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Au cœur de l’info - fléau de la drogue : de mal en pis 

Trois des intervenants qui étaient sur le plateau de Radio Plus.

En marge de la Journée internationale contre l’abus et le trafic de drogues observée le dimanche 26 juin, ce dossier a été abordé dans l’émission « Au cœur de l’info » animée par Ruth Rajaysur et Patrick Hilbert le lundi 27 juin. Les intervenants constatent que la situation est alarmante avec le rajeunissement et la féminisation des consommateurs. 

«Lutte contre le trafic de drogue : une guerre sans fin ? » Tel était le thème de l’émission « Au cœur de l’info » du lundi 27 juin 2022. Le travailleur social Ally Lazer dit avoir peur. « Ça va de mal en pis. La drogue synthétique est de plus en plus prisée et disponible à un prix abordable. Elle est plus dangereuse et mortelle. Elle a de graves conséquences », indique-t-il. Selon lui, 90 % des consommateurs sont tentés d’y goûter par curiosité et sous la pression de leurs pairs. 

Ally Lazer concède que la police fait un bon travail avec les multiples saisies. Cependant, il est critique envers les policiers corrompus. « Cette minorité cause du tort à la majorité des policiers qui font du bon travail. Pour remporter le combat contre la drogue, il faut gagner celui contre la corruption », estime le travailleur social. Il lance un appel au ministère de la Santé pour qu’il rétablisse le traitement de codéine sulfate qui est utilisé dans le traitement des jeunes consommateurs. 

Sam Lauthan, un des assesseurs de la commission d’enquête sur la drogue, préconise, lui, la réhabilitation pour éviter les rechutes. Pour lui, ce combat est celui de « tous les instants et à tous les niveaux ». Il souligne toutefois l’importance de ne pas sous-estimer les trafiquants. « La lutte est difficile. Elle doit être perpétuelle », lance-t-il. 

Il dénonce la violence accompagnant ce fléau, surtout avec l’appauvrissement de la population. Sam Lauthan revient sur la proposition faite pour la mise sur pied du Drug Offender Administrative Panel. Il estime que cela sera d’une aide car au lieu d’aller en prison, les consommateurs passeront devant un panel. « Il y a des personnes en probation en prison. Ce panel aidera à accélérer les choses. S’il s’agit d’un premier délit, au lieu d’envoyer la personne en prison, elle peut faire des travaux communautaires. » 

Le chef Inspecteur Nawshad Maudhoo de la brigade antidrogue explique, lui, que de plus en plus de professionnels succombent au fléau de la drogue. « Ils pensent qu’ils sont malins. Ils pensent pouvoir entrer dans la spirale pour ensuite en sortir. Or, tel n’est pas le cas. » Il soutient que la police prône une politique de tolérance zéro et œuvre afin qu’il y ait une réduction de l’offre. Sans compter les efforts déployés afin de démanteler le réseau des trafiquants. 

Sewraz Corceal, Programme Coordinator du National Drug Secretariat, affirme que ce fléau n’est plus spécifique à une seule classe sociale ou région. Il commente aussi le projet de diversion où un petit consommateur ne sera pas considéré comme un criminel et où il bénéficiera des soutiens nécessaires. « Il faut un long suivi et les traitements pour éviter une rechute », avance-t-il. Il pense aussi que « la police doit se concentrer sur les gros trafiquants au lieu des petits consommateurs ». 

Kunal Naik, psychologue-addictologue, déclare que selon une étude, entre 50 000 et 100 000 personnes consomment de la drogue. Il pense que la dépénalisation du cannabis avec un contrôle aiderait à résoudre cette problématique. « Cela effacerait le marché de la drogue synthétique. Bien évidemment, il faut un contrôle comme la vente autorisée à partir de 21 ans, entre autres », espère-t-il. Il met aussi l’accent sur l’importance du combat contre la pauvreté.
 

 

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