Au Cœur de l’Info : le MMM en pleine zone de turbulence
Par
Le Défi Quotidien
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Dans Au Cœur de l’Info du mardi 24 mars, animé par Murvind Beetun, l’avocat Rama Valayden et Lindsey Collen analysent les remous politiques après la démission de Paul Bérenger, les tensions internes au MMM, ainsi que les répercussions des enjeux internationaux, notamment au Moyen-Orient.
La scène politique mauricienne traverse une zone de turbulence rarement atteinte. La démission de Paul Bérenger en tant que Premier ministre adjoint a déclenché une série d’événements marqués par des tensions internes, des prises de position virulentes et une fracture apparente au sein du MMM. Lors d’une conférence de presse particulièrement musclée, certains députés ayant choisi de rester au gouvernement n’ont pas mâché leurs mots à l’égard de leur leader, révélant frustrations et désaccords accumulés. La situation s’est encore envenimée lorsque ces derniers ont dû quitter le bureau politique sous forte escorte, alors que des partisans s’étaient massés dans la rue Ambrose pour exprimer leur soutien au leader démissionnaire, donnant lieu à des altercations verbales.
Pour Lindsey Collen, cette crise aurait pu être évitée : « Une assemblée de délégués aurait permis d’éviter tout ce remue-ménage ». Elle inscrit cette instabilité dans un contexte plus large, où les dynamiques internationales influencent directement la politique locale : « Le cloisonnement national s’effondre en temps de guerre. Ce qui se passe ailleurs finit toujours par nous atteindre ».
Selon elle, la décision de Paul Bérenger s’explique en partie par une impopularité grandissante du gouvernement, alimentée notamment par le relèvement de l’âge de la pension à 65 ans et par le dossier sensible des Chagos. « Pour un peu d’argent, on avendu une partie de notre territoire pour 99 ans. C’est une atteinte à la souveraineté qui ne passe pas », affirme-t-elle.
Elle pointe aussi du doigt le silence des autorités mauriciennes face aux tensions internationales, notamment au Moyen-Orient. « On assiste à un affaiblissement de l’empire occidental, et le gouvernement mauricien se rend coupable de son silence », soutient-elle.
De son côté, Rama Valayden évoque une accumulation de tensions depuis plusieurs mois : « La pression a commencé à monter depuis l’année dernière ». Il critique notamment la gestion de la communication politique : « Même en étant un excellent communicant, il n’a pas très bien communiqué ». L’avocat se dit particulièrement choqué par certains propos tenus lors de la conférence de presse : « Parler de protéger des militants restés dans l’ombre donne une image de favoritisme, voire de manque d’éthique ». Pour lui, l’opinion publique a déjà tranché : « Il s’agit d’émotions, mais il fallait savoir dire les choses comme il se doit ».
Au-delà des tensions visibles, Rama Valayden souligne un problème plus profond : « Il n’a pas su convaincre ses lieutenants ». Il estime également que certaines réformes, comme le Right to Recall, auraient pu atténuer la crise actuelle. « Les 60 députés ont déjà été jugés par le peuple sur la question des pensions, et cette nouvelle trahison rend la situation encore plus difficile », est-il d’avis.
Entre fractures internes, impopularité croissante et pressions internationales, cette séquence politique marque peut-être un tournant décisif.