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Au Cœur de l’Info : les hôtels affronteront le pire

 Jean-Michel Pitot. Jean-Michel Pitot.

Intervenant dans l’émission Au Cœur de l’Info sur les ondes de Radio Plus lundi après-midi et répondant aux questions de Patrick Hilbert et de Ruth Rajaysur, le président de l’Association des hôteliers et restaurateurs de l‘île Maurice a fait le point sur les difficultés auxquelles feront face les hôtels. Pour Jean-Michel Pitot, le soutien de l’État est primordial pour préserver les emplois.

Constat : Bon pour Maurice, négatif pour les hôtels

« Il y a deux façons de voir les choses. Je pense que c’est une mesure sage pour protéger le pays. Il est important que nous prenions des actions drastiques. En même temps, c’est une action extrêmement compliquée et complexe pour l’industrie et les hôtels. Le scénario-catastrophe est devant nous. Les hôtels seront bientôt vides. On envisage déjà des scénarios où des hôtels (se trouvent) avec 0% de remplissage pour les mois d’avril et mai, voire juin. Voilà, c’est bon pour le pays mais avec un impact vraiment négatif pour les hôtels. »

Emplois : Sans soutien, 10 000 emplois sont à risque

« Il y a des pourparlers entre l’Ahrim et le gouvernement pour voir comment on peut travailler sur des principes de compensation. Le but, c’est de préserver les emplois. De manière directe, les hôtels emploient 25 000 personnes. L’idée est de se dire comment fait-on pour ne pas licencier à gauche et à droite. Il faut trouver des mécanismes pour protéger ces emplois. Quand la reprise sera là, dans trois à cinq mois, la garantie d’emploi sera là. Afin d’y parvenir, nous nécessiterons une aide très importante de l’État pour que les employés continuent à percevoir leurs salaires. (…) Je ne connais pas la finalité. Je comprends qu’il y a un principe de discussions. (…) Il est dans l’intérêt de l’État de trouver un accord pour que les employés ne se retrouvent pas au chômage. Au pire des cas, ce sont 10 000 personnes qui seront (sans emploi). Personne ne veut de cela. L’État et les syndicats doivent être très compréhensifs sur la question. En tant qu’entreprise privée, c’est difficile de préserver les emplois quand il n’y a pas de business. Il faut trouver un accord avec l’État afin que (chaque partie) en sorte gagnante. »

Fermeture : En avril, des hôtels vides 

« Je pense qu’effectivement il y aura des hôtels qui fermeront leurs portes. Cela ne vaut pas la peine de rouler un hôtel avec un taux d’occupation de 5%. On préfère transférer les clients chez un (autre) hôtelier et parvenir à un deal. Ce sera une situation gagnant-gagnant. (…) En avril, beaucoup d’hôtels risquent de ne pas avoir de clients. »

Conversion : Hôtels en centres de quarantaine, pourquoi pas ?

« On m’a posé la question dans la matinée (d’hier). Je dirai simplement : pourquoi pas ? Si le besoin se fait sentir, si l’État fait appel aux hôteliers, je pense que ces derniers prendront définitivement (la demande) en considération. Si le cas se présente, je crois que les hôteliers y répondront favorablement. »

Formation : Possibilité de se réinventer

« Il est évident que si nous gardons le personnel sur le payroll avec les conditions expliquées par rapport à l’État, dans le meilleur des cas ils ne resteront pas chez eux. Ils viendront travailler. Il y aura des formations. Nous remettrons en ordre beaucoup de choses. On prendra le temps pour voir comment s’améliorer. Je suis d’accord que c’est une opportunité de se réinventer (…) et se poser les bonnes questions. »

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