Arts, culture et divertissement : le réveil culturel de Maurice en 2026
Par
Nathalie Marion Mungur
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Nathalie Marion Mungur
L’année 2026 s’annonce comme un cru exceptionnel pour la scène mauricienne. Entre l’ambition renouvelée du groupe Le Défi Media à travers les salons thématiques d'Events Plus et l'engagement de proximité de Radio Plus, le divertissement se conjugue désormais avec utilité sociale. Alors que le ministère des Arts et de la Culture engage des réformes de fond pour structurer l'industrie, les scènes locales s'apprêtent à vibrer au rythme de concerts internationaux, de comédies inédites et d’un septième art en pleine effervescence. De l’humour d’Ahmed Sylla aux accords philharmoniques de Londres, tour d’horizon d’une année qui promet de réenchanter le quotidien des Mauriciens.
L’objectif d'Events Plus pour 2026 est d’offrir aux Mauriciens plus de choix, plus de nouveautés et surtout de leur permettre de bénéficier de prix promotionnels sur des produits pour la maison et le jardin, des billets d’avion, des voitures neuves et bien d’autres encore.
« L’année 2026 s’annonce riche et très remplie, car nous allons présenter sept salons thématiques pour satisfaire au mieux la demande des Mauriciens », dit Bruno La Charmante, directeur d’Events Plus.
Events Plus, entité spécialisée dans l’événementiel au sein du groupe Le Défi Media, promet une nouvelle série de rendez-vous grand public pour cette année. Notamment, le Salon du Prêt-à-partir, le Grand Salon de l'Automobile qui reviendra cette année, le salon Nou Lakaz : Le Grand Salon dédié à la Maison et à la Rénovation, Le Grand Salon du Déstockage et le Salon de l'Alimentation et du Bien-être, entre autres.
Le coup d’envoi sera donné les 7, 8 et 9 février avec le Grand Salon du Déstockage Maison et Jardin, qui se tiendra au SVICC, à Pailles.
Pendant trois jours, l’univers de la maison et du jardin investira le SVICC avec une multitude de produits à découvrir. Des meubles d'intérieur et d'extérieur, des accessoires de cuisine, des revêtements de sol, des outils, des linges de maison, et bien plus encore, seront proposés à prix réduits pour chaque pièce de la maison. Le jardin sera également mis à l’honneur.
Le salon ouvrira ses portes de 10 heures à 19 heures, le vendredi et samedi et de 10 heures à 18 heures le dimanche. Le tarif d'entrée est fixé à Rs 25, tandis que l'entrée est gratuite pour les enfants de moins de 12 ans. Des navettes gratuites assureront le transport depuis les gares de Rose-Hill et Victoria. Les exposants qui souhaitent participer au salon peuvent envoyer un courriel à l’adresse : [email protected] ou sur le 5799 0006.
Fidèle à son ADN, Radio Plus s’apprête à franchir une nouvelle étape pour l’année 2026. Sous l'impulsion de son directeur d’antenne, Venen Coolen, la station n°1 de l’île muscle ses initiatives de terrain pour répondre à un besoin croissant de détente et de solidarité au sein de la population.
Le sport comme rempart contre les fléaux sociaux
L'année 2026 sera également marquée par le rythme de la Coupe du Monde de la FIFA. Radio Plus compte bien transformer cet événement planétaire en une grande fête populaire à Maurice. Mais au-delà du simple divertissement, le sport est vu comme un véritable outil social.
« Le sport est essentiel pour éviter que nos jeunes ne tombent dans certains fléaux. Nous voulons rapprocher l'activité physique de chaque Mauricien », explique Venen Coolen.
Pour concrétiser cette vision, des collaborations avec les autorités concernées sont prévues afin de proposer des activités de sport et de loisirs au cœur des quartiers.
« Explik ou Cas » s'invite sur le terrain
L'émission phare de la station, « Explik ou Cas », entame sa propre révolution. En 2026, le programme sortira régulièrement des studios pour aller à la rencontre directe du public. Cette délocalisation vise à instaurer un dialogue humain et efficace. « Nous irons sur place pour écouter les citoyens et tenter de trouver des solutions concrètes à leurs problèmes, toujours en étroite collaboration avec les autorités », précise le directeur de l'antenne.
Un pacte renouvelé avec les artistes locaux
La scène artistique locale ne sera pas en reste. Après avoir été attentive aux doléances des artistes, Radio Plus s'engage à renforcer ses liens avec eux. L'année 2026 marquera le début d'une collaboration plus étroite pour offrir aux talents mauriciens un soutien renforcé.
Enfin, pour parfaire cette offre de divertissement, les auditeurs et internautes pourront découvrir une toute nouvelle gamme d’émissions de loisirs sur TéléPlus, consolidant ainsi la présence multimédia du groupe.
Pour Venen Coolen, le constat est sans appel : les Mauriciens ont soif de loisirs pour pallier un quotidien souvent stressant. « Nous avons le devoir de leur apporter davantage de moments de décompression », confie-t-il. Pour ce faire, Radio Plus déploie une stratégie culturelle ambitieuse. Fort du succès de la « Sware du Rire » en 2025, la station prévoit désormais d’organiser un spectacle chaque mois. L'objectif ultime ? Essayer de rendre ces événements accessibles gratuitement à travers l'île, un projet sur lequel les équipes travaillent déjà.
Un an après sa prise de fonction au ministère des Arts et de la Culture, Mahendra Gondeea dresse un état des lieux sans concession mais résolument tourné vers l’avenir. Entre réformes administratives, soutien aux artistes et grands projets patrimoniaux, le ministre affiche sa satisfaction et trace la feuille de route pour 2026.
« La culture n’est pas un accessoire, c’est l’âme de notre nation. » C’est par ces mots que Mahendra Gondeea, ministre des Arts et de la Culture, résume sa première année de mandat. Un exercice marqué par une volonté de « nettoyage » administratif et structurel, visant à restaurer la confiance dans un ministère qu’il jugeait, à son arrivée, marqué par des années de gouvernance défaillante.
La gouvernance au cœur des réformes
Le ministre indique qu’à sa prise de fonction il a priorisé la relance de l'écosystème culturel.
« Plus de 30 conseils d'administration d'organismes parastataux, restés inactifs ou dysfonctionnels, ont été reconstitués. En interne, les procédures ont été simplifiées et des dossiers longtemps ignorés ont enfin trouvé une issue », dit-il.
Sur le terrain, la réouverture du Théâtre Serge Constantin demeure l’acte symbolique fort de cette année. « C’est un message clair : nos artistes méritent des lieux dignes pour créer et se produire », martèle Mahendra Gondeea.
Cette exigence de dignité s'est également reflétée dans l'organisation des commémorations nationales et la réforme du processus de sélection des pèlerins pour le Hajj, désormais basé sur la transparence et l’équité.
2026 : L’année des grands chantiers
Le regard tourné vers 2026, le ministre annonce une année « encore plus productive ». La mesure phare sera sans nul doute le Culture Desk, un guichet unique réclamé par les créateurs depuis des décennies pour simplifier l'accès aux fonds et aux permis.
D'autres chantiers d'envergure sont annoncés :
Modernisation de la MASA : une restructuration complète pour l'adapter aux industries créatives modernes.
Patrimoine : le développement du musée de plein air de Trou Chenille et une protection renforcée pour Le Morne.
Accès au savoir : l’ouverture imminente au public des nouveaux bâtiments de la Bibliothèque Nationale et des Archives.
La Convention Nationale des Arts et de la Culture, qui a sillonné l’île jusqu’à Rodrigues, sert désormais de boussole au ministère. Mahendra Gondeea l'assure : les recommandations recueillies seront traduites en actions concrètes dès le court terme.
Désiré François et Cassiya se produiront en concert live le 14 février 2026 au Big Willy’s. Le spectacle, qui promet un moment de pure nostalgie et de fête, débutera à 22 heures.
La formation interprétera une pléiade de classiques incontournables qui ont marqué des générations, parmi lesquels : « Rèv Nou Ancêtres », « Ici kot Nou Ete », « Diego », « Séparation », « Le Morne », « Marlène » ou encore « Dipin Griye ».
Depuis ses débuts jusqu’à aujourd’hui, le groupe Cassiya, porté par la voix d’or et la présence scénique de Désiré François, a laissé une empreinte indélébile sur la culture mauricienne et continue de faire danser et vibrer ses fidèles fans.
Le paysage musical mauricien s'enrichit d'une nouvelle voix engagée. Ludovic Louis, alias Bilygane, s'apprête à sortir son tout premier album, intitulé « Attentat », vers la fin du mois de janvier 2026.
Le titre de l'opus, « Attentat », donne le ton : l'album se veut un assaut sur la conscience collective. L'œuvre comportera douze morceaux et explorera une riche variété de styles musicaux, allant du zouk au seggae, en passant par l’afrobeat.
Bilygane explique sa démarche : « Dans cet album, je souhaite faire passer des messages réalistes sur des thèmes forts tels que la drogue et l'amour maternel ». Il n'hésite pas non plus à se montrer critique : « J'ai également inclus des chansons à l'intention des politiciens, avec une critique ciblée des pratiques comme le ‘donne à l'occasion du 1er Mai’. »
L'album met en lumière de belles collaborations, notamment avec les talents locaux Sayaa et Ras Natty Baby. L'artiste confirme aussi une collaboration inédite en anglais avec un artiste jamaïcain. Sur les douze pistes, deux seront d'ailleurs entièrement en anglais.
Un titre promet d'être particulièrement émouvant : « Maman Impériale ». Cette chanson sera un hommage poignant à sa mère, la personne pour qui il a écrit sa toute première chanson, marquant ainsi un retour aux sources de son inspiration.
Après une longue période d'absence sur le front des nouveautés, les Bhojpuri Boys sont prêts à reconquérir la scène en 2026 avec la sortie d’un nouveau single inédit et de deux titres phares entièrement retravaillés.
« Cela fait près de neuf ans que nous n’avons pas sorti de single, mais le groupe existe toujours et nous n'avons jamais cessé de travailler en coulisses », confie Keshav Taucoory, le Manager du groupe. « Nous avons déjà bien avancé sur plusieurs projets. L'idée est de lancer un nouveau single qui marquera notre identité actuelle, tout en rendant hommage à notre histoire. »
Mais ce retour ne s'arrête pas là. Les Bhojpuri Boys ont également fouillé dans leur répertoire pour redonner vie à des compositions passées inaperçues.
« Nous avons retravaillé deux autres morceaux déjà existants mais qui n’ont pas eu la visibilité qu’ils méritaient à l'époque », précise Keshav Taucoory. « Nous les présenterons sous la forme d’un mash-up moderne, et nous sommes en train de finaliser des collaborations avec d’autres artistes locaux pour enrichir ces pistes. C'est une façon de lier notre héritage à la nouvelle vague musicale mauricienne. »
Le groupe a entamé une phase de modernisation depuis 2020, avec une nouvelle équipe prenant les rênes. Si le son évolue, l'ancrage dans l'histoire des Bhojpuri Boys est préservé grâce à la présence de Kishore Taucoory, qui reste le membre fondateur et le pilier central de la formation. L'arrivée de nouveaux talents au sein du groupe vise à injecter une énergie fraîche et contemporaine, assurant ainsi la pérennité du projet.
« L'objectif de cette nouvelle équipe est clair : moderniser le groupe sans trahir l’âme des Bhojpuri Boys », explique le Manager.
MFDC : Un potentiel de Rs 9 Md grâce aux films et séries internationales
L’année 2026 ne sera pas une simple étape pour la Mauritius Film Development Corporation (MFDC). Elle marquera quatre décennies d’existence, un quarantième anniversaire que Kevin Gutty, CEO de l’organisme, entend transformer en véritable tremplin pour l’industrie locale.
Pour marquer ce jalon historique, la MFDC prévoit une série d’événements d’envergure, dont un festival de films local accompagné d’une conférence internationale sur le cinéma. « Ce festival doit affirmer Maurice comme un hub régional incontournable pour la production et la collaboration internationale », explique Kevin Gutty, CEO de la MFDC. Au-delà des paillettes, une vidéo rétrospective rendra hommage aux réalisateurs qui ont bâti l’industrie, tout en visant à inspirer la relève.
Mais le cinéma ne restera pas confiné aux salles obscures urbaines. Le projet « Sinema dan Vilaz » ambitionne de porter le septième art dans les régions les plus reculées de l’île, mêlant productions locales et classiques mondiaux pour favoriser l'engagement communautaire et l'accessibilité culturelle.
Un impact économique colossal : Rs 9 milliards en ligne de mire
La MFDC ambitionne d’attirer, en 2026, un volume important de productions internationales de grande envergure, incluant films et séries. Si les titres des projets restent confidentiels, l’investissement total potentiel dépasse 200 millions USD, ce qui pourrait injecter environ Rs 9 milliards dans l’économie locale. Les productions prévues incluent un mélange de longs-métrages et de séries multi-épisodes, avec l’appui de studios locaux.
L’organisme accentuera également son offensive vers les marchés africains et émergents, tout en négociant des traités de coproduction avec des nations cinématographiques établies. « Nous voulons que chaque production injecte non seulement des devises, mais aussi un savoir-faire précieux pour nos techniciens locaux », précise le CEO.
Structuration et professionnalisation
L’une des initiatives les plus ambitieuses de 2026 est la mise en place d'un Système d'Enregistrement officiel. Cette base de données regroupera tous les corps de métiers, des réalisateurs aux maquilleurs, en passant par les ingénieurs du son et les traiteurs. L’objectif est clair : sécuriser le recrutement pour les producteurs internationaux, éradiquer l’usurpation d’identité et garantir des standards professionnels élevés.
Parallèlement, la MFDC s’attaque également au défi majeur de la distribution. Un accord est en cours de finalisation avec des distributeurs mondiaux pour permettre aux cinéastes locaux d'accéder à des audiences internationales et à de nouvelles sources de revenus, repoussant ainsi les limites du marché domestique.
De l’IA au Cinema Tech
La MFDC ne se contente pas de regarder le passé. Avec l'introduction de « Cinema Tech », Maurice se dotera d'un centre innovant combinant musée interactif, archives et plateforme éducative. Ce lieu se positionnera à la fois comme gardien du patrimoine audiovisuel et laboratoire de créativité.
La formation reste également une priorité absolue. Les Masterclasses Sony/MFDC se poursuivront, offrant une expertise de pointe gratuitement. Plus audacieux encore, Kevin Gutty annonce une série de formations sur l'Intelligence Artificielle générative. « Nous formons nos talents à la narration assistée par l’IA, tout en veillant à préserver une identité mauricienne distincte », souligne-t-il. Cette montée en compétences sera mise à l’épreuve lors de la Sony Short Film Competition, incitant les créateurs à produire selon des standards internationaux.
Soutenir les histoires de demain
L’année 2026 verra éclore des projets purement mauriciens bénéficiant d’un soutien direct. Parmi eux, un documentaire hommage à un chanteur emblématique de l'île et, de manière plus surprenante, l'adaptation en film d'animation de la bande dessinée d'un jeune prodige de 12 ans sur le thème de l'environnement.
La MFDC continuera également de porter les projets issus du National Resilience Fund (NRF), assurant ainsi une continuité dans la production de séries, documentaires et longs-métrages locaux de haute qualité.
Le réalisateur Sada Rajiah s'apprête à dévoiler son nouveau court-métrage, intitulé « Mamou ». La sortie de ce film de 26 minutes est prévue pour fin janvier 2026.
« Mamou » s'inspire d'une histoire vraie qui s'est déroulée le 24 décembre 1971. Le récit met en scène un père et son fils qui décident de partir pêcher. Leur objectif était de réunir l'argent nécessaire pour acheter des cadeaux de Noël pour le reste de la fratrie. Malheureusement, la sortie en mer tourne à la tragédie : leur bateau chavire. Le père disparaît en mer, tandis que le fils parvient miraculeusement à s'en sortir.
« À ce jour, j'ai tourné plus de 45 films, et je crois que ce sera l'une de mes plus belles œuvres », souligne Sada Rajiah. « C'est un film basé sur une histoire vraie, et l'enfant, devenu adulte, joue d’ailleurs dans le film. C'est une œuvre remplie d'émotions. J'espère pouvoir participer au Festival de Cannes 2026 avec ce film. »
Sada Rajiah indique que ce court-métrage promet d'être un hommage émouvant à la mémoire d'un événement tragique et une exploration des liens familiaux face à l'adversité.