Faits Divers

Assassinat de Seewajee Bhikoo : de la poudre à canon retrouvée sur la main droite du policier 

Le policier Jevin Ramah.

Le constable Jevin Ramah, âgé de 29 ans, est provisoirement accusé de l’assassinat de Seewajee Bhikoo, âgé de 52 ans, tous deux habitant la région de Belle-Terre. Jevin Ramah est accusé d’avoir utilisé son arme à feu pour tirer sur Seewajee Bhikoo qui était son ami de beuverie. Toutefois, la thèse d’un accident n’est pas écartée par les enquêteurs. Les faits se sont produits dans la nuit du dimanche 1er septembre devant la résidence du haut-commissaire indien, à Floréal. 

Les développements dans l’enquête entourant la mort de Seewajee Bhikoo font état que la police a retrouvé de la poudre à canon sur la main droite du policier Jevin Ramah. Le constable a été confronté aux enquêteurs de la Major Crime Investigation Team (MCIT) dans l’après-midi du lundi 2 septembre. Selon les enquêteurs, si la poudre à canon a été retrouvée sur la main de Jevin Ramah, c’est confirmé que c’est lui qui a tiré le coup de feu qui a mortellement blessé Seewajee Bhikoo à la tête. 

Mais est-ce que le policier voulait-il vraiment tuer son ami ? La thèse d’un accident est privilégiée par les enquêteurs. Selon nos informations, la balle a traversé la tête de la victime, passant par le côté gauche du crâne. Les enquêteurs soupçonnent que Jevin Ramah était assis à côté du chauffeur, car la vitre où Seewajee Bhikoo s’asseyait a été endommagée. 

Aux fins de l’enquête, l’uniforme que le constable Jevin Ramah portait, au moment des faits a également été saisi pour des analyses. Autre élément d’information qui a été recueilli par les enquêteurs, c’est que des traces de bière ont été retrouvées dans la voiture de Seewajee Bhikoo, ce qui laisse penser que les deux amis buvaient de l’alcool au moment des faits. Cependant, le test d’alcoolémie pratiqué dans la soirée du dimanche 1er septembre a révélé que le policier n’était pas sous l’influence de l’alcool. L’interrogatoire a pris fin dans l’après-midi du lundi 2 septembre et se poursuivra ce mardi 3 septembre. 

La voiture de la victime a été passée au peigne fin par les enquêteurs.
La voiture de la victime a été passée au peigne fin par les enquêteurs.

Flashback 

Le constable Jevin Ramah a comparu devant la cour de justice de Curepipe dans la matinée du lundi 2 septembre. Une accusation provisoire d’assassinat pèse actuellement sur lui.  La police ayant objecté à sa remise en liberté conditionnelle, le suspect sera de nouveau traduit devant la justice ce vendredi 6 septembre. 

C’est vers 18h25 que le poste de police de Vacoas a été alerté par le constable Jevin Ramah, qui était en fonction devant le haut-commissariat de l’Inde. Ce dernier sollicitait de l’assistance sur son lieu de travail. Lorsque les policiers se sont rendus sur place, ils ont vu le constable Jevin Ramah sortir de l’enceinte de l’ambassade et pointer un véhicule blanc qui était stationné sur la route Angus, en face du chemin Floréal. Arrivés au niveau de la voiture, les policiers ont remarqué que quelqu’un occupait le siège conducteur. Le chauffeur saignait abondamment de la tête mais respirait toujours. Au même moment, le constable Jevin Ramah a déclaré qu’une balle avait été tirée de son revolver par le chauffeur, qui sera plus tard identifié comme Seewajee Bhikoo. Tout de suite, le revolver a été sécurisé par les policiers et les services du SAMU ont été sollicités et le blessé a été transporté à l’hôpital Victoria, à Candos. Quant au constable Ramah, il a été conduit au poste de police de Vacoas.

Lorsque Seewajee Bhikoo est arrivé à l’hôpital de Victoria, à Candos, le médecin a aussitôt déclaré son décès. Une autopsie a été pratiquée dans la matinée du lundi 2 septembre par le chef du département médico-légal, le Dr Sudesh Kumar Gungadin, qui a attribué le décès de la victime à un « gunshot wound to the head ». Selon une source des enquêteurs, « ce que raconte le constable Jevin Ramah n’est pas compatible. Car la manière dont la balle a été tirée ne peut provenir de la victime elle même ». 

«Un homme formidable»

Seewajee Bhikoo était âgé de 52 ans. Marié et père de deux enfants, il opérait comme chauffeur et aimait rejoindre ses amis durant son temps libre ‘pou enn ti la sante’. « Mon frère était un homme formidable, qui s’est toujours bien occupé de sa famille. Il était joyeux de caractère. Je ne peux pas croire ce qui lui est arrivé », dit Raj, l’un des frères de la victime. Les funérailles de Seewajee Bhikoo ont eu lieu le lundi 2 septembre à 15 heures, au domicile de son épouse à Belle-Terre. 


Heman, le fils de Seewajee Bhikoo : «J’espère que les enquêteurs réussiront à découvrir la vérité»

Du côté de la famille de Seewajee Bhikoo, ils rejettent la thèse que ce dernier se serait suicidé avec l’arme à feu du policier. « Mon père n’a aucun souci financier. C’est un bon vivant et il a deux enfants merveilleux. Il gagne bien sa vie », déclare Heman, le fils, âgé de 26 ans. Il ajoute que le constable Jevin Ramah est connu de la famille : « Le policier a l’habitude de venir récupérer mon père à la maison ou c’est mon père qui va le voir chez lui, vu qu’il habite près de la boutique où ils ont l’habitude de ‘kass poz’. Si les policiers font une recherche approfondie sur ce policier, ils verront plusieurs délits qu’a commis ce dernier. Malgré qu’il soit en fonction, ivre il vient récupérer mon père ‘pou al bwar’. D’ailleurs, ce n’est pas la première fois que mon père l’accompagne sur son lieu de travail où ils consomment des boissons alcoolisées », avance le fils, les larmes aux yeux. « J’espère que les enquêteurs réussiront à découvrir la vérité », conclut-il.   


Le jour du drame, Jevin Ramah et Seewajee Bhikoo étaient ensemble

Jevin Ramah a rejoint la force policière depuis plus de 7 ans. Selon ses voisins, il est un garçon très amical, « On n’a jamais eu le moindre souci avec lui. On savait que Seewajee Bhikoo et Jevin Ramah étaient de bons amis et trinquaient souvent ensemble », expliquent les voisins de Jevin Ramah, qui habite à deux pâtés de la maison de Seewajee Bhikoo, à Belle-Terre. Selon Raja, l’un des voisins, 

« Seewajee Bhikoo était très populaire et connu de tous. Les deux amis avaient l’habitude de se voir près de la boutique qui se trouve à côté de la maison de Jevin Ramah. D’ailleurs, le jour où le drame a eu lieu, je les ai vus ensemble dans la voiture de Seewajee Bhikoo. C’était vers 16h30. Jevin Ramah s’apprêtait à aller au travail et, quant au chauffeur, Seewajee Bhikoo, il avait une bière à la main », dit-il. 

 

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