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Au cœur de l’info : le début des manœuvres enflamme l’échiquier politique 

Zouberr Joomaye, Kavi Ramano, Mamade Khodabaccus, Rajesh Bhagwan et Shakeel Mohamed. Zouberr Joomaye, Kavi Ramano, Mamade Khodabaccus, Rajesh Bhagwan et Shakeel Mohamed.

La déclaration d’Ivan Collendavelloo qui lance un appel pour une « réunification de la famille militante aux élections générales », celle de Kavi Ramano qui rejoindra le Mouvement socialiste militant aux prochaines législatives et la position de la Plateforme militante ont été à l’agenda de l’émission « Au cœur de l’info » animée par Jean-Luc Emile et Ruzayna Beegun. Doit-on dissoudre l’Assemblée nationale au vu de cette ébullition ? La question a été posée aux membres des partis politiques présents dans l’hémicycle. 

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Zouberr Joomaye, qui représentait le Mouvement socialiste militant (MSM), a d’emblée déclaré que le fait qu’un député de l’opposition soutienne ouvertement le gouvernement n’est pas une première. « Les jeux démocratiques sont bien en place. On se prépare à aller vers des élections générales. C’est tout à fait normal qu’on lance un appel pour des candidats valables, même s’ils appartiennent à d’autres formations politiques », a affirmé le député. Commentant la position prise par Kavi Ramano, Zouberr Joomaye a expliqué que « rien ne peut empêcher un membre élu par le peuple de choisir le parti qu’il compte soutenir. C’est un droit qui est garanti par la Constitution. Chaque individu a la liberté d’avoir son opinion ». 

Kavi Ramano a, pour sa part, indiqué qu’il avait un devoir de vérité envers ses mandants. Il a précisé que c’est pour cette raison qu’il a ouvertement exprimé son choix pour les prochaines élections générales. « Il est clair que nous arrivons au terme du mandat de cinq ans du gouvernement. Nous sommes dans une logique de campagne électorale. Chacun a son interprétation de mon choix de rester dans l’opposition pour le moment. Mais je continuerai à critiquer et à apporter des propositions constructives. La teneur de mes discours au Parlement a toujours été dans cette optique. Cela ne changera pas », a assuré Kavi Ramano. 

De son côté, Mamade Khodabaccus, du Parti mauricien social-démocrate (PMSD), a affirmé que les bleus n’ont pas encore commencé les négociations pour contracter une alliance pour les prochaines élections. « Nous verrons avec qui nous feront alliance quand le Parlement sera dissous », a-t-il lancé. 

Que pense-t-il des propos d’Ivan Collendavelloo selon lesquels le PMSD serait un « petit parti » ? « Pa Ivan Collendavelloo ki pou vinn met lager. PMSD ena so lamprint partou. Pa konpar nou avek ML. PMSD ena 65 ans. Pa kapav vinn met Mike Tyson kont enn ti zenes ki finn pran dan kwin sime », s’est insurgé Mamade Khodabaccus. « Nous n’allons pas faire comme certains qui ont fait une opposition loyale dans le passé. Nous assumerons notre rôle d’opposition jusqu’à la fin. » 

Rajesh Bhagwan du Mouvement militant mauricien (MMM), quant à lui, trouve toute cette situation est malsaine. « C’est une opération de débauchage concoctée par des courtiers, quand nous savons que les élections générales sont proches », a fait ressortir le secrétaire général des mauves. 

Il a réaffirmé que le MMM fait confiance à ses membres et qu’il ira seul aux élections générales. « C’est ce que souhaite la population. Nous avons compris le message. La population en a mare des jeux d’alliance. Ils veulent des candidats de proximité qui sont intègres et compétents », maintient Rajesh Bhagwan.

Shakeel Mohamed, chef de file du Parti travailliste (PTr) à l’Assemblée nationale, a indiqué que les jeux d’alliance et le mercato pendant que le Parlement siège sont mal perçus par la population. « Nous avons été sanctionnés en 2014 par la population pour cela. Le MSM nous avait vivement critiqués. Aujourd’hui ce parti fait la même chose. Le PTr a promis une politique de rupture pour ne pas faire les mêmes erreurs. » 

Le député se dit heureux que les membres élus des rouges ont prouvé leur loyauté envers leur parti, « même s’il y a eu plusieurs tentatives de débauchage depuis 2014 ». Shakeel Mohamed a ensuite ajouté : « Notre loyauté n’est pas à vendre. » Il s’élève contre la stratégie du MSM qui, selon lui, « n’a pas hésité à recruter des hommes religieux pour mener campagne afin de s’agripper au pouvoir ».

 

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