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Au cœur de l’info du 25 février : la question de la sécurité autour du métro fait débat

Après l’accident mortel impliquant un tram et le motocycliste Yannick Permal, la question de la sécurité des automobilistes aux croisements du métro et de la route fait toujours débat. Elle était d’ailleurs au centre de l’émission Au cœur de l’info, animée par Élodie Domun et Al Khizr Ramdin sur Radio Plus le mardi 25 février 2020. Durant l’émission plusieurs intervenants ont relevé des lacunes, tandis que les autorités ont mis l’accent sur la sensibilisation des automobilistes.

Ruben Pillay : « De gros problèmes fondamentaux »

Le citoyen engagé Ruben Pillay, qui avait tiré la sonnette d’alarme sur des soucis de sécurité, revient à la charge. « Il y a toujours des problèmes surtout aux carrefours de Gool et de Barkly », estime Ruben Pillay. Les feux de signalisation ne sont pas synchronisés, des panneaux ne sont pas visibles, des passages piétons sont dangereux. C’est pour cette raison qu’il avait, de son propre chef, installé des panneaux de signalisation pour avertir les usagers de la route. Il explique également qu’il a signalé ces lacunes aux autorités concernées et qu’il a porté une plainte auprès de la Citizen Support Unit. Depuis, rien n’a été fait, selon lui. Il estime également que les feux de signalisation au niveau de Barkly auraient été obstrués par des branches. « La nuit, elles sont visibles, mais je suis moins sûr pendant la journée », dit celui qui se réclame d’une démarche citoyenne.

Zayed Nanuck : « Les autorités ont fait la sourde oreille »

Le conseiller municipal de la ville de Beau-Bassin/Rose Hill est, lui aussi, très critique envers les autorités. Il rappelle qu’il avait souhaité que le projet soit placé sur pilotis. « Maintenant nous n’avons plus le choix, le projet ne peut plus être modifié », déplore-t-il. Selon lui, le débat est faussé quand on vient mettre tout sur le dos du motocycliste tué dans l’accident. « Il faut penser autrement. Si c’est un gros véhicule, c’est la vie de tous les passagers du métro qui aurait été en danger. Idem en cas de souci mécanique ou si un conducteur ne peut pas appliquer les freins », fait remarquer le conseiller municipal. Il fait ainsi une requête pour que des barrières, suffisamment solides pour stopper un gros véhicule, soient placés aux carrefours. Il est d’avis que la mairie a la responsabilité de s’assurer que les panneaux soient visibles sur le trajet. Sauf que pour certaines parties, cette responsabilité revient à la Road Development Authority. Pour lui, il faut agir maintenant.

Ken Fong : « C’est le ministère qui est responsable du métro »

Le maire des villes sœurs, Ken Fong, soutient que la responsabilité du projet incombe à présent au ministère en charge du métro, et à celui qui le dirige, Alan Ganoo. Concernant les feux de signalisation et la visibilité des panneaux, il indique qu’il n’a pas reçu de doléances. Son rôle maintenant, explique-t-il, est d’assurer la liaison entre les habitants et le ministère. Il présidait certes le comité responsable du chantier. Mais maintenant, au moment de la concrétisation du projet, il a passé le flambeau au ministère responsable.

Das Mootanah : « Les feux et panneaux de signalisation sont visibles » 

Le CEO de Metro Express Limited (MEL), Das Mootanah est, lui, sûr et certain que les feux et panneaux de signalisation sont visibles et intelligibles pour les usagers de la route. En ce qui concerne l’accident, il fait ressortir qu’une enquête policière est en cours, mais que les vidéos de surveillance montrent que le motocycliste a brûlé un feu rouge. Il affirme que MEL continuera les exercices de communication sur de la notion de «  Safety and Security ». Il a d’ailleurs listé les nombreuses mesures déjà prises, comme les campagnes d’informations dans les écoles, les vidéos de sensibilisation de MEL sur les réseaux sociaux, principalement la vidéo « Signs dont lie », réalisée par la cellule de communication de MEL. Il est cependant d’avis qu’il faut peut-être utiliser des méthodes plus innovantes. Car les accidents démontrent un problème systémique de comportement des conducteurs sur les routes. « Certains conducteurs sont imprévisibles », fait-il observer. Au sujet du Train Captain qui était à la barre du métro impliqué dans l’accident, Das Mootanah explique que les frais juridiques sont encourus par MEL, et qu’il y a un suivi psychologique. Il déclare également que le Train Captain a été bien formé et a démontré les qualités requises pour conduire les Light Rails Vehicules. En ce qui concerne l’élagage des branches qui étaient proches des feux de signalisation, Das Mootanah explique que la police a donné des directives pour le futur. « Quand l’accident est survenu, nous pouvons confirmer sur les vidéos que les feux étaient visibles », assure-t-il.

Manoj Rajcoomar : « Les manuels du code de la route ne contiennent rien sur les nouveaux panneaux »

Manoj Rajcoomar, le président de l’association des moniteurs auto-école, indique que les manuels de code de la route à Maurice ne contiennent pas la signification des nouveaux panneaux par rapport au métro. « Nous connaissons ces panneaux grâce aux manuels internationaux. Pour l’heure, nous avons passé le mot d’ordre d’habituer les apprentis chauffeurs à connaître l’existence et la signification de ces panneaux. » Quant aux chauffeurs déjà sur les routes, il faut une sensibilisation à travers les médias.

Il est d’avis que « le mode de test oral n’est pas suffisamment professionnel, les apprenants connaissent les panneaux de signalisation, mais pas le code de la route ». Il propose ainsi que les apprentis chauffeurs qui se présentent aux examens oraux obtiennent une attestation de connaissance du code de la route. Selon lui, les autorités doivent installer des panneaux qui sont visibles. Parfois, dit-il, ces panneaux sont placés trop haut, donc hors du champ de vue du conducteur ou du piéton.

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