œuvre

Pour Maneesh Gobin, il faut en finir avec les « gros bras ». « S’il y a des gangs qui sévissent, il faut les démanteler immédiatement, car cela créé une psychose et l’insécurité dans le pays. Il y a eu des escadrons dans le passé. On ne peut continuer avec des gros bras par-ci, par-là », dit-il. 

Réseaux sociaux

L’Attorney General concède qu’il y a de gros dérapages, notamment des propos à relent communal, sur les réseaux sociaux. Des propos qui, dit-il, peuvent mettre le pays à feu et à sang. Il faut aussi, dit-il, pourvoir protéger les enfants des prédateurs sexuels. Sans compter les ‘fake profiles ;. D’où la nécessité, selon Maneesh Gobin, de s’inspirer des lois en vigueur en France et en Allemagne à ce sujet pour savoir dans quelle direction aller. 

Abordant un volet politique, Maneesh Gobin indique que la stratégie du gouvernement face aux partis de l’opposition est la même que durant les élections de 2019 : seul contre tous. Il dit toutefois ne pas comprendre l’attitude changeante de Roshi Bhadain, leader du Reform Party, vis-à-vis des autres partis de l’opposition. « Il les traitait de ‘dinosaures’ et aujourd’hui, il va rejoindre ces mêmes ‘dinosaures’ ». Maneesh Gobin dément par ailleurs des propos de l’opposition à l’effet que le ministre Nando Bodha s’apprêterait à quitter le Mouvement socialiste militant (MSM). 


Constituency Clerk de Yogida Sawmynaden : la polémique enfle 

Le doute s’épaissit. D’une part, il y a un document de l’Assemblée nationale qui atteste que Simla Kistnen était bel et bien la Constituency Clerk du ministre du Commerce Yogida Sawmynaden. D’une part, Sanjay Karria, le Constituency Clerk de Pravind Jugnauth, affirme que le ministre n’a pas de Constituency Clerk depuis deux ans. 

L’enquête judiciaire sur le décès suspect de l’ancien activiste du Mouvement socialiste militant (MSM), Soopramanien Kistnen, a, au cours de la semaine écoulée, débouché sur deux importantes révélations. Il y a d’abord eu, en début de semaine, l’audition de Norbert Manoovalloo, de la Major Crime Investigation Team (MCIT). Celui-ci, muni d’un document signé par la Clerk de l’Assemblée nationale, a confirmé que Simla Kistnen était bel et bien enregistrée comme Constituency Clerk du ministre Sawmynaden. Un élément qui est venu une nouvelle fois mettre la pression sur le ministre du Commerce et conforter les propos de Simla Kistnen, qui insiste sur le fait de n’avoir jamais été mis au courant d’un tel emploi et n’avoir perçu aucune rémunération en ce sens.

Mais, quelques jours plus tard, un autre témoignage, celui de Sanjay Karia, Constituency Clerk du Premier ministre, Pravind Jugnauth, a apporté un nouvel élément à toute cette affaire. Il a en effet fait ressortir que le ministre du Commerce n’a pas de Constituency Clerk depuis deux ans. « Depi de zan mo pa trouv oken constituency clerk pou Yogida Sawmynaden », a-t-il fait part. La dernière personne à avoir occupé ce poste, a-t-il précisé, travaille actuellement dans le port. Au sujet de son salaire comme Constituency Clerk du chef du gouvernement, Sanjay Karia a expliqué le recevoir par chèque. « Il me paie le salaire de six mois d’un coup pour que je n’ai pas à me rendre à son bureau à chaque fin de mois et attendre qu’il me signe un chèque », a-t-il évoqué.

Ainsi, ces deux révélations contradictoires survenues au courant de la semaine ont ajouté de nouvelles confusions sur cette affaire d’emploi fictif. Qui dit donc vrai ? Interrogé à ce sujet, Ravi Rutnah, avocat et ancien député, n’a pas réellement souhaité commenter ces deux révélations. En revanche, parlant de son expérience d’ancien député, il estime qu’avec le système actuel qui régit les Constituency Clerks des élus de l’Assemblée nationale, n’importe qui peut proférer des allégations. « Avec le système de paiement qui est en place, l’élu ne laisse aucune trace de preuve de paiement », soutient-il. Le salaire d’un Constituency Clerk est en effet crédité sur le compte de l’élu qui remet par la suite le montant en cash à son Constituency Clerk. « Avec un tel système qui ne laisse aucune trace, n’importe quel élu s’expose à ce genre d’allégations », est-il d’avis. 

Malgré la forte pression que le ministre du Commerce est en train de subir depuis l’année dernière suite au décès suspect de Soopramanien Kistnen, l’élu du No 8 (Quartier-Militaire/Moka) peut toujours compter sur le soutien de son leader. Lors d’une réunion du comité régional tenue jeudi soir à St-Pierre, Pravind Jugnauth s’est une nouvelle fois rangé du côté de son ministre, tout en émettant de sévères critiques contre ses opposants.
 

 

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