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Attaque en Nouvelle-Zélande - Une proche : «Nous l’avons reconnu dans une vidéo»

Mohammed Moosid Mohamed Hossen. Mohammed Moosid Mohamed Hossen.

Consternation, incompréhension, incertitude. Tels étaient les sentiments au domicile des proches de Mohammed Moosid Mohamed Hossen, depuis que la nouvelle est tombée. Ce Mauricien âgé de 53 ans, également appelé Sid, était parmi les 49 victimes de la fusillade à la Christchurch Mosque, en Nouvelle-Zélande, dans la journée du 15 mars, durant la grande prière du vendredi.

Anwar, le frère de la victime, encore sous le choc, peine à s’exprimer à ce sujet. « Nou finn rekonet li dan video la. Ti ena disan kot so likou », c’est ce que nous a déclaré une des proches de Moosid, que nous avons rencontrée samedi après-midi. Le nom de Moosid Mohamed Hossen figure sur la liste de la Croix-Rouge, qui rapporte les personnes portées manquantes après la fusillade.

La plupart des proches de Moosid que nous avons rencontrés n’ont pas voulu s’exprimer ouvertement, pour des raisons familiales : « Nou deza ena problem, pa anvi azout ankor. » D’autres proches, habitant la région de Vacoas/Phœnix, dont le frère de la victime et sa sœur, sont encore sous le choc. Anwar, le frère de Moosid affirme être dans une incompréhension totale. La sœur de Moosid, qui vit en Angleterre, est arrivée à Maurice le 11 mars.

Anwar déplore que les autorités mauriciennes ne les ont pas aidés durant ce moment difficile. « Nou pa pe deman kas ou pay nou biye, me zis fasilit demars administratif pou nou ale ». Au Défi Media Group, Anwar a soutenu qu’il ne disposait d’aucune information de source officielle portant sur la fusillade ou encore sur son frère. 

Mauvaise nouvelle

Un des plus jeunes membres de la famille avance avoir appris la mauvaise nouvelle vers 2 heures samedi matin. Le jeune homme raconte qu’une de ses proches actuellement en Angleterre l’a appelé pour l’informer de ce qui s’est produit. Avant de mettre le cap sur d’autres horizons, Moosid vivait à Vacoas en compagnie de ses frères et sœurs. En 2017, la victime a émigré en Nouvelle-Zélande après un passage en Angleterre. C’est dans la région de Christchurch que Moosin avait posé ses valises.

C’est grâce à ses vêtements que les proches de Moosid Mohamed Hossen ont pu l’identifier. Dans une vidéo circulant sur le net, les cadavres des victimes ont été filmés peu après l’assaut. Au moment des faits, Moosid était vêtu d’un pull-over avec capuchon de couleur grise.

Les lunettes de soleil ont aussi contribué à ce que la famille le reconnaisse. « So neve ti donn li sa Rayban la an kado », a dit Anwar. Gisant à plat ventre, avec des traces de sang montrant des blessures au dos, on pouvait apercevoir le visage de Moosid et les lunettes offertes par son neveu. Les proches ont également visionné des vidéos sur les réseaux sociaux, ce qui leur a permis d’identifier la victime.


Quatre membres de la famille s’envolent vers la Nouvelle-Zélande

Sollicité par le Défi Media Group vers 18 h 30, Anwar a confirmé que lui et trois autres membres de la famille s’apprêtaient à prendre l’avion dans la soirée du samedi 16 mars. Les Mohamed Hossen se rendront en Nouvelle-Zélande à bord d’un vol transitant par Dubaï.

Moosid, un homme discret

Moosid est décrit comme un homme discret qui vit dans son propre monde. Plusieurs proches du Mauricien expliquent avoir perdu contact avec lui depuis quelques années. Un de ses neveux raconte qu’il y a une dizaine d’années, plusieurs membres de leur famille avaient émigré vers l’Europe. Ils avaient posé leurs valises en Angleterre. Mais, depuis quelque temps, Moosid donnait rarement signe de vie. « So foto mem nou pena, mem kontak telefonn pena. »  Interrogé sur ce que Moosid faisait en Nouvelle-Zélande, un neveu n’a pu nous éclairer. « Momem mo pa kone. » Il affirme que depuis que Moosid a atterri sur le sol britannique, il n’a plus eu de contact. Moosid travaillait comme directeur dans la société 3D Grafics Ltd.

Une sœur de la victime, dont la résidence locale est à Phœnix, n’a pas voulu s’exprimer. « Elle n’est pas en état, pa kalkil pou al koz ar li », nous explique un jeune homme. Dans la soirée de vendredi, après avoir appris la nouvelle sur cette attaque, Moosid n’a pu être joint par téléphone. En Angleterre, la maison qu’il occupait était abandonnée et inoccupée depuis qu’il avait mis le cap sur la Nouvelle-Zélande.

Trois suspects, dont le cerveau, en détention

L’assaillant principal, Brenton Tarrant, et deux complices présumés ont été placés en détention dès vendredi. Ils ont été traduits devant la justice dans l’après-midi du samedi 16 mars. Brenton Tarrant est arrivé sous forte escorte au tribunal, dans des habits de détenu et menotté aux poignets et aux chevilles. Ce ressortissant australien possédait un permis de port d’arme et cinq armes à feu.


Le PMSD observe une minute de silence en hommage aux victimes

Le Parti mauricien social démocrate a gardé une minute de silence en hommage aux victimes des attentats terroristes survenus en Nouvelle-Zélande. Avant d’entamer son discours, Malini Seewocksingh, la député de la circonscription no 17 (Curepipe/Midlands) a rappelé qu’un Mauricien figurait parmi les victimes des attentats terroristes de la ville de Christchurh. « Nous présentons nos vives sympathies aux familles des victimes, mais également aux proches de notre compatriote décédé dans ces attentats barbares. Je condamne ce genre d’attaque. Le monde entier a été secoué par cet acte de barbarie. Nous ne souhaitons plus revoir de telles choses à l’avenir », dit Malini Seewocksingh dans une déclaration accordée à Le Dimanche/L’Hebdo.

Navin Ramgoolam, ancien Premier ministre : « Il n’y a pas de mots pour décrire cet acte lâche »

L’ancien Premier ministre et leader du Parti Travailliste (PTr) Navin Ramgoolam a commenté les attentats terroristes contre deux mosquées de la ville de Christchurch en Nouvelle-Zélande, samedi matin. Il a fait ressortir qu’il « n’a pas de mot pour décrire ce qui s’est produit » en Nouvelle-Zélande. « Je suis écœuré par ce qui s’est produit. Il n’y a pas de mots pour décrire cet acte meurtrier et lâche, surtout pour un pays tel que la Nouvelle-Zélande. Ces attentats doivent nous interpeller. Get kouma laenn kapav amen enn dimoun fer enn kiksoz parey. Nous exprimons nos condoléances aux familles endeuillées. »

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