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Atteint du syndome Post-Polio - Dev Virahsawmy : son dernier combat pour le CBD à Maurice 

Atteint du syndrome post-polio, l’ancien député affirme que ses jours sont comptés.

Des luttes, il en a mené beaucoup depuis l’indépendance du pays, sur les terrains politique, social, éducatif et culturel. Gravement malade, Dev Virahsawmy pourrait actuellement livrer son dernier combat, cette fois en faveur de l’accès aux traitements à base de cannabidiol. 

Il estime que ses jours sont dorénavant comptés. Cela fait maintenant cinq ans que l’ancien député et membre  fondateur du Mouvement militant mauricien, Dev Virashsawmy, vit avec d’atroces souffrances. La faute au syndrome  post-poliomyélitique qui est en train de le consommer à petit feu. « C’est une peine épouvantable que de se réveiller pratiquement tous les jours avec des douleurs. Cette maladie a complètement affecté les muscles et les nerfs de mon corps. Et le pire, c’est qu’il n’y a aucune guérison possible », nous raconte-t-il. Loin de vouloir se lamenter sur son sort, il souhaite partager son histoire afin de conscientiser la population à cette maladie peu connue «  même par le corps médical ».

Pour mieux comprendre ce qu’endure le linguiste, il faut remonter à son enfance. Dev Virahsawmy est âgé de trois ans quand il est frappé par la poliomyélite. Nous sommes alors en 1945 et c’est la toute première fois que cette maladie apparaît à Maurice. « Je me souviens que la moitié de mon corps a été paralysée. J’ai heureusement pu compter sur le soutien de mes parents qui ont fait tout ce qu’ils pouvaient pour limiter la casse. » dit-il. 

Grâce aux avancées de la médecine, la polio a fini par être éradiquée dans les années 50-60. Cependant ceux qui ont été touchés par la maladie n’étaient pas au bout de leurs peines. « La polio ne vous quitte pas de manière définitive. C’est une maladie dormante qui vous attaque de nouveau lorsque vous avez atteint un âge avancé. J’aurai bientôt 90 ans et je suis en train de vivre une deuxième attaque de polio », explique-t-il.

Lorsqu’il est de nouveau frappé par la maladie, en 2017, il est loin de se douter qu’il s’agit de la polio. « J’ai commencé à avoir des douleurs mais c’était gérable. J’ai mis cela sur le compte de la vieillesse. » Mais graduellement, les douleurs deviennent de plus en plus persistantes. « Elles ont fini par être présentes en permanence ». Au bout de quelque temps, Dev Virahsawmy se résigne à se rendre à l’hôpital mais sans grand succès. 

Il décide ainsi de se tourner vers le privé. Un médecin lui explique alors  qu’une solution pour soulager ses douleurs pourrait être le cannabidiol (CBD), une molécule extraite du cannabis.  « Bien que le CBD soit illégal à Maurice, des amis m’ont fait savoir qu’ils pouvaient m’en procurer. J’ai refusé sur une question de principe car je sais que, comme moi, des milliers de personnes ont besoin de ce remède et ne peuvent pas y avoir accès. Je ne voulais pas être un privilégié », dit-il. 

Le rapport déposé cette semaine pour l’introduction du cannabis médical ne pouvait pas tomber mieux pour Dev Virahsawmy. Toutefois, les conditions dans lesquelles le gouvernement compte en assurer la distribution ne le convainc guère. « D’après ce que j’ai pu lire, l’éligibilité des personnes pour avoir droit au CBD sera déterminée par un groupe de fonctionnaires. On est en train de faire fausse route. Le gouvernement doit avoir une autre approche. Les pharmacies et les médecins du privé doivent être autorisés à prescrire le CBD aux patients. Les pharmacies doivent aussi avoir l’autorisation d’en importer », estime-t-il.  Il hausse d’ailleurs le ton : « Si le gouvernement ne revoit pas sa copie, je n’hésiterai pas à faire une grève de la faim. Et dans l’état où je suis, je serai mort au bout de deux jours », prévient-il. 

Selon lui, Maurice compte environ 100 000 patients qui ont besoin d’urgence d’un traitement à base de CBD. « La formule qu’est en train de proposer le gouvernement va ajouter encore plus de détresse chez ces patients. Il faut permettre à ceux qui ont besoin de ce traitement d’y avoir accès sans lourdeur administrative », ajoute-t-il.

Tout semble indiquer que le CBD sera bientôt utilisé à Maurice. L’adoption de ce produit et des  thérapies associées sera déterminante pour soulager de nombreux patients, comme cela se fait déjà dans plusieurs pays.

 

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