Article IV Consultation : le FMI appelle Maurice à réduire sa dette et à accélérer les réformes
Par
Christina Vilbrin
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Christina Vilbrin
Face à une dette publique élevée, à des pressions inflationnistes persistantes et à des défis structurels, le Fonds monétaire international exhorte le pays, dans son rapport au titre de l’Article IV, à accélérer la mise en œuvre des réformes afin de relancer la croissance et de renforcer la résilience de l’économie.
« L’économie mauricienne demeure résiliente, mais les conditions macroéconomiques se sont affaiblies dans un environnement extérieur devenu plus défavorable. »
Tel est le constat du Fonds monétaire international dans son rapport au titre de l’Article IV, rendu public le mercredi 15 juillet. La croissance s’est établie à 3,2 % en 2025, portée essentiellement par les services, notamment le tourisme et les services financiers, alors que le secteur de la construction a connu un repli. Toutefois, les retombées négatives de la guerre, notamment le ralentissement du tourisme et la hausse des prix des matières premières, pèsent désormais sur les perspectives.
La croissance devrait ralentir à 2,8 % en 2026, avant de retrouver progressivement un rythme proche de 3,2 % à moyen terme, grâce à une reprise de l’investissement qui compensera en partie les effets du vieillissement démographique, indique le FMI.
Après un ralentissement au début de 2026 (NdlR : l’inflation s’élève à 4,1 % en juin), l’inflation repartira à la hausse sous l’effet de l’augmentation des prix de l’énergie et des matières premières. Le FMI prévoit un taux avoisinant 6,4 % à la fin de l’année, avant un retour progressif vers la cible de 2 % à 5 % fixée par la Banque de Maurice. Face à cette situation, le FMI estime que « la politique monétaire doit rester prospective et être prête à être resserrée davantage si les pressions inflationnistes ou les anticipations d’inflation venaient à s’intensifier ». Il recommande également de renforcer le cadre opérationnel et la communication de la Banque de Maurice.
Le principal sujet d’inquiétude du FMI demeure la trajectoire des finances publiques. La dette publique se chiffre à 86 % du PIB à fin juin 2025, reflétant un important assouplissement budgétaire au cours de l’exercice 2024/2025, sous l’effet d’une hausse des dépenses courantes.
« La dette publique devrait rester élevée à moyen terme si les politiques actuelles demeurent inchangées. Les risques pesant sur les perspectives restent orientés à la baisse, notamment en raison de l’incertitude accrue au niveau mondial, de la hausse des prix de l’énergie et des denrées alimentaires, ainsi que d’éventuels retards dans le réajustement de la politique macroéconomique. À l’inverse, les risques à la hausse proviennent d’une manne financière liée à l’accord sur les Chagos et d’un apaisement des tensions géopolitiques », indique le FMI.
L’institution considère que les efforts doivent être amplifiés. « La consolidation budgétaire doit être intensifiée afin d’inscrire la dette publique sur une trajectoire durablement décroissante et de reconstituer les réserves budgétaires », souligne le FMI.
L’institution recommande de maîtriser les dépenses, notamment par le biais de la réforme des pensions, tout en préservant les populations les plus vulnérables grâce à des mesures temporaires et ciblées. Le FMI encourage également une meilleure mobilisation des recettes fiscales et insiste sur le fait que « toute recette exceptionnelle devrait être utilisée en priorité pour réduire la dette publique ».
Au-delà des politiques budgétaire et monétaire, le FMI estime qu’il faut accélérer les réformes visant à renforcer la productivité, la compétitivité et la résilience, notamment face aux défis démographiques et climatiques, afin de soutenir la croissance et de limiter les déséquilibres macroéconomiques. L’institution identifie plusieurs priorités : accroître la participation au marché du travail, améliorer les compétences de la main-d’œuvre, moderniser le climat des affaires, accélérer la digitalisation de l’économie et renforcer les investissements dans des infrastructures résilientes face aux changements climatiques.
Le FMI préconise une nouvelle fois de préserver l’indépendance de la Banque de Maurice en lui apportant un soutien budgétaire. Il appelle également à l’adoption rapide des amendements à la Bank of Mauritius Act et préconise d’entamer le désengagement de la Banque centrale de la Mauritius Investment Corporation (MIC). Cela passe notamment par le retour rapide à la Banque de Maurice des fonds de la MIC qui n’ont pas encore été décaissés.