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Attentat à la pudeur allégué - La policière : «De victime, je suis devenue accusée»

Captures d’écran des messages que le médecin et la policière se sont échangés le 30 avril dernier.

Après avoir dénoncé un médecin pour attentat à la pudeur, une Woman Police Constable a été suspendue de ses fonctions lorsque le médecin l’a, à son tour, accusée du même délit. police

On entend « normalement » dire qu’un homme a essayé d’attenter à la pudeur d’une femme et rarement le contraire. Et pourtant Vidoula (prénom d’emprunt), une policière de 30 ans, fait l’objet d’une telle allégation. Après qu’elle a accusé un médecin exerçant dans une clinique privée d’attentat à la pudeur, ce dernier l’a, à son tour, accusé du même délit ! Seule contre tous, la jeune femme, qui a été suspendue de ses fonctions, n’entend pas rester les bras croisés.

Comment a-t-elle rencontré le médecin en question ? Vidoula, qui a intégré les forces de l’ordre en février 2012, raconte qu’il y a quelques années, elle s’est blessée à la lèvre supérieure avec une vitre, alors qu’elle nettoyait sa maison. À la suite d’une annonce sur Facebook concernant des lip fillers, elle se rend à la clinique privée concernée, le 29 avril 2022 à 15 h 30, pour un rendez-vous.

La policière obtient un rendez-vous le même jour, à 16 heures, avec un chirurgien esthétique. « Le médecin m’a dit que la promo était terminée. J’ai payé Rs 6 600 à sa secrétaire à la réception », dit-elle. Selon la trentenaire, le médecin aurait exprimé ses regrets qu’elle n’ait pu bénéficier de la promo. « Il m’a alors dit qu’il allait m’offrir gratuitement un hydrafacial. J’ai accepté volontiers. »

Une fois dans sa consultation, Vidoula soutient qu’elle s’est retrouvée seule avec le médecin. « Li pran enn sez li met devan laport pou blok akse ek li pa ti ena okenn asistant. » Il l’aurait invitée à prendre place sur le divan pour faire le hydrafacial. « Par la suite, il m’a demandé d’enlever mon haut, ce que j’ai refusé. Je lui ai fait savoir que j’étais mal à l’aise. Mais il m’a répondu que mon haut serait trempé. » 

Au cours des soins, poursuit la jeune femme, le médecin aurait avancé sa main vers sa poitrine. « Il m’a dit que j’avais la peau sèche et sans mon consentement, il a soulevé mon haut, baissé mon soutien-gorge et commencé à caresser ma poitrine. Je l’ai repoussé. » police

Selon la policière, le médecin n’en serait pas resté là. « Apre sa, li fer mo lip filler ek la osi li verse li anbras mwa, li dir pou li kone komie filler li bizin inzekte. » Se sentant humiliée par les agissements du médecin, Vidoula dit avoir quitté la consultation en quatrième vitesse. 

Mais voilà que quelques heures après, le médecin aurait commencé à lui envoyer des messages sur son téléphone portable, pour prendre notamment de ses nouvelles. La policière lui aurait répondu, le lendemain, lui reprochant son comportement. « Vous savez bien que je suis policière. Comment je peux laisser de tels abus se passer ! » La rédaction de Le Dimanche/L’Hebdo est en présence des messages échangés entre la policière et le médecin .

Le 30 avril, Vidoula fait une Diary entry au poste de police de Rose-Belle. Et dépose une plainte officielle contre le médecin auprès de la clinique privée le même jour. Selon la policière, un Head Of Medical Service lui a adressé un courriel en date du 4 mai, pour l’informer qu’un comité a été mis sur pied pour faire la lumière dans cette affaire. À ce jour, elle soutient n’avoir rien entendu à ce sujet. 

Le 6 mai, elle porte plainte contre le médecin pour « attempt upon chastity » au poste de police de Moka. Le même jour, elle est examinée par un médecin de la police. Quatre jours plus tard, soit le 10 mai, le médecin est arrêté sous une accusation provisoire d’attentat à la pudeur et libéré le même jour contre une caution de Rs 40 000. Vidoula dit être tombée des nues lorsque le médecin fait une déposition, à son tour, contre elle au poste de police de Moka, pour attentat à la pudeur. 

Dans sa version, le médecin a indiqué que la policière lui aurait demandé des renseignements sur les implants mammaires. Et qu’à un certain moment, elle aurait soulevé son haut pour lui montrer sa poitrine avant de l’attraper et de se presser contre lui. Selon le médecin, elle aurait même essayé de l’embrasser, mais il aurait résisté.

Et c’est ainsi, déplore Vidoula, qu’elle a été interdite de ses fonctions. « De victime, je suis devenue accusée », s’insurge la policière, qui a dû payer une caution de Rs 6 000 pour sa libération, après qu’elle a été arrêtée et traduite devant la justice. 

Elle dit ne pas comprendre pourquoi le médecin continue d’exercer tranquillement malgré une accusation d’attentat à la pudeur contre lui, alors qu’elle a été suspendue et ne peut compter que sur son salaire de base pour subvenir à ses besoins. Elle insiste que sa suspension est injustifiée. « Sa medsin-la finn atan dis zour pou denons mwa, alors ki depi landemin mo finn koumans denons li. » 

Le 30 novembre, l’affaire sera entendue devant le tribunal de Moka. Par le biais de son avocat, elle a demandé que l’accusation provisoire contre elle soit rayée. « Je crois en la justice et je vais me battre jusqu’au bout avec des preuves à l’appui, notamment ses messages sur WhatsApp, et aussi prouver qui est le vrai coupable. Je suis une femme indépendante, une policière. Je ne laisserai jamais un tel abus impuni pour que d’autres femmes ne subissent pas le même sort ! » 

 

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